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Les parents et leur besoin de jaser

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Après des années d’observation, je le confirme : Les parents ne sont pas faits pour rester isolés.
 
Bon, au début, oui. Avec un nouveau bébé, on a comme une rage d’intimité où on ne veut que rester cachés dans notre cocon familial, là où le linge normal, les peignes et le maquillage n’existent pas.
 
Mais éventuellement, les parents ont besoin de sortir de leur bulle et de parler. Vraiment. Soit parce que ça va mal ou même parce que ça va bien. Le contenu, c’est un détail. Il faut communiquer, partager, évacuer.
 
Le plus important à cette étape est de trouver le bon interlocuteur. Oui, j’insiste. Dans toute bonne communication, il y a un émetteur et un récepteur. Sur la même longueur d’ondes. Et dans le meilleur des mondes, les rôles s’inversent après quelques minutes (ce que certains oublient parfois de faire).
 
Notez que les réseaux sociaux ne sont pas souvent le meilleur interlocuteur des parents. Partager là-dessus, c’est un peu trop large pour avoir l’effet escompté. Et ça mène trop souvent aux affrontements.
 
Non, l’idéal est de trouver des parents qui vivent sensiblement la même réalité de nous. Ou qui peuvent au moins la comprendre. Pas pour recevoir des conseils, pas pour se faire prendre en pitié, mais juste pour avoir l’impression d’être compris par d’autres gens.
 
Ok, mettons par exemple qu’une fin de semaine, l’horaire de sport des enfants n’a pas de bon sens. Une partie de hockey ici, une pratique de soccer par-là, un cours de danse, une levée de fond, une soirée d’équipe, le kit complet, quoi. Si tu racontes ça à quelqu’un qui a deux enfants en bas âge, il va te regarder comme si tu étais un imbécile de les avoir inscrit dans tant d’activités en même temps.
 
Mais ce n’est pas ce que tu veux entendre (même si tu te trouves parfois imbécile, effectivement). Tu veux juste que ton interlocuteur comprenne, compatisse et te réponde que la semaine passée, c’était la même chose chez eux avec une partie à telle place et deux tournois en même temps, etc. Ça, ça te fera du bien. Tu seras compris et tu comprendras à ton tour.
 
C’est le même concept pour les autres sujets parentaux. Problème de bébé? Partage ça avec les autres parents de ton cardio-poussette. Si tu en jases avec des parents de grands enfants, ils vont te regarder avec un petit sourire niais qui veut dire « Ah oui, je suis déjà passé par là, moâ. » mais vont avoir oublié l’émotion qui venait avec le souvenir.
 
L’horaire des devoirs, la pression des examens? On en jase avec des parents du même niveau. Des inquiétudes concernant la discipline? On en discute avec des parents qui partagent à peu près les mêmes valeurs que nous. Ainsi de suite.
 
L’incompréhension, c’est ce qui mène au jugement. Et les parents peuvent être bons là-dedans. On peut avoir une opinion tranchée et changer d’idée quelques années plus tard, sans même s’en rendre compte. Choisir quand et à qui se confier, là est le secret.
 
Alors oui, pour le bien de leur état mental, les parents ont BESOIN de communiquer avec d’autres parents qui les comprennent. On a parfois l’impression d’être les seuls au monde à vivre ce que l’on vit, mais ce n’est pas le cas.
 
Avec le temps, on réussit vraiment bien à maîtriser cet art de partager entre parents. Et là ce sont nos enfants qui trépignent d’impatience parce qu’on est « encore en train de jaser! ».
 
Bonnes jasettes, les amis.