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Ma fille de 4 ans parle de sa mort...

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Question :

Bonjour,

Depuis un certain temps, ma fille de 4 ans et demi nous parle régulièrement (presqu'à tous les jours) de sa mort ou de la mort en général. Voici le type de phrase qu'elle peut nous dire : 

  • «Maman, quand je vais me faire écraser, vous vous allez avoir de la peine hein?»
  • «Moi, je n'ai pas envie d'aller dans le ciel, je vais trop m'ennuyer»
  • «Moi, je ne veux pas mourir»

Elle a même dessiné un monsieur mort pour son grand-père!

Il n'y a pas eu d'élément déclencheur, pas de décès, pas de lecture ou de film qui aurait pu déclencher cette vague de questionnement. Elle ne semble pas anxieuse lorsqu'elle en parle et ça ne semble pas l'inquiéter. Je me demande d'où viennent toutes ces questions. S'il s'agit d'interrogations, devrions-nous aborder le sujet avec elle au travers de livres sur le deuil? Est-ce seulement de la curiosité que nous devrions assouvir? J'hésite grandement à aborder le sujet plus en profondeur avec elle, de peur d'alimenter sa fascination pour la mort...

Merci de porter attention à mes questionnements,

Geneviève

 

Réponse :

Bonjour Geneviève,

Je comprends votre inquiétude. Je ne peux pas non plus vous dire d’où viennent ces questions. Surtout que rien ne semble avoir déclenché son questionnement. Vous dites qu’elle ne semble pas anxieuse lorsqu’elle en parle. Elle est probablement curieuse. J’aurais tendance à vous dire de répondre à sa question sans vous lancer dans une grande explication. Peut-être qu’une fois qu’elle aura fait le tour de ses questions, elle changera de sujet! ;) Cependant, j’ai tenu à vous procurez une réponse un peu plus exhaustive alors j’ai demandé le son de cloche de à l’auteure du livre « Est-ce que tout le monde meurt » Lynne Pion.

 

Bonjour, 

L'inquiétude que vous décrivez face à votre fille de quatre ans qui vous parle et vous questionne régulièrement sur la mort est tout à fait normale.

Lorsque le thème de la mort est abordé par les enfants, les parents s'inquiètent et ne savent pas toujours s'ils doivent vraiment aborder ce thème avec les petits, mais surtout les confrontent à leur propre relation avec la mort, à leur propre mort. Ne nous leurrons pas, la mort se chuchote encore du bout des lèvres dans plusieurs milieux.

Laissez-moi vous rassurer! Les questions de votre fille et sa « fixation » sur la mort sont tout à fait normales. Elles font partie du processus de maturation. Les questions philosophiques et existentielles en sont à leur balbutiement.

Dès l'âge de 4 ans, parfois un peu plus tôt, les enfants commencent à se questionner sur la mort, ce que peuvent ressentir les gens décédés : « Est-ce que ça fait mal mourir? »,    « Comment on meurt? », « À quel âge, on meurt? », « Pourquoi on meurt? », « Est-ce que tu vas mourir maman, papa? ». 

À cet âge, votre enfant peut comprendre, si vous lui expliquez, que la mort, c'est l'arrêt des fonctions vitales; le cœur ne bat plus (il ne fait plus de poum poum, poum poum), le corps arrête de respirer, le corps ne bouge plus, la personne décédée n'entend  pas et ne parle pas, etc. Par ses questionnements, elle désire apprendre ce que vous savez sur le sujet. Trop d'adultes évitent d'y répondre à cause du malaise qu'ils ressentent. Répondez-lui tout simplement avec amour, avec  des mots qu'elle comprendra. Validez sa compréhension. 

Vous parlez aussi d'un dessin qu'elle a fait pour son grand-père. Avez-vous interprété le dessin? Lui avez-vous demandé ce qu'il représentait et pourquoi elle avait dessiné « le monsieur mort »? Les adultes interprètent les dessins des enfants trop souvent sans les questionner. L'imagination des petits est magnifique et lorsque nous les questionnons, nous avons droit à des réponses étonnantes et souvent rassurantes.

Il y a plein de vie, toute une vie dans la mort. La vie a un début et une fin. Votre fille vous fait confiance. Parler de la mort aide les enfants à apprivoiser l'inconnu, les séparations, les futurs deuils inévitables dans la vie. Vous pouvez l'aider énormément en n'évitant pas le sujet. Pour le moment, je vous suggère de questionner votre fille sur l'intérêt soudain qu'elle découvre sur le thème de la mort. Est-ce qu'un ami à la garderie en a parlé? (Mort d'un animal de compagnie ou d’un être cher.) Est-ce qu'elle a vu un insecte mort? A-t-elle entendu des adultes parler d'un ami malade qui allait mourir? Dans les jeux virtuels ou non, les enfants disent qu'ils sont morts sans vraiment comprendre le sens de l'irréversibilité, de l'universalité, de la causalité. Ils entendent aussi les enfants plus vieux et/ou les adultes dire : « Je suis mort de fatigue », « Je suis mort de peur », « Je suis mort de faim », etc. 

La mort est omniprésente dans leur vie. Via Par exemple, dans les films : Némo qui perd sa mère, le roi lion qui meurt, les frères l'ours, etc.; dans les contes, les jeux électroniques (une mort, mais trois vies!). 

Votre accompagnement lui permettra de s'ouvrir et d'être plus à l'aise avec les couleurs de la vie et de toutes les apprécier. Lui permettra aussi d'y faire face plus sereinement et de mieux comprendre lorsqu'elle aura à vivre son premier deuil. De plus, il augmentera votre lien de confiance, car elle sait que vous pourrez répondre à ses questions quelles qu'elles soient. Vous aurez évité la procrastination des réponses à ses questions. Et n'oubliez pas... il est possible qu'un parent ne possède pas toutes les réponses, et c'est tout à fait humain de le lui dire.

Pour vous aider à répondre à des thèmes aussi abstraits que la mort, le deuil, la vie, je vous invite à vous référer à des outils tangibles comme les livres, le dessin, les jeux de rôles avec des petits personnages et à utiliser votre imagination d'adulte, votre «ressenti». Vous êtes la meilleure personne pour parler de ces thèmes avec votre fille, vous lui léguerez vos perceptions tout en lui laissant sa part d'imagination pour ses croyances.

Plus vous serez à l'aise à répondre à ses questions, plus vous l'aiderez dans son processus de maturation. Qui sait, peut-être qu'un jour, ce sera elle qui saura répondre aux questions de ses amis avec les mots justes?

Geneviève, j'espère sincèrement avoir réussi à vous rassurer en vous confirmant que votre fille évolue très bien.

Lynne Pion
Auteure et conférencière
http://lynnepionauteure.blogspot.ca/

 

J’espère que cette réponse vous aura rassuré. Je vous invite à vous procurez son excellent livre, disponible dans la boutique en ligne de Nanny secours.

Bonne journée!

Hélène Fagnan
Coach familial
Fondatrice de Nanny secours
www.nannysecours.com

 

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