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L’art difficile de l’écoute

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L’être humain est rempli de besoins, physiologiques et psychologiques.
 
Pour moi, l’un d’entre eux est d’une importance primordiale : celui d’être écouté.
 
Dès la naissance, l’humain a besoin que quelqu’un soit à son écoute. Pour le nourrir et veiller à sa sécurité, bien entendu, mais aussi pour le rassurer, combler ses besoins affectifs, l’aider à socialiser et à se reposer.
 
Rapidement, les parents devinent quand bébé a besoin de ceci ou cela. Ils écoutent les signaux envoyés par leur poupon et tentent d’y répondre le plus adéquatement possible.
 
L’enfant grandit et change, ses besoins aussi.
 
Sans être une spécialiste de l’humain, je crois que ce qui ne change pas, c’est ce besoin d’écoute.
 
Or, même si nous avons tous besoin d’être écoutés, nous ne savons pas tous écouter. Et c’est là que ça se complique.
 
Souvent, les gens disent écouter. En fait, ils entendent, je crois.
 
Des sons, des mots, en surface. Mais, une multitude de facteurs font que la réelle écoute, celle des profondeurs, n’est pas au rendez-vous.
 
Ce n’est pas par mauvaise intention. On est ainsi fait.
 
Lorsque que quelqu’un, enfant ou adulte, s’ouvre à nous, on peut avoir tendance à :
  • Chercher une solution à son problème (tu devrais…)
  • Ramener le sujet à nous (Moi, quand ça m’est arrivé…)
  • Lui dire comment il devrait se sentir (C’est une super nouvelle/c’est une catastrophe !)
  • Se sentir attaqué(e) (Bon ! C’est de ma faute !)
  • Minimiser ce qu’il ressent (T’en fais pas, ça va aller…)
  • Se laisser envahir par nos propres émotions et souvenirs et ainsi « tasser » ce que l’autre ressent actuellement
  • Insister pour que l’autre en dise plus… ou qu’il arrête de parler d’un sujet qui nous dérange
Etc.
 
Ce n’est pas facile, d’offrir une bonne écoute. Surtout quand on est impliqué émotivement avec la personne. Ce n’est pas pour rien que les thérapeutes existent !
 
Mais, sans être les thérapeutes de nos proches, on peut les écouter.
 
Pour cela, il faut ouvrir grand les oreilles, encore plus grand le cœur et se fermer un peu plus la bouche…
 
Cela ne veut pas dire de demeurer hyper silencieux. Sinon, on peut avoir l’air de se foutre de ce que l’autre dit…
 
Pas facile de trouver l’équilibre, je sais. Je le cherche chaque fois qu’on se confie à moi. Parfois, je n’y arrive pas trop mal. Parfois, je me dis que je n’ai vraiment, vraiment pas été à l’écoute. Quand ça arrive, je tente de m’en excuser et je demande une autre chance d’écouter mieux…
 
C’est impossible d’écouter parfaitement. Je pense toutefois que l’écoute sincère de l’autre, en tenant compte de nos lacunes, de nos travers, demeure un superbe cadeau à offrir.
 
Écouter l’autre, dans ses joies comme dans ses peines. Lui permettre d’être ce qu’il est, pendant quelques minutes, quelques heures. L’accueillir dans ses émotions, en tentant de ne pas juger, ne pas nier et ne pas tenter de modifier son ressenti parce que ce dernier nous rend mal à l’aise…
 
Et si, pour quelque raison que ce soit, on ne se sent pas la force d’accueillir l’autre, le lui expliquer. Lui donner rendez-vous pour une prochaine fois, lui présenter une personne plus apte que nous à l’écouter sur ce sujet ou à ce moment. Ou juste le prendre dans nos bras, avouer notre sentiment d’impuissance et simplement, l’aimer…
 
Au lieu de l’éviter, de lui raccrocher au nez. Au lieu de lui dire de se taire (ou de se terrer…)
 
Au lieu de s’enfermer dans le mutisme qui peut sembler réprobateur, dire à l’autre « Je t’ai entendu(e). Je ne sais pas nécessairement comment composer avec ça, mais je reconnais ton sentiment. Je te donne le droit de le ressentir. »
 
Parfois, c’est tout ce que ça prend aux petits comme aux grands pour aller un peu ou beaucoup mieux.
 
Se sentir entendus et acceptés.
 
Et ce qui est bien, avec l’écoute, c’est qu’on peut la développer et la donner, peu importe notre histoire, notre situation économique, notre scolarisation, notre âge…
 
Tous les enfants n’iront pas à Disney World dans leur vie. Mais tous pourraient se souvenir d’avoir été vraiment écoutés…