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Ce bon vieux Monde tout croche

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Rêvons une seconde de se retrouver devant un tableau blanc. Le lendemain de la fin du monde, quelques survivants de la race humaine se réunissent et tentent d’établir les bases d’un nouveau monde.

La tâche est colossale. Des cultures différentes, des technologies dangereuses, une planète inégale, des territoires arides, d’autres verdoyants. Et surtout, le souvenir du passé, avec ses bons et ses mauvais coups.

Vous êtes de ceux qui devront décider ce que sera cette nouvelle Terre. Et comment elle va fonctionner. Un beau contrat, les amis. Et sans appels d’offres…

Alors on commence par où? Quelle sera la loi 1?

Classons-nous les humains par race? Une race par territoire, comme c’était avant? Ou la liberté totale? Ou alors on organise tout ça pour que ce soit parfait? Après une longue analyse, chaque humain est placé stratégiquement selon ses compétences et ses talents. Chaque micro société est donc remplie de gens différents aux talents complémentaires. L’efficacité maximale, la symbiose parfaite… mais aucune liberté?

Et les armes, qu’en faites-vous? Les religions?
Priorité à la défense de l’environnement?
Quelles peines pour les criminels?
Le végétarisme pour tous?...

Et faudra bien se pencher sur le partage des richesses. Si une ligue de hockey n’arrive pas à s’entendre là-dessus, imaginez pour une planète! Est-ce qu’on doit prôner l’égalité pour tous, dans un monde bien droit où les libertés individuelles sont supprimées pour le bienfait de l’égalité? Ou alors laisser les choses aller et corriger les inégalités avec des paniers de Noël?

Je n’aimerais pas être celui qui va prendre ces décisions.

***

On a de la chance, notre vieux Monde tout croche est encore là. Il est loin d’être parfait. Mais je ne voudrais pas d’un monde parfait. Je rêve seulement d’un monde où l’amélioration est possible et encouragée. D’un monde plein de possibilités.

Cette fausse fin du monde serait un bon moment pour redevenir une société jeune et curieuse. Par jeune, j’entends la jeunesse des idées.

Nous avons de l’imagination, nous avons une ouverture d’esprit, et nous avons de la technologie. Si ces trois choses pouvaient servir à améliorer les choses plutôt qu’à les détruire, ce serait déjà un immense pas en avant.

Oui, je crois naïvement que l’être humain est fondamentalement bon et généreux. Mais on ne lui donne pas assez l’occasion de le démontrer. Pourtant, chaque semaine, nous sommes touchés par des histoires des gens ordinaires qui aident des inconnus. Des humains qui font avancer l’humanité.

Si ça nous touche autant, si ça nous fait pleurer, c’est parce qu’on sait qu’on pourrait faire exactement la même chose. Et ça nous rassure.

Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une fin du monde pour en commencer un nouveau?

Allez, joyeuse humanité.