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La véritable valeur des petites victoires

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Dans les pages roses de votre vieux dictionnaire poussiéreux, il doit y avoir encore quelque part le proverbe « À vaincre sans péril on triomphe sans gloire ».
 
Quand j’étais jeune, je croyais que ça s’appliquait surtout aux jeux vidéo ou aux matchs de hockey dans la cour d’école : Quand c’est trop facile, c’est plate.
 
En vieillissant, j’ai compris que ça veut dire un peu plus que ça. Entre autres que la valeur qu’on accorde à quelque chose dépend de la difficulté qui lui était associée.
 
Les succès ne sont pas tous égaux, dans la vie. On ne peut pas quantifier exactement ce qu’est une « réussite » pour la simple et bonne raison que la barre n’est pas à la même hauteur pour tous.
 
Et justement, devenir parents, c’est découvrir une toute nouvelle échelle de valeurs. Parce que nous sommes confrontés à de nouveaux défis, à de nouvelles limites qui ne dépendent pas entièrement de nous. Ce qui semble banal pour les uns peut devenir une grande victoire pour les autres.
 
Quand on y pense, un peu comme la rareté, l’adversité donne une valeur plus importante aux choses. L’apprentissage ne se fait pas aussi vite chez tous les enfants. Les forces, les talents et les facultés ne sont pas distribuées uniformément. En ce sens, les petit pas sont souvent plus glorieux que les bonds de géant.
 
C’est vrai aussi dans le sport. Le visage du petit bonhomme qui compte enfin son premier but est toujours plus lumineux que celui qui vient d’enfiler son 38e. Deux buts qui n’ont pas vraiment la même valeur.
 
Même chose pour le cheminement scolaire. Voir un 60% dans un bulletin, c’est une horreur pour certains et un miracle pour d’autres. Ce n’est qu’un chiffre qui raconte des histoires bien différentes, selon les yeux qu’il croise.
 
Les exemples sont infinis. Je suis sans mot en regardant une amie qui se remet d’un AVC accumuler les petites victoires chaque jour. Le chum qui dit encore « non » à la bière qu’on lui offre machinalement, en oubliant qu’il en est à son 10e mois de sobriété. Et bien sûr le petit guerrier qui revient à l'école après avoir combattu de toutes ses forces une horrible maladie.
 
On a d'autres merveilleux exemples sous nos yeux ces jours-ci avec les jeux paralympiques. Rarement dans une compétition peut-on voir juste des gagnants, aucun perdant. Et c’est pourtant ça qu’on a devant les yeux en voyant ces athlètes. Leur simple présence est une immense victoire contre le destin.
 
Mais pas besoin d’aller si loin. À l’échelle domestique aussi, on a tous nos petites réussites. Comme parents, on connait les forces et les faiblesses de nos enfants. Et on adapte notre jugement en conséquence. Il y a des jours, je vous jure, juste trouver une paire de bas dans le panier à linge sale, c’est une victoire sacrément émouvante.
 
Parfois les gens jugent vite. C’est dans la nature humaine, faut croire, de vouloir se valoriser en calculant l’écart qui nous sépare du voisin. Mais la vraie mesure, elle n’est pas avec les autres humains. Elle est avec l’effort, la difficulté, le défi.
 
À vaincre sans péril on triomphe sans gloire, dit le proverbe. C’est vieux, mais c’est toujours vrai. Chaque moment d’adversité est une nouvelle chance de gagner.
 
Alors ne laissez personne diminuer vos petites victoires et celles de vos enfants. La véritable valeur, elle est dans vos yeux.