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Heureusement que le hockey existe

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La journée avait été difficile entre lui et moi. C’est souvent le cas. Il y a des relations parent-enfant qui sont comme ça : plus difficiles.
 
Ça ne me dérange pas toujours que ce soit plus difficile. Souvent, ça me stimule. Avec lui, j’ai appris à être plus patiente, plus rusée, plus empathique, plus stratégique comme mère. Avec lui, j’ai appris, que parfois, il faut mettre de côté l’autorité pour écouter et voir les choses autrement. J’ai aussi appris que ses colères avaient souvent quelque justification qu'il fallait déterrer pour mieux continuer. J’ai aussi appris à faire ressortir le meilleur de lui : son dévouement à la tâche, son énergie inépuisable, sa tendresse infinie.
 
Sauf que cette journée-là, je n’avais pas le goût. Je voulais juste que les choses roulent. Je n’avais pas envie d’être stratégique, empathique ou patiente. Je voulais juste qu’on m’obéisse. J’ai bien le droit après tout. C’est moi le parent dans cette famille !
 
Alors, bien oui, la journée avait été difficile. Il s’était opposé à tout. M’avait même fait une crise dans le parc. Avait envoyé un ballon sur le visage de son frère. Une journée difficile, oui, qui nous avait tous deux laissé un goût amer.
Mais, heureusement, il y a le hockey.
 
Quand 19 h a sonné, je l’ai appelé pour qu’il vienne. En pyjamas, on s’est installé tous les deux devant la télé. J’avais un gros panier de linge à plier, alors il m’a aidée. Quand on a eu fini, il est allé chercher sa doudou et on s’est installé bien au chaud en dessous. Côte à côte, on s’est livré à de fines analyses sportives.
 
Quand je me décourageais, il me disait d’avoir confiance, que Carey ne nous lâcherait pas. Quand il chialait trop fort contre les arbitres, je lui rappelais qu’il ne fallait jamais accuser les autres de nos malheurs.
 
Vers le milieu de la deuxième, je me suis allongée sur le divan. Il est venu se lover tout contre moi, sa petite tête sur mon cœur. Puis, je me suis demandé : combien de temps encore ferait-il cela ? Combien de temps encore pourrions-nous faire la paix si facilement ? Est-ce que ça compterait plus tard, quand il serait adolescent, quand tout serait plus compliqué, que nous ayons été si proches l’un de l’autre ? Est-ce qu’il s’en souviendrait ?
 
J’ai vite chassé ses pensées. Tout cela n’avait pas d’importance au fond. Pour moi, cette journée – cette journée difficile – s’était envolée. Pour lui et pour moi. Et c’est tout ce qui comptait.