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Quand tu frappes 10 fois, ce n’est pas involontaire

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Selon nos textes de loi, il y aurait homicide involontaire lorsqu’« une personne, pour une fin illégale, fait quelque chose qu’elle sait, ou devrait savoir, de nature à causer la mort et, conséquemment, cause la mort d’un être humain, même si elle désire atteindre son but sans causer la mort ou une lésion corporelle à qui que ce soit. »
 
En mots plus simples, tel qu’expliqué ici par Maître Véronique Robert: « On a tendance à confondre l'homicide involontaire avec l’accident.  Mais l’accident n’est jamais un crime en droit canadien.
Il s’agit de causer la mort de quelqu’un en posant un acte illégal, potentiellement dangereux, c'est-à-dire de nature à causer des lésions corporelles.  La Poursuite doit prouver hors de tout doute raisonnable non pas que l’accusé savait que le geste illégal était susceptible de causer des lésions corporelles, mais qu’une personne raisonnable, placée dans la même situation, aurait pu le prévoir.  L'exemple classique: le coup de poing au visage duquel résulte la mort. »
 
Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je trouve que l’involontaire a parfois le dos large… Et quand la victime est un enfant, je « capote » un peu, j’avoue…
 
Prenons l’exemple de l’homme qui a récemment été trouvé coupable d’homicide involontaire sur le fils de sa conjointe.  Un enfant de 20 mois. Qui a reçu des coups de poing au ventre à plusieurs reprises.
 
« Une personne raisonnable, placée dans la même situation, aurait pu prévoir le décès », il me semble, non? Combien parmi vous pensez que ça ne fait pas trop de tord, de frapper ainsi un bébé? Vous êtes sûrement peu nombreux!
 
Il me semble que plusieurs coups de poing sur un enfant, ça ne peut être comparé à un coup pendant une bagarre entre adultes, par exemple…
 
Et des cas comme ça, on en voit passer dans les médias chaque semaine. Ici, comme ailleurs…
 
J’en ai vraiment marre.  Combien de décennies ça prendra encore pour qu’on se dise qu’un enfant, ça ne doit pas recevoir de coup de poings, de pieds? Que ça ne doit pas se faire lancer contre un mur, enfermer, tenir la tête sous l’eau, droguer…
 
En 2017, peu importe notre parcours, notre éducation, nos croyances… on doit savoir que de telles actions sont inadmissibles, dangereuses, très potentiellement mortelles.
 
Je sais, un juriste débâtirait mon texte en moins de deux. Mais je ne veux pas argumenter sur des points et des virgules. Je parle juste avec mes tripes, je ne viens pas intellectualiser.  Peu m’importe les formalités qui font qu’un tel verdict puisse être donné; dans ma tête, il y a une méchante différence entre donner une claque ou bousculer (même si ce n’est pas l’idée du siècle…) et asséner plusieurs coups, s’acharner…
 
Ou alors, changeons nos lois pour les enfants! Décidons, comme société, que l’involontaire change de critères! Refusons aussi que des chefs d’accusation soient réduits lorsque les accusés acceptent de plaider coupables, pour tenter de l’avoir plus douce…
 
Il y a quelques décennies, on sortait le slogan « Un Québec fou de ses enfants! » Il faudrait punir ceux qui ont compris « Un Québec fou envers ses enfants ».
 
J’dis ça d’même…