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Tu vas avoir froid!

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Comme à chaque printemps (particulièrement avec les températures en yoyo des dernières semaines), on entend à nouveau résonner aux quatre coins du quartier la célèbre phrase : « Mets ton manteau, tu vas avoir froid! ».
 
Je ne sais pas pourquoi les parents ont toujours l’impression que les enfants ont froid. Tout comme on s’imagine souvent qu’ils ont faim, qu’ils ont soif ou qu’ils nous cherchent. Ça peut arriver, bien sûr. Mais la plupart du temps, on angoisse pour rien.
 
D’abord, les enfants ont la faculté impressionnante de dire tout haut ce qu’ils pensent. Ce qui inclut ressentir le froid ou la faim. S’ils ressentent un petit inconfort, soyez assurés qu’ils vous tiendront au courant.
 
Deuxio, 99% du temps, les enfants bougent plus que nous. Et il suffit de bien peu pour avoir chaud, quand on bouge. Ceux qui font du jogging le savent : pendant une activité, on s’habille comme s’il faisait 5 degrés de plus. Alors quand ils jouent, les enfants sont comme au milieu d’un marathon de plaisir.
 
Et finalement, mettons, ô malheur!, que notre enfant ne s’est pas vêtu convenablement et qu’il a eu froid. À moins d’empirer une pneumonie déjà présente, les risques d’attraper quelque chose de grave avec un petit frisson sont assez minces. Ils ont surement plus de chances d’attraper un virus en suant à l’intérieur qu’en jouant dehors.
 
Alors pourquoi diable nous, les parents, avons-nous la vilaine tendance à toujours s’inquiéter pour tout? Pour ne pas culpabiliser plus tard? Par parent-poule-isme? Pour le plaisir?
 
Devenir parents, c’est arrêter de penser juste à soi. Après des années d’égocentrisme où on ne vit que pour son nombril ou son couple, l’arrivée d’un enfant déplace notre centre de priorité dans la vie.
 
Soudainement, la chose la plus importante au monde, c’est quelqu’un d’autre que nous. Ça donne un choc. Tellement qu’on compense par l’autre extrême. Et ça dure longtemps.
 
À partir de ce moment, on passe la majeure partie de notre temps à s’inquiéter des autres plutôt que de nous.
 
On ne peut pas décider du bonheur de nos enfants, on ne peut leur tracer un chemin parfait, on ne peut pas leur éviter de faire des erreurs. Mais comme cette réalité est difficile à accepter, on y va au plus simple. Et on leur crie : Mets ton manteau, tu vas avoir froid. C’est peu, mais ça nous fait du bien.