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Une collection... ou un ramassis de traîneries?

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Je dois me rendre à l’évidence : Je n’ai peut-être pas l’œil assez artistique pour départager une « collection grandissante » et une « accumulation de traîneries inutiles ». La ligne est mince entre l’organisation aléatoire et le bordel structuré. Et selon ma fille de 7 ans, je n’y comprends rien.
 
Voyez-vous, depuis qu’elle a saisi le sens de l’expression « collectionner quelque chose », elle l’exploite outrageusement. Ou à tout le moins, elle essaie.
 
Chaque nouvelle bébelle qui croise son regard devient aussitôt une nouvelle idée de collection. On trouvait déjà que sa chambre était encombrée, mais en faisant le compte de ses passions récentes, ce n’est pas surprenant.
 
Au cours des dernières années, il y a eu l’épisode Monster High. Les poupées monstrueuses (pas données, en passant) devenaient alors sa nouvelle raison de se lever le matin. Elle épiait les catalogues, zieutait des vidéos, recensait ses futures acquisitions en ordre de priorité, tout ça en calculant le nombre de jours qui la séparait de sa fête et/ou de Noël.
 
Comme ça semblait toujours trop loin, elle insistait auprès de nous en nous suppliant d’agrandir sa collection. Elle a collectionné les refus. Hé Hé.
 
Mais au fil du temps et des anniversaires, elle s’est retrouvée avec une belle cohorte de Monster High. Une collection à en faire pâlir DracuLaura, si elle n’était pas déjà blanche comme un drap contour.
 
Ce bonheur matériel atteint (celui de posséder assez de poupées pour arrêter de rêver), les Monster High sont subitement devenues moins attrayantes. Tiens tiens. Une variante de système de l’offre et de la demande, j’imagine.
 
Quelque temps plus tard, les cartes Pokémon sont devenues la saveur du mois dans la cour d’école. Mais après la fermeture de la Bourse Pokémon (lire : l’interdiction des échanges à l’école), les cartes ont perdu leur charme. Tant pis pour sa « collection ».
 
Puis une amie lui a parlé des Shopkins. Ensuite sont arrivés les Trash Paks. Ou est-ce l’inverse? Ou était-ce les Pet Shops, les toutous, les livres? Ah, j’allais presque oublier une subite passion pour les Kinder Surprise! (Comment, ça existe encore???)
 
À l’écouter, chaque semaine apporte une nouvelle raison de vouloir accumuler quelque chose de nouveau. Des trucs parfaitement inutiles, évidemment.
 
-          Oui mais papa, je les collectionne!
 
Pouhahaha! Il ne s’agit pas d’avoir deux exemplaires de quelque chose pour devenir un collectionneur. Sinon, je suis officiellement un collectionneur d’enfants. Ou d’autos. Ou d’oreilles, genre.
 
Mais bon, il semble que ce soit dans sa personnalité. (Pardon? Qui a lancé « Typiquement féminin »? Ne comptez pas sur moi pour faire un lien boiteux avec les grandes filles qui collectionnent les souliers neufs et les sacoches, avant de s’en désintéresser quelques semaines plus tard… Voyons, ce serait complètement loufoque!)
 
N’empêche que la différence avec son grand frère est frappante. Elle voudrait posséder tous les objets du monde, alors que lui s’amuse avec presque rien. Un ballon, une PlayStation, et le reste se passe dans sa tête et ses mondes imaginaires.
 
En parallèle, elle accumule un tas de trucs inutiles, tandis que lui il perd un tas de trucs utiles, comme des tuques et des devoirs. Équilibre familial, j’imagine.
 
Je vous laisse, comme je viens encore de mettre le pied sur une pièce de collection, je vais aller épurer un peu le reste du Musée…