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Retour au boulot

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En matière de conciliation travail-famille, chaque couple trouve ses solutions en fonction de ses valeurs, de sa condition financière et du milieu de travail des conjoints. Réceptionniste chez un opticien, Émilie Guibbaud a choisi de travailler trois jours par semaine; Claudie Arsenault a démarré sa propre entreprise de coaching qu’elle mène à partir de la maison, à raison de 25 heures par semaine; cadre dans une entreprise de communications, Christine est retournée au boulot à temps plein, mais son conjoint a pu obtenir de son employeur de travailler à partir de la maison deux jours par semaine.

Planifier

Le retour au travail ne doit pas être improvisé. Christine suggère à toute femme d’avoir une bonne discussion à ce sujet avec son patron, et ce, quelques semaines avant le début du congé de maternité, au cas où celui-ci devrait être devancé. C’est alors qu’on négocie les conditions dans lesquelles pourrait s’effectuer le retour, comme le temps partiel, la rentrée progressive, l’horaire flexible, le travail à domicile.

Devant une fin de non-recevoir relativement à quelque accommodement que ce soit, certaines femmes décident de réorienter leur carrière.
«Le congé de maternité est souvent l’occasion de faire un bilan professionnel», affirme Claudie Arsenault, coach en conciliation travail-famille, qui propose d’encadrer cette réflexion pour éviter qu’elle occupe continuellement l’esprit et devienne angoissante. On peut lui accorder un moment précis dans son horaire hebdomadaire, par exemple le mercredi, pendant la sieste de bébé.

À noter que le conjoint doit être impliqué dans la recherche de solutions pour concilier travail et famille. Celles-ci peuvent avoir des implications financières que la femme ne doit pas assumer seule.

Maintenir le contact

Pour la femme en congé de maternité, se tenir au courant de ce qui se passe dans son milieu de travail est une excellente idée si elle ne veut pas se sentir désorientée à son retour. On reste donc en contact avec son patron et ses collègues, par exemple en allant leur présenter bébé au travail, en participant à un 5 à 7, en donnant un coup de téléphone occasionnel à son supérieur.

Christine conseille aussi de profiter de son temps libre pour se ressourcer sur le plan professionnel. Il peut s’agir d’aller à une conférence, de relire des documents, de suivre un cours, etc. «Ça donne toujours une plus-value quand on revient au boulot, déclare- t-elle. On ne donnera pas l’impression d’être dépassée.»

Choisir le moment du retour

L’idéal est de vivre un changement à la fois, considère Annick Boudrias, psychologue industrielle organisationnelle chez Solutions humaines. L’enfant devrait commencer à fréquenter la garderie ou l’école avant le retour au boulot de la mère. «L’adaptation se fera en douce et, si ça ne fonctionne pas comme on voudrait, on aura le temps de rajuster le tir», explique-t-elle.

Avoir des attentes réalistes

Pour Claudie Arsenault, la femme qui retourne au boulot après son congé parental est semblable à l’athlète qui reprend la compétition après avoir été arrêté un certain temps. «L’athlète recommence son entraînement progressivement pour ne pas se blesser, et son entourage s’attend à ce qu’il en soit ainsi», dit-elle. De la même façon, la femme doit s’accorder une période d’adaptation et avoir des attentes réalistes. Impossible pour elle d’être, dès les premiers jours, aussi efficace que lorsqu’elle est partie en congé.

Combattre la culpabilité

«Les mères ont toujours l’impression de ne pas être là où elles le devraient», mentionne Mélissa Lemieux, coach professionnelle. Elles se sentent coupables lorsqu’elles laissent leur enfant à la garderie le matin; coupables aussi envers leur employeur si elles doivent manquer la réunion de fin de journée pour aller chercher fiston. Pour combattre ce sentiment de culpabilité, Mme Lemieux conseille aux mamans de se rappeler les raisons qui ont motivé leur choix en faveur de leur travail et d’en dresser une liste qu’elles reliront dans les moments de doute. «Si on a décidé de travailler à temps plein pour pouvoir plus tard payer des études à son enfant, ce n’est pas rien, dit-elle. Avoir ça en mémoire quand bébé pleure à la garderie le matin, ça aide à remettre les choses en perspective.»

S’appuyer sur sa communauté

La psychologue Annick Boudrias croit essentiel, pour la nouvelle maman, de mettre en place un système de soutien. «On ne peut pas toujours s’absenter du travail, le conjoint non plus. Il faut établir un plan B au cas où l’on aurait besoin d’une tierce personne, par exemple quand l'enfant est malade.» Et il faut oser demander.

Par ailleurs, il y a des ressources pour les familles dans chaque quartier ou municipalité. Il faut se renseigner pour être en mesure de s’en servir. Par exemple, il existe des services de gardiennage qui fonctionnent par échange de coupons.

Le réseau de soutien peut comprendre aussi la communauté des mamans sur le Web. Les blogues rédigés par des parents sont nombreux et tous les sujets y sont abordés. Il n’y a aucune raison de rester isolée. On communique avec les autres mères, on expose son problème, on discute, on trouve des solutions...

Apprendre à dire non

Il est impossible de répondre à toutes les attentes au travail comme à la maison. On doit donc apprendre à mettre des limites. «L’art de dire «un beau non» est quelque chose à développer. Il y a une façon de s’y prendre pour ne pas choquer», affirme Mélissa Lemieux. En fait, le truc est de proposer une solution qui nous satisfait davantage. Par exemple, au patron qui nous demande de faire des heures supplémentaires, on peut répondre: «Je ne peux pas ce soir, mais est-ce qu’il serait possible de se rencontrer à l’heure du lunch demain pour régler le dossier en question?» ou encore «Je connais quelqu’un qui prendrait une partie de ce travail à la pige. Ainsi on serait assurés de respecter nos délais. Qu’en dites-vous?»

Se soigner et soigner son couple

Pour ne pas déraper, il faut se garder du temps pour soi et l'insérer dans sa grille horaire. Certaines femmes vont faire du sport; d’autres, s'installent un petit «spa maison»; d’autres encore, s’évadent le temps d’un souper entre filles. Il s’agit de trouver ce qui nous fait du bien.