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Est-ce de l’anxiété ou de l’hypersensibilité?

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Question :

Bonjour cher expert!

Je suis vraiment découragée. Nous avons besoin de conseils car nous ne savons pas où demander de l'aide! J'ai une petite fille de 3 ans (son anniversaire était en février) qui a toujours eu une grande sensibilité aux bruits et une dépendance à la routine. On pensait au départ que c'était nous qui étions trop routiniers dans notre éducation, mais jusqu'ici ça allait quand même bien.

En septembre, une petite sœur est née. Mon aînée adore sa sœur. Elle joue avec elle et n'oublie jamais de l'intégrer quand nous parlons des activités en famille.  Depuis quelques semaines, ma fille est devenue plus difficile à la maison. Elle défie notre autorité et demande plus d'attention. Nous nous disons que c'est sûrement le «Horrible Three», mais depuis un mois, c'est à la garderie qu'elle fait du trouble.

Elle a commencé par ne plus vouloir faire de sieste dans la salle de jeux avec les autres (elle se promenait et jouait). Il faut dire aussi que l'éducatrice a quand même eu beaucoup de difficultés à faire la transition avec elle pour passer du parc où elle était seule dans une chambre à la salle de jeux avec d'autres enfants... Même avec moi, elle n'est pas capable de dormir! À la garderie, il faut bien qu'elle laisse la place aux autres bébés dans les parcs! On a essayé de lui donner des conséquences si elle ne faisait pas bien ça durant la sieste. Du genre lire des livres au lieu d'écouter une émission avant le dodo du soir (qui va très bien en passant) mais ça ne l'a pas vraiment dérangé donc on l'encourageait (renforcement positif) le matin à faire bien ça à la garderie.

Depuis la semaine dernière, elle pleure tout le temps à la garderie et les siestes ont empirées! Elle pleure en disant qu'elle s'ennuie de nous, que sa sœur s'ennuie d'elle, etc. On dirait qu'elle se cherche des raisons pour pleurer! L'éducatrice essaie le plus possible de comprendre et de lui faire comprendre que c'est correct de pleurer mais qu'on doit aussi s'amuser et penser à autre chose! On dirait qu'elle ne veut plus aller à la garderie et se cherche des raisons...

Il y a eu un élément déclencheur. Sa peur correspond au moment où des réparations se faisaient à la garderie, ce qui a entraîné des crises à cause du bruit trop fort... Depuis ce temps, il y a deux semaines, elle me parle tous les soirs qu'elle ne veut pas y aller parce que les ouvriers vont continuer les réparations. Elle me dit aussi qu'il ne faut pas qu'elle pleure à la garderie sinon elle va dormir dans le parc encore aujourd'hui... Parce que oui, l'éducatrice, tannée de la réprimander, elle la remise dans un parc le temps que tout se replace. Mais on dirait bien que ça empire! Nous sommes vraiment découragés. Elle appréhende sa journée à la garderie et elle n'a plus vraiment de joie de vivre qu'un enfant de cet âge devrait avoir.

Est-ce qu'elle demande de l'attention? Nous, on a vraiment l'impression qu'elle en a beaucoup et qu'on a tout fait pour ne pas qu'il y ait une réaction à l'arrivée de sa sœur, mais 6 mois plus tard, est-ce possible?

Devrais-je consulter un psy pour enfants pour nous aider? L'éducatrice trouve ça très difficile aussi de gérer ces situations étant donné qu'elle a d'autres enfants à gérer... Pouvez-vous me conseiller SVP?

Merci!

Christine B.

 

Réponse :

Bonjour,

J’ai demandé la collaboration de ma collègue Sylvie Lavallée, coach familial qui se spécialise au niveau des 0-5 ans.

 

Bonjour Madame B., 

Je vous remercie pour avoir si bien résumé la situation, j’essayerai de mon côté de vous guider le mieux possible.

Au début de la lettre vous nous dites que votre fille a toujours eu une grande sensibilité aux bruits et une dépendance à la routine. Ceci est une information importante puisque ce que vous dites démontre une succession d’événements qui ont demandé à votre fille de s’adapter et de modifier sa routine quotidienne.

À trois ans, l’activité cérébrale est à son niveau le plus fort. Plusieurs liens synaptiques se forment pour permettre à l’enfant d’avoir accès à une vision plus globale de son environnement. En même temps, l’enfant peut devenir confus si plusieurs événements ou facteurs viennent s’interférer les uns avec les autres.

La répétition d’un message soutenu par une émotion crée un chemin neurologique que l’on nomme aussi « ancrage ». Cela a pour but d’automatiser certains apprentissages pour permettre d’en acquérir de nouveaux. Par exemple, lorsqu’on a appris à marcher, le geste devient automatique, donc on peut par la suite apprendre à courir et à sauter, etc. On ne peut jamais défaire un ancrage, mais on peut en créer de nouveaux. Par exemple, on peut aller à Québec par l’autoroute 40 ou changer et passer par l’autoroute 20 et arriver à la même destination.

Le résumé de votre lettre démontre que votre fille vit probablement de l’anxiété, ce  qui peut affecter les conditions idéales pour faire de bons apprentissages. Lorsqu’elle dit qu’elle ne veut plus aller à la garderie et qu’elle veut rester à la maison, qu’elle dit que sa sœur et vous, vous vous ennuyez d’elle, elle exprime à ce moment-là son besoin d’être rassurée et de vivre de la satisfaction.

Des situations similaires à la vôtre m’ont déjà été exposées et la plupart du temps, j’ai suggéré à mes clients de « décontaminer » la situation, c'est-à-dire de cesser temporairement d’alimenter la situation stressante et de reprogrammer (créer un nouvel ancrage) la situation.

Serait-il possible pour vous de retirer votre enfant de la garderie pour quelques jours (3 à 4 jours ou  faire une longue fin de semaine) et de reprendre cette activité progressivement? Voici un exemple d’une intégration progressive. Première et deuxième journées, vous y allez l’avant-midi au moment de l’activité (vous pouvez rester avec elle ou quittez si vous la sentez confortable) et vous revenez la chercher avant le dîner. Troisième et quatrième jours, laissez-la dîner avec les amis. Le cinquième jour, laissez-la pour la sieste et revenez la chercher à 15h. L’intégration progressive peut se faire sur une base d’une, deux, ou même trois semaines, selon le niveau de stress de l’enfant.

Aussi, vous posez une question sur la possibilité que votre fille ait vécu une réaction tardive à l'arrivée de sa sœur. Je vous répondrais que cela est tout à fait possible. Avant que votre fille comprenne l’impact de la nouvelle dynamique familiale, cela demande du temps.

Je vous invite à consulter un professionnel de la petite enfance si vous voyez que votre fille continue, malgré le moyen proposé ci-haut, d’avoir des comportements dérangeants et de vivre du stress et de l’anxiété.

En espérant que ma réponse pourra vous aider à améliorer et à harmoniser votre vie de famille.

Au plaisir

Sylvie Lavallée
Coach familial
Fondatrice de Sous mon Toi
Membre du Réseau Nanny secours

 

Voici quelques que références supplémentaires pertinentes :

 

Hélène Fagnan
Coach familial
Fondatrice de Nanny secours
www.nannysecours.com