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Maman, j'ai besoin de vacances!

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Selon l’Institut de la statistique du Québec, plus de 80 % des enfants de moins de cinq ans fréquentent un service de garde sur une base régulière. Cependant, « sur une base régulière » ne doit pas devenir de façon permanente, car les petits bouts de choux aussi ont besoin de vacances de la garderie.

Il y a quelques années, l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail de Montréal a effectué une étude sur le niveau de bruit dans les centres de la petite enfance (CPE).

Les spécialistes ont mesuré le bruit dans 40 locaux appartenant à 20 CPE. La grande majorité des recouvrements de planchers étaient des tuiles de vinyle. Le niveau de bruit moyen était de 74 décibels, soit l’équivalent du bruit dégagé par un aspirateur.

On sait de plus que 89 % des enfants qui se font garder passent entre sept et dix heures par jour à la garderie. Si le bruit est le principal facteur de stress, de fatigue et d’irritabilité pour les éducatrices, on peut facilement penser que c’est la même chose pour les enfants.

Ça, c’est pour le bruit. Imaginez une journée entière en plus à respecter des règles, à faire des compromis, à partager des jouets, à gérer les conflits, etc. Il y a de quoi donner le vertige!

Un marathon qui épuise

À la maison, on recommence. On pousse les enfants à se lever tôt et à manger en vitesse pour partir travailler. Le soir et les fins de semaine, c’est le soccer, les cours de piscine, le hockey et les autres.

« Il y a toujours quelqu’un pour leur dire quoi faire et pour penser à leur place. Les enfants ont du mal à être seuls avec eux-mêmes et à reconnaître leurs besoins. Dans beaucoup de familles, je constate qu’il y a des enfants avec des problèmes urinaires, des problèmes de sommeil et des problèmes alimentaires. Ces enfants-là n’ont jamais appris à être conscients de leurs besoins physiologiques », explique « super » Nancy qui est l’auteure du best-seller Parent gros bon sens.

Nancy Doyon, qui est éducatrice spécialisée et qui fait du coaching familial, est aux premières loges pour constater la détresse psychologique des enfants.

« À la garderie, c’est souvent l’éducatrice qui décide quand les enfants vont aux toilettes. Les collations sont servies à la même heure par un adulte qui détermine les quantités, de sorte que les enfants ne reconnaissent plus les signaux de satiété. »

Des maux d’adulte

Il en résulte des enfants stressés, anxieux et fatigués qui sont surstimulés.

« De nos jours, il n’y a plus beaucoup de jeunes qui passent du temps à observer la forme des nuages. Les enfants sont tout le temps en action. Même en auto, on leur met un DVD pour les occuper. Ils n’ont plus de temps pour décanter », déplore Mme Doyon.

Lorsqu’un enfant pleurniche sans cesse, c’est peut-être parce qu’il a besoin de repos.

Golf, esthéticienne et 5 à 7

Si les vacances sont bénéfiques pour les parents, elles le sont aussi pour les enfants. Malheureusement, ce ne sont pas tous les enfants qui ont cette chance. Certains parents, qui sont en vacances, continuent d’aller reconduire leur enfant à la garderie pour vaquer tranquillement à leurs occupations.

« Il y a une proportion de parents qui laisse leur enfant tout l’été à la garderie. Ils le font par égoïsme pour avoir du temps à eux. Ça existe. Ça ne leur tente pas d’avoir leur enfant dans les pattes », ajoute Mme Doyon, qui croit cependant qu’il s’agit d’une minorité.

Parmi la génération des enfants-rois, plusieurs sont devenus des parents-rois. « Ils s’attendent à ce que leur enfant s’adapte à eux. Ils n’ont pas appris à être conscients des besoins des autres. »

Chaque cas est unique et il ne faut pas généraliser, mais pendant que des parents se la coulent douce, il y a des enfants qui attendent à la garderie.

50 heures maximum

Le maximum d’heures passées à la garderie ne devrait pas excéder 50 heures par semaine. « Au-delà de 50 heures, c’est exigeant pour les enfants », souligne Marie Auger, directrice générale du CPE La Frimousse, à Québec.

Pour connaître les besoins de fréquentation des enfants durant la période estivale, les CPE font habituellement parvenir vers la fin du mois d’avril un sondage aux parents.

Sur les 48 places disponibles au CPE La Frimousse, il y a toujours 4 ou 5 parents qui mentionnent leur intention de ne pas prendre de vacances estivales.

« Le phénomène n’est pas majeur, mais on se permet de sensibiliser. Quand un parent me mentionne qu’il ne prend aucune vacance, je prends le temps de l’appeler. Le CPE est un endroit qui est bien, mais il reste que les enfants ont besoin de vacances. La plupart des parents se montrent réceptifs », explique Mme Auger.

Fatigue

Même si les CPE allègent leur programmation pour l’été, il n’en demeure pas moins que le rythme de vie est fort différent avec papa et maman, reconnaît la directrice.

« Quand la période des vacances approche, on sent la fatigue, surtout lorsqu’il y a des grands qui restent à la maison. Les petits ne comprennent pas pourquoi les parents les laissent à la garderie. L’enfant pleure. On les aide en fabriquant des petits calendriers pour compter les jours qui restent avant leurs vacances », poursuit Mme Auger.

Le CPE La Frimousse, affilié au Cégep F-X Garneau, compte parmi sa clientèle des parents-étudiants qui n’ont pas le choix de travailler durant l’été.

« C’est du cas par cas. Il y a des situations qui sont parfois exceptionnelles. »

Pour toutes sortes de raisons, ce ne sont pas tous les parents qui ont des vacances durant l’été.