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Le droit d’être un parent « ordinaire »

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Avec l’omniprésence des réseaux sociaux dans nos vies, il est devenu on ne peut plus facile comme parents de se comparer… parfois en se valorisant, souvent en se cotant « à la baisse ».

 

Aujourd’hui, j’ai envie de revendiquer pour tous et toutes, le droit d’être juste… ordinaire.

 

C’est super que Florence soit une ultramarathonienne tout en élevant des jumeaux.  Que Martin termine sa maitrise en mandarin en étant monoparental. Que Christian connaisse la recette infaillible du succès et que Sophie publie des romans à la chaine.

 

Si Maryse a un « beach body » et que François est le bénévole de l’année depuis 10 ans dans sa communauté, c’est aussi tant mieux pour eux.

 

Que des parents fassent le tour du monde avec leur tribu, offrent l’école à la maison, soient les porte-parole d’une association ou construisent une maison hyper design en étant méga écolo, c’est tout autant merveilleux.

 

Qu’un million d’article, de billets de blogues, de livres ou de tutoriels YouTube nous donnent des trucs pour améliorer notre vie de parents et de famille, c’est bien correct également.

 

Il ne faudrait juste pas, si on n’atteint pas les standards des autres, se sentir diminué(e)s, je pense…

 

Je voudrais donc te dire, toi le parent dont l’enfant a souvent la bouche barbouillée de chocolat sur tes photos non instagrammées ou toi, qui a un petit mou de ventre.  Ou encore toi, qui élève un enfant différent sans tout lire ce qui se publie sur ladite différence. Et toi, qui se sent mal de ne pas cuisiner des repas 5 services le mardi soir (ou même le samedi, même à Noël, etc.!) Toi qui n’a pas de vedettes à présenter à Junior, pas de talent pour aider dans les devoirs de maths. Et toi, qui ne sais pas coudre un bouton et n’as aucune envie d’apprendre non plus à crocheter des tuques à pompons géants.

 

À toi, qui ne pourras pas crier sur Facebook que ton enfant ne passe pas plus de 5 minutes par jour devant un écran, car c’est doooooont nocif et qui ne sait pas trop au juste ce que veut dire «éducation bienveillante ». Toi qui ne suis pas une routine « beauté » et qui pars à la garderie sans avoir vérifié la rectitude de ton chignon. Et aussi à toi, qui ne trouve pas le temps pour le yoga chaud, la création de couronnes de Noël (d’Halloween, de St-Valentin, de Pâques, de Noël du campeur…) ou la préparation de 191 recettes à congeler, mettre sous vide ou entreposer dans un plat « intelli-frais machin chose ».

 

À toi, qui n’organises pas de super partys d’amis à tout bout de champ, qui n’as pas l’ambition de grimper le Kilimandjaro la tête rasée et la gourde pleine de jus au kale. Qui chantes mal, détestes le camping et le glamping et ne brille pas non plus dans les 5 à 7.

 

Toi, qui te penses ordinaire, bref. Pas comme tes 413 amis Facebook, qui inscrivent leurs gamins dans les meilleures écoles, semblent les avoir préservés de tous les aléas de l’existence, ne jamais être dépassés, cassés, « à boutte »…

 

Tu as le droit d’être « juste toi ».

 

Et non, tu n’es pas le seul « parent ordinaire » de l’univers.

 

En fait, tu n’es pas ordinaire. Tu es la personne la plus importante pour un, deux, huit enfants! C’est grâce à toi que leur monde tourne pas mal rond! 

 

Si tu faisais la grève demain, il y en a quelques-uns qui seraient dans le trouble! Juste pour se lever à temps, trouver du linge et la boite à lunch, ça risquerait d’être la cata.

 

Si tu n’étais plus là non plus pour sourire et faire rire, pour rassurer et cajoler.  Pour trouver des solutions à cent pépins que tu règles souvent sans même t’en apercevoir, tellement tu es habitué(e)…

 

Je sais, tu connais des parents dont la présence remplit une pièce automatiquement.

 

Moi je te dis que ton absence créerait le vide dans plus d’une pièce et dans plus d’un coeur.

 

Ce que je veux te dire avec trop de mots, c’est que tu n’as pas à être une icône de perfection ou à l’opposée, un empereur quasi autoproclamé de l’imperfection cynique tendance du moment.

 

Sois qui tu veux, tant que tu es bien avec toi, de façon authentique.  Les enfants le seront aussi et c’est merveilleux.

 

Et si tu veux, prends une photo de ton jeune qui te sourit en rentrant de l’école. Du pâté chinois que tu as détesté faire, mais que tes marmots adorent. De la série télé que tu t’es permise en plein après-midi, du Kilimandjaro de vaisselle ou de linge que tu as fait disparaitre ou du dessin rigolo que tu as fait au Sharpie sur la banane que Junior trouvera dans son sac à collation, de ta demi-heure d’attente à la pharmacie pour les antibiotiques du petit dernier.

 

Ne mets pas de filtre à moins que tu aimes en mettre. Recadre ou ne recadre pas.  Fais-moi ensuite signe et j’irai « liker ». Toi le parent « pas si ordinaire » comme moi. Comme eux. Comme nous. 

 

En terminant, si vous vous êtes reconnus dans mes exemples, prière de ne pas vous sentir attaqués.  Quiconque vit sa passion a mon admiration! Et si vous escaladez le Kilimandjaro la tête rasée avec du jus vert, je veux une photo