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Ça n’a pas fait les manchettes en 2012

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Quand une année se termine, les rétrospectives pleuvent de partout. Dans le monde de la parentalité, il serait possible d’en faire tout autant. Il y a eu des drames (trop!) et quelques victoires dont on a parlé dans les médias.

Mais en général, ce dont je me souviens de vous, d’eux, des parents d’un peu partout, ne fera jamais les manchettes.

Ça ne veut pas dire que ce n’était pas important, au contraire!

En 2012, je vous ai vu vous questionner. Sur vos capacités parentales, sur les défis de votre enfant « différent », sur l’alimentation, les dodos, les manières d’enseigner dans nos institutions scolaires, etc.

Je vous ai vus être fiers. Des premiers pas de Junior, des compétitions sportives remportées, du courage de votre grand qui osait se présenter sur une scène, de la complicité entre vos enfants, etc.

Je vous ai vu pleurer. Certains d’entre vous ont dû faire des deuils. Vous m’avez fait pleurer quand vous nous avez annoncé le décès de votre ange. Vous m’avez émue et inspirée quand je vous ai vu digérer des diagnostics infantiles qui allaient bouleverser votre quotidien.

Je vous ai vus solidaires. Que ce soit en partageant vos trucs et vos encouragements à d’autres parents ou en participant monétairement ou en temps à des causes.

Je vous ai vus enflammés. J’avoue, parfois je me suis dit que les flammèches s’attisaient pour « pas grand-chose », mais en même temps, j’ai admiré votre passion, vos réflexions, votre énergie à exprimer adéquatement vos points de vue.

Je vous ai vus découragés. Devant les drames qui eux, font la manchette. Ou devant vos propres fins du monde. Pertes d’emplois, maladies, estime personnelle écorchée.

Je vous ai vus vous relever. Défoncer des portes pour obtenir services et justice. Vous accrochant un sourire quand ça n’allait pas du tout et avancer, toujours avancer.

Je vous ai vus rigoler. Et nous faire rigoler. Jeux de mots, anecdotes délirantes, ironie savoureuse…

Je vous ai vus nous engueuler et nous féliciter. Rien ne vous échappe. Les parents d’aujourd’hui sont allumés, expressifs, totalement 2.0. Nos réseaux sociaux et notre site regorgent de vos commentaires, suggestions, félicitations et reproches. C’est vous, qui le faites vivre. C’est vous, qui dictez plus que vous ne le pensez ce qu’on se doit de vous présenter comme contenu.

Je vous ai vus vous rendre compte que vous n’êtes pas seuls. Particulièrement dans les billets des blogueurs dont je fais partie. Combien de fois ai-je lu votre étonnement et votre soulagement quand vous vous reconnaissiez dans un témoignage?

Je vous ai vus au plus haut comme au plus bas. Les jours de gastro collective, de tensions et de réussites.

Je vous ai vus célébrer. Via les photos d’anniversaires, de naissance, de voyages que vous nous partagez à longueur d’année.

Et bien plus encore.

Une page Facebook, un compte Twitter ou un site Web, on peut dire que c’est impersonnel. Pourtant, de mon côté de l’écran, je n’ai aucune peine à sentir vos joies et vos peines. Vos peurs et votre confiance. Je me demande si Audrey, qui m’écrivait en privé récemment, a passé un beau réveillon avec ses puces, finalement.  J’ai envie de savoir si Christine aime son nouveau boulot, après 5 ans d’absence sur le marché du travail. Si les jumelles de Jocelyn se portent bien et si le garçon de Josée est sorti de l’hôpital.

Quand votre enfant est choisi pour participer à notre magazine ou à une de nos émissions, je partage votre fierté et votre joie. Quand il est déçu de ne pas avoir été sélectionné, j’espère de tout cœur qu’il se consolera vite et se rendra compte du courage dont il a fait preuve pour se présenter aux auditions.

Ma rétrospective 2012, c’est surtout ça. Une tonne de scènes de vos vies quotidiennes, qui s’entremêlent de temps en temps devant moi pour former un scénario que plusieurs ne trouveront pas original, mais qui n’est pourtant pas banal du tout.

La vie de parents. Votre vie, la mienne, la leur, la nôtre… Peuplée de rires enfantins, de grandes colères, de chagrins et de découragement, de débrouillardise et de défis relevés. De routine, dont on se lasse ou dont on s’ennuie. De tout ce qui fait qu’on participe au présent, à l’avenir de nos trésors.

Les pansements magiques que vous apposez sur des genoux écorchés, les lunchs concoctés parfois en tombant de sommeil, les bricolages laissant plein de colle sur la table, les pénalités de retard au CPE ne feront pas la manchette, on ne les verra pas au Bye Bye… Et vous m’en voyez soulagée!

Car on a beau tourner les « spots » vers les assassins et les mafieux, et nous porter à croire que le monde est pourri… Il ne faut pas oublier que la majorité, ce ne sont pas les méchants. La majorité, c’est vous, qui faites chaque jour de votre mieux pour améliorer le monde à travers vos enfants.

 

Si vous n’avez pas fait partie de l’actualité cette année, c’est fort probablement parce que rien de trop, trop grave ne vous est arrivé. Je ne dis pas que rien de grave ne vous est arrivé. Mais si on n’a pas vu vos enfants à la une, c’est probablement parce qu’aucun monstre n’est venu les attaquer et vous les enlever. Si vous n’avez pas été interrogé à la Commission Charbonneau, c’est que vos enfants n’auront pas à se défendre dans la cour d’école sur le fait que leur parent est un arnaqueur.

Vous voyez ce que je veux dire?

Alors je vous remercie pour cette autre année passée en votre compagnie. Je m’en souhaite une autre et je vous souhaite pour 2013, de ne pas faire la manchette! En même temps, j’espère que vous prendrez de plus en plus la parole un peu partout.

Gardez en banque tout le beau de 2012. Flushez le reste et que 2013 vous comble de tous bords tous côtés!

Et souvenez-vous: en 2012, vous avez été de bons, d'excellents parents! Et vous le serez tout autant pendant la prochaine année!