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Un papa mal pris, c’est si attendrissant

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Chuuut, j’ai un secret! Ne le dites pas à personne, mais… je pense que ça a l’air beaucoup plus simple d’être un père qu’une mère.
 
Je sais, je sais, ça ne se compare pas et on ne choisit pas qui on veut être, dans la vie. Loin de moi l’idée de partir une chicane. C’est juste une affirmation anodine, à lire avec les yeux plissés, comme s’ils voulaient sourire d’avance.
 
Je ne saurai jamais ce que c’est qu’être une mère. Ça a l’air extraordinaire. Porter un bébé, donner la vie, avoir un 6e sens, savoir faire des tresses et tout ça, wow.
 
Mais avouons-le, être père, c’est quand même agréable. Je sais ce que vous croyez, les filles. Que ça a l’air beaucoup plus facile. Pas toujours, vous saurez. Mais il faut avouer que c’est rempli de petits avantages sympathiques.
 
Les pères ne sont pas tous pareils. Il y a eu dans l’histoire des spécimens épouvantables qui ont réussi à faire reculer la cause masculine pour des générations entières. C’est souvent comme l’actualité : on retient plus les manchettes négatives que les bonnes nouvelles ordinaires. Les pères heureux n’ont pas d’histoire, comme dirait l’autre.
 
Donc au départ, il faut se battre contre cette vision que tous les hommes sont des agresseurs potentiels, jusqu’à preuve du contraire. C’est lourd, mais quand on finit par mériter un peu de confiance, le reste est plus simple.
 
Sincèrement, c’est le fun, être un père. C’est une grosse responsabilité, ça nous remplit de doute, ça chamboule notre vie, ça déboulonne nos convictions et ça nous remet les priorités à la bonne place. Mais c’est absolument positif.
 
On le sait, les pères n’ont pas autant de ressources sociales et de groupes d’entraides que les mères. Manque de participation, manque d’intérêt ou sexisme sociocommunautaire, chacun a sa théorie (ou son complot) là-dessus. Il existe toutefois des groupes importants qui travaillent à faire avancer la cause paternelle, comme le regroupement pour la valorisation de la paternité.
 
Mais il faut que j’avoue une chose : si on n’a pas autant de support social, on a une autre sorte d’aide. L’aide spontanée.
 
C’est une théorie personnelle et non scientifique, mais j’avance quelque chose : J’ai l’impression que les mères ont souvent plus de sympathie pour un papa mal pris que pour une maman. Ne généralisons rien, mais quand même.
 
Je l’ai encore vu l’autre jour au milieu d’un tournoi. Un papa débordé (que je ne connais pas) avec sa poussette, ses sacs, ses enfants plus vieux et son bébé en crise. Il avait un sourire résigné et au moins dix personnes étaient prêtes à lui donner un coup de main. Aide qu’il acceptait avec plaisir.
 
Et ce n’est qu’un exemple. Qu’un papa soit mal pris en public parce qu’il a oublié une couche, parce qu’il est perdu, parce que le bébé est en crise, il y a aura toujours quelqu’un pour venir l’aider. Un papa désemparé, c’est si attendrissant.
 
Une mère qui semble dépassée par les événements va souvent être plus durement jugée. Ah, elle est juste mal organisée. Ne le cachez pas les filles, c’est souvent votre premier réflexe. Pourquoi? Je ne sais pas.
 
La différence est peut-être justement un signe qu’on n’a pas encore atteint l’égalité des perceptions. Un père… c’est juste un père. Ça n’a pas les mêmes capacités. C’est normal qu’il soit mal pris dans ce rôle. Déjà qu’il s’implique, qu’il se promène seul avec son bébé… C’est déjà un surhomme. On est prêt à lui pardonner le reste.
 
Je ne sais pas trop où je vais avec tout ça. C’est peut-être une simple réflexion à haute voix. Je n’ai pas vraiment envie d’être jugé plus durement quand j’oublie d’emmener une collation dans une sortie avec mes enfants (soit une fois sur deux). Mais ce serait bien que cette indulgence soit pareille pour les mamans aussi.
 
Sur le web, je n’ai encore jamais vu une chicane entre pères sur l’allaitement, les couches jetables et le co-dodo. Jamais vu deux gars s’insulter sur le fait qu’un envoie ses enfants à la garderie et l’autre non. Peut-être qu’on garde nos énergies pour se rappeler de ne pas oublier la crème solaire et les serviettes humides. Mais peut-être aussi qu’il y a mieux à faire dans la vie que de juger son voisin.
 
Alors papas ou mamans, si vous êtes mal pris, faites-moi signe. Je n’aurai pas de mouchoirs sur moi ni de couche de rechange, mais je vais sympathiser avec vous sans jugement, promis. Notre vie est tellement complexe qu’on peut se permettre de ne pas être parfaits, tout le temps.
 
Après tout, on fait juste notre possible pour élever un petit humain.