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Les années 1960: Maman se libère!

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C’est la période de l’effervescence et du grand chambardement. Avant les années 1960, le divorce était rare au Canada. C’est en 1967 que P.E. Trudeau, alors ministre de la Justice, propose le bill Omnibus, libéralisant notamment l’avortement thérapeutique et assouplissant les règles du divorce. Entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1980, le taux de divorce quintuple.

© Photo Yoopa
Les années 1960 marquent l’époque des changements de mentalité. Ici, une maman et son poupon, en 1966.

À la fin de cette décennie, le mouvement des femmes est en plein essor et proteste en créant des centres pour les femmes, des groupes de sensibilisation et des centres d'accueil pour les victimes de viol. Les premiers centres de planification des naissances ouvrent au Québec. En 1960, un maigre 25% des mères allaitent leur bébé lors du séjour à l'hôpital, contrairement aux femmes autochtones qui sont bien considérées par leurs pairs si elles le font.

Le taux de natalité est de 30,4 pour mille en 1951. Il descend graduellement pour atteindre 11 pour mille en 2007. Les années 1960 marquent l'époque de la libération sexuelle et des changements de mentalité et les féministes des années 1960 contribuent à donner aux femmes l'accès au plaisir dans la sexualité. Jusqu’à cette époque, la femme doit se confesser si elle se refuse à son mari ou si elle éprouve du plaisir pendant l'acte sexuel.

Gabrielle témoigne

 «Les femmes attendaient en ligne au confessionnal pour se faire pardonner leurs péchés charnels, se souvient Gabrielle, 75 ans, mère d’une famille de 12 enfants. Quand je me suis mariée, en 1954, il n’y avait pas de bain dans notre logement : on se lavait à la mitaine! J’ai longtemps fait la lessive à la main, jusqu’à ce qu’on ait une machine à tordeuse. Je cuisinais sur un poêle à bois, mais on ne manquait de rien sur la table, même s’il n’y avait pas grand superflu.

«Dans le temps, pour arriver avec le salaire de 60$ de mon mari, on allait chez Yellow qui offrait des bottes et des souliers gratuitement aux grosses familles. On se débrouillait comme on pouvait, et il y avait de l’entraide entre les voisins. J’ai gardé les enfants de danseuses vers les années ’65, en plus des miens! C’étaient de bonnes mères, vous savez!»

Faits saillants
1960-1969
Taux de natalité: 22,08 pour mille
Nombre de naissances: 1 230 488
Les parents sont mariés dans 94,7% des naissances.
Fait saillant: autorisation d’ordonnance de la thalidomide (1961-1962)

 

L’effet Kirkland-Casgrain

 Durant cette période,  les femmes, sous-représentées dans les institutions politiques, se heurtent au contingentement dans les universités et aux politiques et législations discriminatoires dans les secteurs public et privé.

Le 1er juillet 1964, la ministre libérale Claire Kirkland-Casgrain fait adopter la loi 16 établissant que les femmes mariées obtiennent la capacité juridique d'exercer une profession, puissent gérer leurs propres biens, se voient reconnaître l'égalité juridique et le droit d'exercer des responsabilités civiles ou financières, qui leur étaient jusqu'alors interdites, et ne soient plus dans l’obligation d'obéissance envers leurs maris.

Avant 1960, peu de filles ont accès à l'enseignement postsecondaire et encore moins fréquentent l’université. En 1964, le rapport Parent introduit l’école jusqu'aux études supérieures pour toutes et tous, et l'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans. Les Québécoises sont les grandes gagnantes de cette première réforme qui leur donne accès à une éducation de qualité.

D'un baby-boom à l'autre: