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Les plus beaux souvenirs ne sont pas toujours sur photos

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À voir leur petit frère né à l’ère des téléphones intelligents se faire bombarder presque quotidiennement, mes autres enfants ont parfois l’impression que nous ne prenions pas beaucoup de photos d’eux quand ils étaient bébés.
 
Je n’ai jamais calculé combien j’avais de clichés de chacun d’eux, mais je sais que c’est plus qu’ils ne le pensent. Certains sont simplement dans des cartons ou sur des disques durs et oui, il faudra démêler tout ça.
 
Il est vrai qu’avec le iPhone si accessible, on a le réflexe de photographier plus souvent. Et comme on ne doit pas aller « faire développer » des bobines, on s’en fout d’en prendre 50 mauvaises pour en avoir une bonne.
 
Mais là n’est pas mon propos du jour.
 
J’aimerais tellement expliquer à mes enfants que les plus belles photos que j’ai d’eux, je ne pourrai jamais les leur montrer…
 
Pas que je n’aimerais pas partager ça, au contraire.
 
Mais ça m’est impossible.
 
Car mes plus beaux souvenirs ne sont pas sur pellicule, ni sur papier, ni dans mon ordinateur ou mon téléphone.
 
Ces précieux moments, qui ont duré de quelques secondes à plusieurs jours, ils sont dans ma tête, dans mon cœur… Et pour leur faire voir les choses comme je les voyais, il aurait fallu aussi que la caméra soit dans mon œil, dans cet angle que souvent, j’ai été la seule à occuper…
 
Il y a eu leur naissance. Les 5. Quand mes bras se sont tendus vers eux pour aller à leur rencontre. Quand nos yeux se sont croisés pour la première fois pour faire connaissance.
 
Il y a eu toutes ces fois où je les berçais, parfois éreintée, mais finissant toujours charmée par un de leur sourire, ou par leur petite tête qui finissait par se laisser aller contre mon cœur, comme pour s’y fondre, comme pour revenir en moi.
 
Il y a eu l’allaitement ( au sein pour 4, au biberon pour un). Pour les 5, j’offrais la chaleur de ma peau et croisais leurs regards si confiants…
 
Puis, il y a eu ces centaines d’apprentissages pour chacun d’eux. Des petites et de très grandes victoires. Il y a eu eux, si déterminés à avancer, à grandir un peu trop vite. Et moi, qui les admirais en riant ou en silence, toujours émue par ces miracles auxquels ils me permettaient d’assister.
 
Si mes enfants savaient combien j’ai d’albums dont ils sont les héros dans ma tête et dans mon cœur!
 
Remplis de spectacles aux décors cartonnés, de larmes disparues après que je sois parvenue à les faire rigoler. De cris de joie à vélo ou en dévalant une colline gazonnée. De petites mains qui ont d’abord examiné mes doigts, mes paumes, s’y accrochant tout en buvant, en s’endormant. Qui plus tard, ont tenu la mienne pour le long de la rue. Qui l’ont tenue encore en grandissant, moins souvent, mais tout de même.
 
Et les clins d’œil, et les blagues juste entre nous. Les confidences, les mots d’esprit, les discussions sur le sens de la vie… Leurs victoires et leur fierté, leurs difficultés et leur résilience…
 
Si mes enfants savaient combien c’est quand je n’ai pas d’appareil photo en mains que je les vois le mieux. Quand je les observe en silence, le sourire en coin, le cœur gonflé d’amour.
 
S’ils savaient à quel point ils sont beaux et belles, sans prendre la pause, sans chercher à plaire à une caméra.
 
Si mes enfants savaient que je n’ai qu’à fermer les yeux deux secondes pour que surgissent des images de leur vie, de notre vie. Et combien ça me fait du bien de les visionner!
 
(Et s’ils savaient que j’aime aussi les prendre en « vraies photos » … quand ils m’en donnent la permission. Mais ça, c’est une autre histoire !)