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Et les pères, sont-ils aussi anxieux?

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Quand je suis stressé par un mot, je vais fouiller dans le dictionnaire. Sous le mot anxiété, il est inscrit: 

État de trouble psychique causé par le sentiment de l'imminence d'un événement fâcheux ou dangereux, s'accompagnant souvent de phénomènes physiques. 

Ce qui, pour des parents, résume assez bien le quotidien. Parce que, ne le cachons pas, en devenant parents, on devient automatiquement peureux. C'est une mutation génétique presque inévitable. 

On a beau se sentir invincible soi-même, quand il s'agit de s'occuper d'une petite personne (qui, par un mystère non expliqué, devient soudainement la plus importante au monde), c’est beaucoup plus angoissant.

Il nous pousse subitement un radar à danger. Radar bien inutile, puisque le danger est absolument partout : dans un coin de meuble, une marche d'escalier, un raisin pas coupé, une chaise, un ustensile, un bruit, un silence. Tout devient un piège, quand ils sont bébés. Si minuscules, si vulnérables.

On se dit naïvement que c'est une étape à passer, que le stress va disparaître à mesure qu'ils vieilliront. Erreur. L'anxiété se nourrit bien et grandit avec les enfants.

On réalise rapidement que c’était pas mal plus simple de gérer les dangers à petite échelle. Quand le territoire s'allonge, quand ils quittent notre champ de vision, notre maison, notre terrain, l’anxiété augmente.

Le plus grand défi reste de ne pas se laisser envahir, et surtout, d’essayer de ne pas transmettre toute cette anxiété à nos enfants. Stresser en secret, un beau défi.

Et chez le père?

Mais les pères, sont-ils aussi anxieux que les mères? 

D’abord, ce n’est pas un concours, ce n’est pas calculable et je ne peux pas parler pour les autres pères. Mais si j’avais à répondre, je dirais mmmoui. Pas exactement pareil, mais d’une autre manière.

On ne pense pas autant à tous les détails, on ne capote peut-être pas autant sur la faim, le froid, les virus, les souliers pas attachés et la peur qu’ils ne se blessent en sautant d’un trottoir, c’est vrai. En tant qu’ex-petits garçons, notre relation au risque peut sembler abstraite parce qu’elle est un peu différente à celle des mères. C’est sans doute que notre gestion du potentiel de danger est un peu plus rationnelle qu’émotive. 

Mais l’anxiété générale, la pression d’avoir des enfants, le stress du rôle parental, c’est bien là. On ressent un autre genre de peur à l’idée de ne pas faire la bonne chose pour notre famille, de prendre de mauvaises décisions ou de rater son coup. 

Ben oui parfois je me demande comment va virer leur vie, ce qu’ils retiendront de leur enfance et comment ils vont se débrouiller comme humains. On ne sait pas si on est sur la bonne voie. S’ils manquent un apprentissage important. S’ils ont les bons outils pour se bâtir une carapace devant les horribles pièges de la vie. Ne pas savoir, c’est ça qui m’angoisse.

C’est sur que peu importe ce qu’ils feront, je serai fier. Alors pourquoi stresser? Parce que c’est comme ça.

C’est le doute qui mène à l’anxiété. On veut donner le meilleur à notre enfant… sans toujours réussir à trouver le meilleur en nous-mêmes.

Je pense parfois qu’on s’accorde trop d’importance, les parents. Dans le sens que nos enfants pourront facilement trouver leur voie vers le bonheur sans qu’on leur tienne la main jusqu’au bout

Après tout, la meilleure façon d’améliorer leur souffle, c’est de les laisser respirer, non?

Et s’ils ont un jour assez de souffle pour prendre leur envol le cœur léger, alors peut-être qu’enfin, nous aussi les parents, on pourra enfin respirer mieux. Peut-être…

 

 

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