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Ton enfant n’est pas ton meilleur ami

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Non, je ne viens pas vous parler de la tentative de certains adultes de sembler cool aux yeux de leur progéniture, en étant généreux sur les permissions, laxiste sur les conséquences ou en s’habillant comme un ado.  
 
J’ai plutôt envie de discuter avec vous d’une « habitude » de certains parents dont on me parle de plus en plus fréquemment. Le « on » incluant tant des adultes que des adolescents et même, quelques enfants…
 
Prendre son enfant comme confident. 
 
Je ne pense pas ici à cette journée où Junior vous voit pleurer et que vous lui avouez avoir de la peine au lieu de tenter de lui faire croire que vous êtes juste fatigué. Ou que vous lui confiez être nerveux pour un entretien d’embauche.
 
Je parle plutôt de lui raconter vos péripéties amoureuses; ruptures, « sex partner », soirées de flirt, jalousie entre vos conquêtes…
 
Ou de lui parler de votre consommation de drogues, de vos soirées trop arrosées.
 
De décharger vos rancoeurs envers l’ex, vos parents, votre patron au lieu de vous payer un psy.
 
De demander à votre « ami-enfant » d’intercéder en votre faveur pour régler X conflits. Ou de faire passer vos messages à votre place…
 
Ou encore, de lui faire ressentir tout votre stress financier en répétant que vous « allez tout perdre ».
 
Même chose pour ce qui est de presser les amis (ou l’amoureux/se) de votre enfant de le « surveiller », de le pousser à augmenter ses résultats scolaires, de bien manger, de voir combien vous êtes un parent aimant, mais épuisé par votre jeune ingrat… 
 
Je ne suis pas psy, mais selon moi, ce n’est pas le rôle d’un jeune…
 
Évidemment, aucun parent n’est parfait. Il est bon que nos enfants sachent que nous sommes humains, que nous avons nos hauts et nos bas, nos qualités et nos défauts.
 
Mais je persiste et signe; évitons de leur mettre tous nos problèmes d’adultes sur le dos. 
 
Souvenons-nous qu’ils ne souhaitent pas savoir les détails de notre vie sexuelle et ne veulent pas entendre tous nos griefs envers l’ex. Comment pourront-ils savourer leurs amours naissantes s’ils pensent que la vie est une succession de ruptures amères ou d’histoires d’un soir?
 
Qu’ils n’ont pas à s’inquiéter d’avoir un toit sur la tête et de la nourriture à manger demain; c’est le boulot de l’adulte de trouver les solutions pour que cela n’arrive pas.
 
Qu’ils n’ont pas à prendre parti entre deux clans. Ils ont le droit d’aimer leurs deux parents, leurs beaux-parents, tous leurs grands-parents…
 
Nos jeunes ne sont pas nos thérapeutes, nos piliers, nos propres parents. Ils ne sont pas non plus vraiment, nos amis.
 
Comme m’a déjà confié une jeune fille autrefois « Je n’ai pas besoin d’un autre ami ou d’un autre frère; j’ai besoin d’un père » (l’inverse est aussi vrai pour les mères).
 
Ne pas être l’ami de notre enfant ne veut pas dire être rigide, vieux jeu, ennuyant… Ça veut juste dire occuper le rôle qui nous revient, que nous avons choisi et dont il a besoin: celui du parent. 
 
Qu’en pensez-vous?