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Le deuil périnatal

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Qu’y a-t-il de plus douloureux que de croire à la réalité de la mort de l’enfant qu’on a amoureusement porté? Pour de jeunes parents vivant un deuil périnatal, le choc est parfois d’autant plus intense qu’il s’agit souvent d’un premier contact avec la mort. Cela peut être d’autant plus dramatique qu’il s’agit de la perte d’un enfant, parfois banalisée par l’entourage.

Les parents qui perdent un bébé pendant la période périnatale ressentent de la honte, de la perte d’estime de soi et de la culpabilité parce que, contrairement aux autres parents, ils n’ont pas réussi à mettre au monde un enfant vivant. Ils ont profondément besoin d’aide , de compréhension et de temps, pour vivre leur deuil.

Manon Cyr, infirmière spécialisée en deuil périnatal au CSSS de Vaudreuil-Soulanges souligne qu’au Québec, une grossesse sur quatre ne se terminera pas par une naissance : « Quand une femme se présente à l’urgence pour une fausse-couche ou dans une unité de naissances pour un décès périnatal, elle ne reçoit pas toujours les services psychosociaux ou les informations auxquels elle a droit, déplore Madame Cyr. Parce que le centre hospitalier ne s’est pas doté d’un protocole pour l’aider à surmonter l’épreuve qu’elle et son conjoint traversent, autant physiquement que psychologiquement.  Les protocoles ne sont ni standardisés, ni égaux d’une région à l’autre même si les besoins sont là. C’est beaucoup de traumatismes et de détresse qui sont ignorés. »

Il y a une importante lacune au Québec en matière de services et de suivi aux parents qui vivent un deuil périnatal. C’est actuellement le milieu communautaire et les CSSS qui font le suivi des couples endeuillés (quand ils leur sont signalés par les centres hospitaliers).

Rituels funéraires

On sait maintenant que le deuil des parents commence avec les rituels funéraires, deuil d’autant plus difficile à faire qu’autrefois on ne montrait même pas aux parents le bébé décédé, ce que l’on fait désormais. Cependant, les hôpitaux n’ont pas tous le même protocole (quand ils en ont un) en matière de deuil périnatal.

Au CHU Ste-Justine, par exemple, on propose aux parents de laver le bébé, l’habiller, prendre une empreinte de pied, conserver une mèche de cheveux, prendre des photos afin de créer des souvenirs de l’enfant trop tôt disparu, de lui donner un nom afin de le rendre réel pour soi et les autres, pour aider à s’adresser à lui en pensée et en souvenir.  

Certains hôpitaux ont des ententes avec des maisons funéraires pour offrir des arrangements à moindres coûts. De plus en plus de couples endeuillés font pression pour obtenir une reconnaissance, sociale ou juridique, de leur bébé perdu en cours de grossesse et les funérailles pour fœtus sont de plus en plus pratiquées.

L'Église propose depuis très longtemps la cérémonie des anges, pour des enfants morts très peu de temps après leur naissance. Sur un plan plus profane, depuis quelques années, des parents endeuillés se réunissent pour la fête des anges en mémoire de ces enfants qui décèdent pendant la grossesse, à la naissance ou dans les premières années de vie, couronnée par une envolée de ballons. Cette année, cette cérémonie aura lieu le 15 octobre, qui est également la Journée québécoise de sensibilisation au deuil périnatal (une initiative de l'Association Parents Orphelins).

 


 

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À lire également

Le deuil périnatal, p. 46 du magazine Yoopa, septembre 2011