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«Je crie. Je m'énerve. Je ne sais pas comment gérer ça…»

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Hausser le ton. Crier. Perdre patience. Quel parent peut dire que ça ne lui ai jamais arrivé? Communiquer est tout un défi à tous les âges. Même adulte, on doit s’ajuster et retrouver une façon saine de se faire entendre.

Folle performance


Isabelle Brosseau est coach parental et présente de nombreuses conférences chaque année, dont sa plus populaire Chu tanné de répéter, mes enfants ne m'écoutent pas!

Quand elle rencontre les parents, cette spécialiste remarque qu’ils ont de la difficulté à gérer leur colère et aussi de se faire écouter par leurs enfants. Et qu’ils se sentent coupables et ont des remords d’avoir crié ou perdu patience. « On vit dans une société de performance et le rôle de parent n’échappe pas à cette tendance. Au quotidien, on accumule plusieurs tâches et bien rapidement la fatigue est au rendez-vous.

On entretient aussi beaucoup de scénarios parfaits de comment les choses devraient être, mais quand la réalité est autre, on devient vite irrité et il y a de bonnes chances qu’on dépose notre mauvaise humeur sur notre conjoint ou nos enfants », explique-t-elle.

Manque de discipline

 
Aussi, Isabelle Brosseau observe que les parents ne font pas toujours de la discipline ou en font de façon incohérente. Selon elle, négocier, expliquer, répéter et rationaliser tout le temps peut devenir un cercle très négatif qui finit par mener les parents à hausser le ton.

«Pour certains enfants, ce « bla bla » devient presque un défi pour voir jusqu’où il peut pousser à bout ses parents. Quand un petit de 2 ou 4 ans réussit à faire réagir fortement ses parents, pour lui, c’est un gain positif», note-t-elle. Pour perdre moins patience, il faut donc:

  • Instaurer une discipline au sein de la famille (mettre des règles et des limites)
  • Être cohérent dans ses interventions (ne pas changer d’idées et tenir ses promesses comme ses conséquences!)
  • Alléger les routines (ne pas trop surcharger les horaires, surtout les départs et les retours à la maison)
  • Déléguer des tâches (ne pas tout garder sur ses épaules)

Que se cachent derrière les cris


Attention, crier n’est pas anodin. Quand les parents crient, c’est la colère qui sort. Si ça arrive occasionnellement, ils se pardonnent plus facilement. Mais quand ça devient un cycle, la culpabilité s’infiltre en eux et les parents se jugent sévèrement.

«Dans ces cas-là, la colère devient une perte de contrôle. il faut s’arrêter un moment et s’interroger», mentionne Isabelle Brosseau.

Voici des questions que l’on peut se poser concernant notre colère et notre propension à crier :

  • Qu’est-ce que dit cette colère?
  • Pourquoi je me sens ainsi?
  • Qu’est-ce qui se passe dans notre famille?
  • Comment en sommes-nous venus à ce que ça se passe ainsi?
  • Qu’est-ce qui tourne pas rond?
  • Est-ce que nos exigences sont trop élevées?
  • Qu’est-ce que je pourrais changer?

 

La colère et la perte de contrôle deviennent donc des signaux d’alarme à noter comme parents. Ils indiquent qu’un réajustement ou une réorganisation serait nécessaire.

Bien sûr, c’est très confrontant comme situation, mais il est profitable de faire l’exercice d’examiner ce qui vous fait sortir de vos gonds. Un exercice à faire quand l’émotion est passée et qu’on n’est plus dans le feu de l’action.

«On est dans une ère technologique où tout va vite. On n’est plus habitué d’attendre. Élever un enfant n’a pas suivi l’évolution de la technologie. » souligne Mme Brosseau.

Cependant, les parents cherchent souvent la rapidité, mais ne prennent pas le temps de s’arrêter pour réfléchir à ce qui se passe.

Trop vite, ils deviennent stressés par le manque et ce sentiment d’urgence accroît leur irritabilité et leur fatigue ce qui raccourcit leur mèche! 

«Être parent n’est pas un sprint, mais bien un marathon », rappelle Isabelle Brosseau. Et quand les parents sont moins pressés, moins essoufflés et moins dans un esprit de performance, ils sont davantage patients et moins portés à crier pour se faire entendre.