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Allez les pères, on vous fait confiance

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Nous souhaitons toutes que notre homme s’implique auprès de notre enfant dès les premiers jours de sa vie, n’est-ce pas ?

La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus d’hommes le font tout naturellement. La moins bonne, c’est que d’autres en ont secrètement envie, mais ne le font pas ou se découragent rapidement. Pourquoi ? À cause de nous, les femmes.

C’est notre faute, encore ! Parce que nous ne les encourageons pas, parce que nous ne leur montrons pas suffisamment à quel point nous avons confiance en eux, parce que nous refusons de céder du terrain aussi en leur montrant comment faire. C’est aussi la faute de la mère du papa qui refuse de croire que son fils soit capa­ble de s’occuper d’un enfant aussi bien qu’elle. La faute des professionnelles du milieu de la santé aussi, ne l’oublions pas, qui bien souvent oublient la présence du papa lorsque vient le temps de prodiguer des conseils sur les soins à donner au bébé. On s’adresse aux femmes, généralement, oubliant que le père aimerait peut-être savoir lui aussi.

Les pères s’expriment

Tous ces constats nous viennent d’une consultation menée en 2011 auprès de 60 pères de milieux socioéconomiques différents, en provenance de six régions du Québec. La consultation a été dirigée par Francine de Montigny, infirmière et directrice fondatrice du Centre d’études et de recherche en intervention familiale (CERIF) de l’Outaouais.

« La conjointe peut faciliter énormément la tâche du père en lui faisant remarquer, par exemple, à quel point son enfant réagit bien lorsqu’il entend sa voix ou encore en lui disant que le bébé le cherche lorsqu’il n’est pas là », explique Francine de Montigny.

À l’inverse, ceux qui se sentent constamment surveillés ou contrôlés reçoivent le message qu’on ne leur fait pas confiance. Ils se sentent rapidement incompétents. Cette histoire d’un papa qui avait réussi à faire boire son bébé en période de sevrage est particulièrement éloquente. « Le bébé refusait de boire au biberon. Le papa a eu l’idée de mettre sur lui un chandail imprégné de l’odeur de sa mère. Le bébé s’est mis à téter aussitôt. Lorsque la mère est revenue, elle a arraché le bébé des bras du père et s’est mise à l’allaiter sans tenir compte du succès du père », raconte Mme de Montigny.

Difficile de laisser sa place

Difficile de laisser sa place quand on est mère ! Nous voulons désespérément de l’aide, mais l’instinct nous pousse parfois à vouloir prendre toute la place auprès de notre nourrisson, même si nous sommes complètement épuisées. Il y a pourtant beaucoup à gagner, semble-t-il, à laisser plus de place au père dans le soin des nouveau-nés.

Mme de Montigny rappelle que plusieurs études montrent que les pères qui s’engagent très tôt auprès de leurs enfants le seront encore, généralement, après une séparation. Un père qui s’engage tôt stimulerait aussi le développement d’un langage plus spécialisé. Il a aussi été démontré que les enfants qui bénéficient de la présence de leur père en bas âge réussissent mieux à l’école.

D’autres études ont aussi montré que les hommes qui sont satisfaits en tant que pères sont aussi plus heureux au travail.

Tiens donc… il faudra en parler aux employeurs qui continuent de voir d’un mauvais œil les employés mâles qui s’absentent du travail pour s’occuper d’un enfant malade.

LES TÂCHES QUE LES NOUVEAUX PAPAS AIMENT (OU PEUVENT) ACCOMPLIR
  • Bercer le bébé
  • Le porter dans un porte-bébé
  • Changer les couches
  • Donner le bain
  • Chanter
  • Le masser
  • Donner le biberon
  • Activités de stimulation
  • Aller promener le bébé en poussette
  • Faire faire le rot