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Ce qu'il faut pour être un bon parent

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Parfois je suis étonnée de constater que, malgré presque 15 ans comme parent, je me sens parfois comme une novice.
 
Prenez la semaine de relâche : j’y avais hâte. J’avais pris quelques jours de congé au bureau et j’avais hâte de passer du temps avec les enfants. De perdre mon temps avec les enfants. Je n’avais pas d’attentes irréalistes. Je n’avais même pas prévu d’activités grandioses. On va prendre ça cool, que je me disais. Jouer dehors, écouter des films, cuisiner.
 
J’ai fait tout ça. Tout s’est bien passé. Il n’y avait aucun incident fâcheux à signaler. J’étais aussi contente de moi : j’avais été patiente, amusante, énergique, enthousiaste. Tout ce qu’il faut être en vacances. Les enfants semblaient heureux. Pourtant moi, le dimanche soir, juste avant de retourner travailler, je me suis rendu compte que j’étais très fatiguée, déprimée même, et que je n’avais qu’une seule envie : retourner au bureau.
 
Le cœur rempli de culpabilité, j’ai appelé mon père. Mon père a lui aussi pendant plusieurs années élevé seul quatre enfants. « Je les aime, lui ai-je dit, mais je suis tellement contente d’aller travailler ! C’est terrible… » « Oh ! ma fille ! m’a-t-il répondu. Si tu savais combien de fois mon travail m’a sauvé ! Être entouré d’adultes, ça fait du bien. » J’ai immédiatement été soulagée.
 
Plus tard, j’ai parlé avec d’autres parents célibataires de ce que j’avais ressenti et tous ont fait écho à mes sentiments. Mon Dieu ! J’étais parfaitement normale ! Je me sentais beaucoup mieux.
 
En repensant à mes vacances, j’ai vu les choses plus objectivement. Je me suis rendu compte que pendant des jours, j’avais entendu mes enfants se disputer sans arrêt pour tout et rien. Rien d’anormal, mais c’était irritant tout de même. Bien plus, j’avais souvent dû user de persuasion pour les inciter à fermer la télé et à sortir pour aller glisser, ou se baigner, ou jouer dehors, ou faire toute autre activité.
 
Jouer à la cheerleader pendant des jours, ça finit par fatiguer !
 
S’ajoutait à cela le fait que j’avais été la seule adulte présente et que je n’avais donc pas pu déléguer les responsabilités, ne serait-ce que pour prendre un peu de recul. Avec tout ça, j’avais les nerfs complètement à vif. Il était donc parfaitement normal que j’aie hâte de briser l’isolement pour retrouver la compagnie d’autres adultes.
 
Cet événement m’a fait réaliser à quel point il reste important pour moi d’avoir des alliés pour vivre mon quotidien : de la famille, des amis, des collègues. Ils sont ma tribu.
 
On dit souvent qu’il faut un village pour élever un enfant. Quand on entend cette phrase, on imagine d’emblée un troupeau d’adultes qui intervient auprès d’un enfant. Mais je crois qu’il faudrait voir les choses autrement : le village, c’est un village d’adultes qui s’écoutent, s’épaulent et s’entraident. Au fond, on devrait dire que ça nous prend un village pour être un bon parent.