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Parfois, ils me manquent

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Je ne suis pas vraiment une « ennuyeuse ». Ennuyante, oui sûrement, mais ça, c’est une autre histoire.
 
La solitude est mon amie depuis que je suis toute petite. Au fil du temps, elle m’est devenue nécessaire, peut-être plus fréquemment qu’à d’autres. J’ai besoin de ma « bulle ». 
 
Il faut dire que j’ai un boulot de solitaire. Sans oublier qu’avec ma famille re-re-composée, j’ai dû m’habituer à l’absence de mes enfants de temps en temps… ou plus longtemps.
 
Enfin bref! Que ce soit dans ma nature profonde ou une question d’adaptation, je vis bien avec la solitude, avec l’absence des êtres chers et je trouve toujours de quoi m’occuper.  Je n’ai pas de problème à partir en voyage en solo non plus.
 
Je dois aussi avouer que certains soirs, quand mon chum arrive du boulot, je lui demande assez rapidement de prendre la relève pour avoir un moment toute seule. Ça peut être pour terminer un travail, prendre un bain ou simplement, respirer… Car oui, il m’arrive de trouver ça prenant d’être responsable toute la journée de ma progéniture. 
 
Bref, j’aime la solitude et parfois, je l’attends avec impatience…
 
Sauf que…
 
Paradoxalement, il arrive que ces enfants si prenants me manquent terriblement.  Et ce n’est pas nécessairement quand ils partent pour plusieurs jours.
 
Souvent, ça me tombe dessus dans des moments anodins. Quand je termine un texte et que j’entends bébé rire aux éclats en bas ou qu’au contraire, aucun bruit ne parvient jusqu’à moi, alors que fillette est plongée dans un film.  
 
Ça me prend soudainement, sans raison spécifique. Parfois, ce sentiment m’habite simplement parce qu’on s’est dit au revoir trop rapidement avant l’école. Ou parce que les enfants sont tellement occupés à jouer avec les enfants du voisinage qu’ils ne viennent même pas manger à la maison.
 
Parfois, c’est à peine une heure après que j’ai cru « pogner les nerfs » après eux! Je m’isole, la poussière retombe et ma colère et ma fatigue s’évaporent.
 
Ils me manquent. Point.
 
Alors je ferme mon ordinateur ou ma télé. Et je vais quémander un bisou, un câlin. Ou je ne fais que les regarder…
 
C’est bizarre quand même, cette ambivalence maternelle. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté de la chose, je présume…  
 
Se sentir à des kilomètres alors qu’un escalier nous sépare. Songer à s’envoler vers une ile déserte un moment et avoir envie de fusionner avec eux l’instant qui suit.  Prier pour qu’ils fassent la sieste enfin pour finalement trouver qu’ils dorment trop longtemps. Avoir hâte qu’ils deviennent autonomes pour ensuite regretter qu’ils s’enferment au sous-sol…
 
Nicher son nez dans le cou de bébé qui rit aux éclats, recevoir le bisou gelé de l’enfant qui revient de glisser. Avoir droit au sourire discret de l’ado qui dans le fond, est bien content de passer du temps en famille…
 
C’est quand même chouette d’aimer si fort qu’il ne faille aucun grand départ pour que les retrouvailles soient si agréables, vous ne trouvez pas?