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«M'man peux-tu me passer 5 $»

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Hélas, l'argent ne pousse pas dans les arbres! Alors, comment réagir face aux demandes incessantes de nos enfants?

«Eh m'man, peux-tu me passer 5$ pour ce soir, j'aimerais aller au cinéma avec mes amis?» «Comment, tu as tout dépensé ton argent de la semaine...?» Et nous voilà repartis, mon fils et moi, dans une autre discussion au sujet de l'argent de poche et de l'argent tout court. À vrai dire, je n'ai pas trop à me plaindre car il sait maintenant les efforts qu'il doit fournir pour gagner les quelques dollars qui lui permettront de réaliser ses désirs. Mais, il n'en a pas toujours été ainsi et encore aujourd'hui nous devons entreprendre des négociations quand il m'arrive avec des idées de dépenses intéressantes, certes... mais pas toujours justifiées.

0,50$ pour les bonbons, 0,50$ pour la tirelire

Nous vivons dans une société où l'argent est indispensable; c'est pourquoi nous devons, nous les adultes, initier nos jeunes à la bonne gestion de leurs finances le plus tôt possible. Dès l'âge de 6 ou 7 ans, quand l'enfant sait compter, on pourrait lui verser une allocation. Ces pièces de monnaie, peut-être les déposera-t-il méthodiquement dans sa tirelire; peut-être lui serviront-elles à se bourrer les poches de bonbons (auquel cas il serait utile de lui enseigner une façon simple d'économiser. Par exemple, 0,50$ pour les bonbons, 0,50$ pour la tirelire).

Certains parents préfèrent, durant la période des études primaires, utiliser le principe des caisses scolaires destinées à favoriser le développement de l'esprit d'épargne chez les jeunes. Une amie de mon fils m'a raconté: «Mes parents ont adopté cette solution pour mes frères et moi afin de nous obliger à mettre de l'argent à la banque. À la fin de mon primaire, j'ai pu retirer de mon compte les 200$ que j'avais économisés et m'acheter une belle bicyclette. Depuis j'ai toujours gagné mon argent et je sais comment épargner.»

À la semaine ou au contrat?

Pour ma part j'ai choisi l'allocation hebdomadaire (au début, 2$ par semaine), augmentée chaque année de 1$ par semaine. En retour, je n'ai pas exigé de mon fils l'équivalent en travaux ménagers, partant du principe que, dans une famille, chaque membre doit faire sa part en partageant les tâches quotidiennes et routinières et ce, gratuitement. En revanche, s'il lave la voiture ou peint le garage, travaux pour lesquels je payerais sans doute les services de quelqu'un, alors là nous convenons ensemble d'un taux horaire ou d'un prix forfaitaire.

L'aîné d'une famille de six enfants m'expliquait que ses parents ayant des revenus modestes, chacun d'eux recevait de l'argent de poche à condition d'exécuter les tâches relevant de la vie normale de la maisonnée. «Si nous ne respections pas cet accord, notre allocation était coupée de moitié ou retirée. J'ai vite compris qu'un travail bien fait est mieux rémunéré!» Combien donner à votre enfant? Cela dépend de votre budget personnel. L'essentiel est d'être constant quant à la somme allouée et au jour où l'enfant la reçoit.

Quelle méthode choisir?

Celle qui vous semble la plus appropriée à l'éducation que vous lui donnez. Chaque méthode est bonne, du moment qu'elle éveille l'enfant à la valeur de l'argent: apprendre à le dépenser avec modération et à l'épargner, quand il en reçoit; travailler pour le gagner puis, faire son budget, pour comprendre ce qu'est l'autonomie financière. Une amie me confiait: «Quand ma fille me dit "je voudrais m'acheter un fudge" alors qu'elle a touché son argent de la semaine, je lui suggère de puiser dans ses économies; crois-moi, la prochaine fois elle va y penser deux fois! S'il s'agit d'un achat ou d'une activité que je juge raisonnable, je lui propose d'en payer la moitié; là encore elle va prendre le temps de réfléchir à la pertinence de sa dépense».Les sous, ça se gagne!

Puis vient le temps des petites jobs (garder les enfants des amis, tondre le gazon du voisin). Vous verrez comme votre enfant sera fier. C'est qu'en plus de cultiver son sens des responsabilités, il va connaître les demandes d'un autre employeur que son parent et vraiment réaliser que «gagner des sous» c'est exigeant et gratifiant tout à la fois. Je n'ai pas supprimé l'argent de poche parce que mon fils s'est mis à travailler à l'extérieur de la maison. Nous sommes plutôt allés lui ouvrir un compte à la banque pour qu'il effectue lui-même ses dépôts, retraits, et utilise adéquatement cette tirelire fructueuse. L'argent de poche, à condition de rester vigilant, donne une responsabilité aux jeunes dans leur rapport à l'argent, progressivement et en douceur. Le sage apprentissage qu'ils feront dès leur jeunesse, leur sera d'une grande utilité dans leur vie d'adulte.