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Quand bonne nuit rime avec garderie

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Chercher une garderie est déjà une aventure pour les parents qui travaillent de 9h à 17h. Imaginez le casse-tête quand les deux parents travaillent de soir ou de nuit! Les garderies aux horaires atypiques peuvent être la solution.

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, au Québec, 54% des enfants d'âge préscolaire fréquentent une garderie. De ce nombre, on compte non seulement les enfants qui sont inscrits dans une garderie de jour, mais aussi les bambins qui fréquentent des garderies aux horaires atypiques, c'est-à-dire en dehors des heures normales. Dans cette même catégorie, on peut inclure les services de garde de soir, de nuit et de fin de semaine.

Comme les horaires des enfants sont fonction de ceux des parents, il faut songer à tous les travailleurs qui ont des bambins d'âge préscolaire et qui doivent composer avec des heures de travail non traditionnelles.

On pense, entre autres, aux personnes qui occupent des emplois dans les hôpitaux, les usines, les bars, les restaurants, les hôtels, sans compter les policiers, les pompiers, les ambulanciers, ceux qui travaillent dans le domaine de l'aviation et les employés des postes. Pour répondre aux besoins de ces parents, plusieurs garderies aux horaires non usuels ont vu le jour au Québec aux cours des dernières années.

Types de garderies et tarifs

Trois types de garderies peuvent répondre aux besoins des parents: les CPE (Centres de la petite enfance), subventionnés par le ministère de la Famille et des Aînés (MFA; les garderies en milieu familial, et les services de garde privés. Dans ces trois types de services, on peut trouver des garderies ouvertes 24 heures sur 24, des garderies de soir, de nuit et même de fin de semaine.Rappelons que le programme à 7$ par jour (l'ancien 5$ par jour!), instauré par le MFA, s'applique aux CPE en installation et aux garderies en milieu familial (supervisées par un CPE) qui offrent des services de jour comme de nuit.

Quand les garderies ne sont pas régies par le MFA, elles ont la liberté de fixer leur propre tarif. En général, ils se situent entre 20$ et 25$ par jour ou nuit. Les parents dont les horaires varient beaucoup y trouvent en général une place dans un laps de temps relativement court. Rares sont les listes d'attente interminables.

La plupart offrent des solutions de dépannage aussi les fins de semaine. Ce qu'il faut savoir dans le cas d'une garderie privée, c'est que le ratio du nombre d'enfants doit être respecté: 1 éducatrice pour 6 enfants (incluant 2 poupons âgés de moins de 18 mois), et 2 éducatrices pour 9 enfants (incluant 4 bébés âgés aussi de moins de 18 mois).

Lorsqu'il s'agit d'un CPE ou d'une garderie en milieu familial régie par un bureau coordonnateur, on peut y accueillir jusqu'à 80 enfants.

Peu de problème pour les enfants

Selon Sylvie Guay, directrice du CPE Le petit train à Lévis, fondé en 1997, qui offre des services jusqu'à 1 h 45 du matin durant la semaine et les fins de semaine de jour, les enfants s'habituent à leur routine comme ceux de jour.«Les activités et les habitudes pour eux sont les mêmes que pour les autres, précise Mme Guay. Il y a l'arrivée à la garderie, la collation, les jeux dehors ou les ateliers, le souper, le brossage des dents, une histoire, et c'est le dodo. La seule différence, c'est qu'au lieu de les réveiller après la sieste, les parents les réveillent dans la nuit.»

Selon Anne-Marie Ouellet, éducatrice de soir dans un CPE depuis cinq ans, le rituel des dodos se passe très bien. «Je n'ai jamais vu d'enfant refuser de mettre son pyjama et d'aller se coucher.» En fait, s'endormir avec des petits amis est plutôt amusant et réconfortant.

Les parents qui ont un horaire de 16 h à minuit viennent chercher leur enfant avant 1 h du matin. «La plupart des enfants, surtout les petits, ne se rendent même pas compte qu'on les réveille pour qu'ils aillent poursuivre leur dodo à la maison, affirme l'éducatrice. En fait, avant l'âge de cinq ans, il n'y a aucun problème à réveiller un tout-petit en pleine nuit. Comme il se rendort facilement, ça ne nuit pas à la qualité de son sommeil.»

Quand les bouts de chou passent la nuit complète à la garderie, une éducatrice fait une tournée toutes les demi-heures pour vérifier si tout se passe bien. Les bébés dorment dans une pouponnière et ceux de 18 mois et plus sont couchés dans une autre pièce. Avant le dodo, on les berce comme s'ils étaient à la maison, histoire de chasser toute anxiété. Le lendemain matin, c'est l'heure de la toilette et du déjeuner.

Contrairement à ce qui est véhiculé, plusieurs familles adorent le rythme des horaires atypiques. Karine Milette, infirmière en salle d'accouchement, dont le conjoint travaille dans une usine d'assemblage d'autobus, a trouvé dans la formule de soir une manière très enrichissante d'avoir une vie de famille.

«Mon conjoint et moi passons toute la journée avec notre fille et notre garçon, ce qui permet une qualité de vie très satisfaisante. J'ai assisté à toutes les grandes étapes de leur développement comme si j'étais une maman à la maison. Là où c'est plus difficile pour nous, les parents, c'est sur le plan physique. En effet quand les enfants se réveillent trop tôt, nous nous relayons afin que l'un de nous deux puisse dormir un peu plus tard.»

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