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Les années 1970: un enfant si je veux et quand je veux!

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Grâce à l'accès à la contraception en 1967, le désir d'enfant succède à la maternité obligatoire et nous assistons à une révolution de la famille. Le slogan Un enfant si je veux quand je veux devient un leitmotiv pour les Québécoises.

© Photo Yoopa
Dans les années '70, les femmes réclament le contrôle de leurs maternités, tel que cette mère, en 1977.

La longue lutte du Dr Henry Morgentaler commence, puisque sa bataille juridique débute en même temps que les avortements qu’il pratique dans sa clinique montréalaise dès 1968: poursuivi à trois reprises par le ministère de la Justice du Québec, il est acquitté grâce à l’appui du mouvement féministe en faveur du libre choix. Ce n’est qu’en 1988 que, dans un jugement historique, la Cour suprême du Canada décriminalise l’avortement.

Les femmes se réapproprient la maternité et renversent le rapport de force qui prédominait jusqu'alors. Tandis que les mères existaient à l’ombre des pères, les hommes deviennent désormais tributaires de la volonté des femmes pour accéder à la paternité.

La société québécoise, comme les autres, connaît un accroissement du nombre de divorces, mais aussi des naissances hors mariage. Les familles monoparentales où la mère vit seule avec ses enfants sont de plus en plus nombreuses et, en cas de divorce, ce sont les mères qui obtiennent la garde des enfants.

faits saillants
1970-1979
Taux de natalité: 15,06 pour mille
Nombre de naissances: 946 869
Les parents sont mariés dans 90,8% des naissances.
Faits saillants: naissance du premier bébé éprouvette (1978) et entrée en vigueur de la Loi sur la protection de la jeunesse (1979).

 

Anne-Marie raconte

 «Je me définis vraiment comme une baby-boomer, dit Anne-Marie, 62 ans. Si je suis instruite, c’est à force de volonté, parce que mes parents, trop pauvres, n’ont pas pu m’aider. Mon premier mariage a causé l’effet d’une bombe dans ma famille catholique et conservatrice, mon mari étant juif marocain. J’ai fini par divorcer au bout de quatre ans et cette séparation a été un enfer indescriptible.

«Je me suis remariée au bout de deux ans et avec mon nouveau conjoint, nous avons eu trois enfants, qui ont été désirés. Je fais partie de la «race» de femmes qui a fait virer le vent et changer les choses, mais j’ai payé le prix fort ! Nous on sortait dans les rues pour revendiquer nos droits, pour l’égalité ou le droit à l’avortement, et la parité salariale. Les femmes étaient militantes, dans ce temps-là ! Actuellement, nous sommes démobilisées… nous regardons le train passer, et il y a encore des luttes à faire!»

En 1970, les femmes réclament d’autres relations avec les hommes, le contrôle de leur ventre et de leurs maternités, une organisation du travail plus juste, des salaires équitables, une sexualité sans péché libérée des tabous. C’est la période du «faites l’amour et pas la guerre» et des manifestations contre la guerre au Vietnam. Les femmes sont prêtes à changer le monde, parce que le monde est en mouvement et en profonde mutation partout sur la planète.

C’est en 1970 que les représentants du corps médical, qui avaient soutenu les revendications des femmes concernant la maternité et la contraception, se lancent dans la croisade pour permettre à celles qui veulent un enfant, mais ne le peuvent pas, de combler ce «désir d’enfant». La table est mise pour le recours à la procréation assistée et les premières mères porteuses font leur apparition.

Entre 1962 et 1972, on réactive la profession de sages-femmes, jusqu’alors tombée dans l’oubli, dans le but d’humaniser les soins obstétricaux[i].

 

D'un baby-boom à l'autre:


[i]Ce n’est qu’en 1990 que la Loi sur la pratique des sages-femmes dans le cadre de projets pilotes sera adoptée par l’Assemblée nationale.