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Fonction parentale secondaire : faire le taxi

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Dans la section « toutes autres tâches connexes » qui vient avec le contrat de parents, il y a ce qu’on appelle faire le taxi. Transporter notre enfant du point A au point B, au gré de ses activités.
 
La différence avec le vrai taxi, c’est que les enfants ont leurs chauffeurs privés, qu’il n’y a pas de compteur, que les clients ne paient jamais rien et que le taxi finit toujours par être plus sale en arrière qu’en avant.
 
En fait de taxi, pour être dans le vent, appelons-nous donc des U-Père et U-Mère. 
 
Assumer leur transport, c’est une activité qui débute dès que les enfants ont un semblant de vie sociale. Et plus ils grandissent, plus cette tâche prend de la place dans notre horaire.
 
Il y a le taxi pour les activités sociales. Aller chez des amis, par exemple. Nos enfants ont d’ailleurs le don de fraterniser avec les amis qui habitent géographiquement le plus loin de chez nous.
 
Vient aussi le transport pour les nombreuses fêtes d’amis, où il faut prévoir deux allers-retours. En plein samedi après-midi. Bah, nous n’avions rien à faire de mieux, voyons.
 
S’occuper du transport, c’est aussi maîtriser l’art d’arriver au bon moment pour les cueillir. À une fête, si on vient les chercher les premiers, c’est la honte. Et si on arrive les derniers, on a l’air d’abuser des pauvres parents hôtes (déjà fourbus d’avoir eu un ouragan infantile chez eux tout l’après-midi). Il a de la pression, le taxi.
 
Il y a le taxi pour les sports. Ah, quelle industrie, mes amis! Ce contrat fort exigeant vient aussi avec la gestion de l’équipement. Pas si mal quand il s’agit du karaté. Mais pas mal moins évident quand c’est du hockey (et qu’on donne un coup de pouce en véhiculant un coéquipier gardien de but de temps en temps). Notez que les sacs grandissent généralement plus vite que les enfants.
 
Si le sport est estival et extérieur (le soccer, le football, le baseball, etc.) on peut ajouter l’indice « saleté » à la charge. La boue, le gazon pris sous les crampons, le tas de sable et autres variantes agréables, dont les clients se foutent éperdument.
 
Le taxi sportif implique aussi quelques déplacements longue distance. Cela dit, la fonction vient aussi avec de bons billets privilégiés, ce qui est agréable quand on est aussi un parent-groupie.
 
Il y a le taxi scolaire, quand on accompagne à une sortie. L’occasion d’entendre hurler des enfants surexcités de sortir de la classe (et se consoler en se disant que les nôtres ne sont finalement pas si pires).
 
Il y a parfois le taxi cargo, seulement pour du matériel. La boîte à lunch oubliée à la maison, le projet scolaire trop volumineux ou le pyjama/brosse à dent, parce que fiston a finalement décidé de coucher chez son ami.
 
Et ajoutez à ça toutes les autres variantes de transport, le taxi de rendez-vous, le taxi de partys, le taxi de magasinage.
 
Y’a des jours où on a hâte qu’ils soient autonomes de transport. Et aussitôt, on se mord la langue en réalisant qu’à partir de ce moment, on n’aura plus l’âme en paix.
 
Le jour où ça arrivera, où les enfants pourront se véhiculer par eux-mêmes, je leur rappellerai avec amour les privilèges de leur Carte Fidélité Taxi à vie :
 
Appelle-moi quand tu veux, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et je ferai le taxi pour toi avec plaisir, sans poser de question, sans te juger, sans même parler si tu n’y tiens pas. Parce que je préfèrerai toujours te savoir en sécurité à mes côtés que n’importe où ailleurs.