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Agressions et disparitions: parlons danger!

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La disparition de Cédrika Provencher a fait ressurgir une question importante dans l'esprit de tous les parents: comment aborder le sujet de la sécurité à l'extérieur de la maison avec ses enfants? Et, surtout, sans affoler ceux-ci.

Il peut être tentant d'éluder la question par crainte d'affecter la spontanéité et le sentiment de sécurité de nos petits. Mais il ne faut pas fuir la réalité, selon Ginette Bédard Kelly, psychologue en pratique privée et dans les centres jeunesse de Lanaudière:

«Sans raconter jusqu'où peut aller l'horreur, on doit expliquer à notre enfant qu'il peut être l'objet de sollicitations de la part d'un grand. Le mettre en garde, ce n'est pas l'effrayer ni l'amener à considérer toute situation comme potentiellement dangereuse. Il s'agit de transmettre à l'enfant le sentiment qu'il a du pouvoir pour assurer sa sécurité. Un petit bien informé de la réalité court probablement moins de risques face à un prédateur, car il aura moins peur et saura davantage quoi faire.»

Pour aborder les questions de sécurité, on doit être à l'aise et livrer un message rassurant, clair et constructif. «L'enfant doit aussi être certain qu'il peut (et doit) se confier à ses parents lorsqu'une situation lui a fait peur ou l'a mis mal à l'aise, sans craindre de les mettre dans tous leurs états», précise Mme Kelly.

Des mots clairs et adaptés à chaque âge

Entre 0 et 5 ans

Pour cette tranche d'âge, une surveillance parentale de chaque instant reste la clé de la sécurité. Voici quelques consignes simples pour la renforcer:

• On demande à notre enfant de toujours nous tenir la main ou celle de l'adulte qui l'accompagne lorsqu'il va au magasin, à des aires de jeux ou à un terrain de camping.

• On apprend à notre jeune à ne pas s'éloigner de nous dans un endroit public et à ne jamais y jouer à cache-cache.

• On l'informe que, s'il se perd, il doit s'adresser à une personne portant un badge (une caissière ou un gardien de sécurité, par exemple).

Dès 1 an

• On apprend à notre enfant à se fier à son intuition et à identifier les signes corporels lui indiquant qu'une situation le met mal à l'aise ou lui fait peur, en le laissant déterminer la proximité physique qui lui convient. «Personne n'a le droit de le chatouiller s'il n'aime pas ça; il n'a pas à donner de bisous à sa tante s'il n'en a pas envie ni à aller sur les genoux de l'ami de la famille qui insiste», déclare Mme Kelly.

Vers 2-3 ans

• On lui enseigne son nom, son adresse, son numéro de téléphone, son âge, sa date de naissance, les noms complets de ses parents et les numéros où il peut les joindre. Pour l'aider à mémoriser tout cela, on peut composer une comptine. Il faut s'assurer régulièrement qu'il se souvient de ces informations.

• On lui apprend à reconnaître ce qu'est un inconnu: il s'agit d'une personne qu'il ne connaît pas suffisamment pour lui accorder sa confiance. On identifie avec lui les personnes à qui il peut vraiment se fier.

Vers 3-4 ans

• On détermine avec notre enfant les lieux sécuritaires du quartier où il peut se réfugier en cas de besoin: maisons Parents-Secours, commerces, services publics, restaurants, maisons de personnes en qui on a confiance.

• On lui montre comment utiliser le service 9-1-1 en cas d'urgence.

Vers 4-5 ans

• On informe notre enfant qu'il doit toujours nous demander la permission avant de se rendre quelque part, de suivre quelqu'un, de monter dans un véhicule, d'accepter un cadeau ou de participer à une activité. On lui explique qu'on doit savoir où il est et ce qu'il fait en tout temps, car cela nous permettra de lui venir en aide si quelque chose arrive.

• On apprend à notre enfant à dire «Non!» aux inconnus et à crier «Je ne vous connais pas!», ou «Ce n'est pas ma maman (mon papa)» si quelqu'un l'attrape et essaie de l'entraîner.

De 6 à 12 ans

• À l'extérieur, on dit à notre enfant qu'il doit toujours rester dans notre champ de vision.

• On l'encourage à toujours être accompagné d'au moins un ami au cours de ses déplacements et de ses jeux à l'extérieur.

• On lui apprend à maintenir une distance physique d'au moins trois pas de géant avec toute personne qu'il ne connaît pas ou qui le rend mal à l'aise.

• On l'informe qu'il ne doit pas se sentir obligé d'engager la conversation avec un adulte qui l'approche. «L'enfant doit savoir qu'il n'est pas impoli de refuser d'aider une grande personne qui lui fait une demande, dit Mme Kelly. Un adulte ou un adolescent qui a besoin d'aide doit s'adresser à une grande personne et non à un enfant.»

• On apprend à notre enfant à se poser ces trois questions pour prendre une décision prudente dans toute situation:
Est-ce que j'ai un bon sentiment?
Est-ce que mes parents sauront où je suis?
Est-ce que je pourrai obtenir de l'aide en cas de problème?
S'il répond intérieurement «non» à l'une des trois questions, il doit dire «non» et venir vous en parler avant de faire quoi que ce soit.

• Si notre enfant se rend à l'école à pied, on identifie avec lui un trajet qu'il devra toujours suivre et on l'encourage à marcher avec un ami.

• On lui dit toujours qui ira le chercher à l'école.

• On crée de petits scénarios avec nos enfants, de type «Que ferais-tu si...?» D'excellents exemples figurent sur le site Internet du réseau Enfants Retour.

Des ateliers de sécurité

Les organismes Tandem et Enfant-Retour Québec proposent des ateliers de sécurité personnelle gratuits pour enfants et parents. Communiquez avec le bureau Tandem de votre quartier, ou consultez le site Internet d'Enfant-Retour Québec (voir adresse plus bas).

Le système de carnets d'identité pour enfants

Enfant-Retour Québec met à la disposition des parents des carnets dans lesquels ils peuvent inscrire les informations pertinentes concernant leur enfant et ajouter une photo. On peut les commander sur le site de l'organisme.

Sources: Enfant-Retour Québec: www.enfant-retourquebec.ca, Parents-Secours: www.parentssecours.ca