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Aimer sa vie

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Il y a quelques jours, j’ai été assénée par une violente migraine. J’ai même gardé le lit pendant une journée entière. Cela faisait bien des années que je n’avais pas fait de migraine. Des mois que je n’avais pas été malade. Au moins autant de temps que je ne m’étais pas reposée autant. Peu après, je me suis rendu compte que j’étais extrêmement tendue dans les épaules et que c’était possiblement ce qui avait déclenché la migraine.
 
Mal dans les épaules. Symbolique pour qui, comme moi, en a souvent bien lourd à porter.
 
Comme dans tous les cas où j’ai eu l’impression que mon corps me parlait, j’ai voulu cette fois comprendre comment j’avais pu me retrouver dans cet état. Et bien sûr, j’ai rapidement constaté que c’était naturel d’être tendue ou stressée étant donné mes responsabilités et plusieurs changements majeurs que j’ai récemment vécus (un changement de travail notamment). Et c’est vrai que ma vie, entre les enfants, le travail, la famille, les amis et mes mille et un autres projets, est parfois assez chaotique. Le moment m’apparaissait donc bien choisi d’essayer de faire un peu de ménage dans tout ça.
 
Je suis loin d’être Mme Blancheville, mais je connais tout de même quelques techniques de ménage. L’une consiste bien simplement à désencombrer, soit à repérer et jeter les objets inutiles. Pour se faire, il suffit d’examiner nos possessions et de les classer dans deux catégories : les choses dont on a besoin et les choses qu’on aime. Ce qui n’entre dans aucune de ces deux catégories doit être classé dans une troisième : les choses dont il faut se débarrasser.
 
J’ai donc fait le même exercice avec ma vie. Je n’ai tourné aucun coin rond. J’ai soulevé chaque tapis. J’ai regardé derrière chaque coussin, scruté chaque recoin. Ouvert toutes les armoires. J’ai analysé, observé, décortiqué chaque élément de ma vie qui pouvait potentiellement être source de stress pour trouver ce qui pouvait être éliminé afin d’alléger mon existence.
 
Quand j’ai eu fini, j’ai regardé mes listes.
 
D’abord, la première, ce dont j’ai besoin, on y trouvait mes enfants, ma famille et mes amis, mon travail, ma maison, mes projets d’écriture, mes entraînements de course à pied.
 
Ensuite, la deuxième (ce que j’aime), on y trouvait mes enfants, ma famille et mes amis, mon travail, mes projets d’écriture, ma maison et mes entraînements de course à pied.
 
Et bien!
 
Et la troisième liste? Celle des choses dont il faudrait que je me débarrasse? Elle était à peu près vide. Elle ne contenait que quelques pacotilles. En fait, on y trouvait essentiellement des tâches ménagères, du vrai ménage, je veux dire. Mais pour ça, me suis-je dit, il y a toujours bien quatre enfants. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’ils se retrouvent en tête de la première liste!
 
En somme, il n’y a rien dans ma vie que j’ai envie de changer. Rien que je n’aime pas. Rien dont j’ai envie de me débarrasser. Tout est parfaitement nickel. Ah! oui, tout est souvent aussi parfaitement intense, parfaitement excessif, parfaitement chaotique, mais parfait tout de même. Parfait pour moi.
 
Parfois, quand on a une migraine, ou qu’on est assailli par tout autre mal, c’est vrai que c’est une occasion de s’arrêter pour examiner sa vie. Parfois, au terme de l’exercice, c’est vrai qu’on se rend compte qu’il est temps de faire un grand ménage.
 
Mais parfois – oui, parfois – quand on a une migraine, il faut simplement tirer les rideaux, se coucher dans un lit moelleux et dormir, dormir, dormir, comme on ne l’a pas fait depuis des mois, dormir jusqu’à ce qu’on se réveille pour se rendre que ce qui compte dans la vie, c’est peut-être surtout d’accepter son parfait petit chaos à soi.