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L’infertilité touche un couple sur six, et ses impacts sont nombreux. Regard sur un problème de plus en plus fréquent.

Qu'est-ce que l'infertilité?

Il faut distinguer stérilité et infertilité. Être stérile, c’est ne pas avoir la capacité biologique de concevoir un enfant. L’infertilité est plutôt la difficulté à concevoir un enfant après une période raisonnablement longue de relations sexuelles non protégées. Pour les femmes de moins de 35 ans, on parle de 1 an; alors qu’à plus de 35 ans, on estime qu’un couple est infertile après six mois d’essais infructueux.
 
Santé Canada rapporte que l’infertilité a doublé chez les Canadiens depuis les années 1980. Selon Virginie Kieffer Balizet, présidente et porte-parole de l’Association des couples infertiles du Québec (ACIQ), plusieurs raisons expliquent le phénomène: «La fertilité décroît à partir de
25 ans et l’âge moyen des femmes au moment du premier accouchement est de 30 ans. Notre environnement est pollué. Les maladies sexuellement transmissibles se propagent à vitesse grand V. Même le stress peut empêcher la fécondation.» Les causes peuvent donc être physiques, psychologiques et même environnementales.
 
Personne n’est à l’abri de l’infertilité. Un couple parfaitement fertile dans la vingtaine peut faire face à l’infertilité dans la trentaine alors qu’il désire un deuxième ou un troisième enfant. Peu importe l’origine du problème, l’infertilité engendre un tsunami d’émotions chez ceux qui y font face.
 
Des répercussions à large spectre 

La première sphère de vie qui est affectée est la sexualité du couple. «Quand on n’a plus de plaisir, on a rarement du désir», explique Geneviève Labelle, sexologue. L’incapacité à concevoir un enfant met de la pression sur le couple, ce qui se traduit par divers problèmes allant des difficultés érectiles jusqu’à une grande détresse psychologique. Un constat que partage Danièle Tremblay, psychologue et spécialiste en fertilité: «La sexualité médicalement assistée n’est plus un échange de plaisir et d’amour, c’est un acte de procréation.»
 
La désynchronisation des sentiments est aussi au banc des accusés. «L’infertilité éloigne, car les amoureux ne sont pas capables de partager leurs émotions», explique Danièle Tremblay. Monsieur est souvent relégué au rôle du motivateur qui encourage sa conjointe, mais il vit aussi des émotions qu’il cache pour ne pas ajouter à la peine de sa douce moitié.
 
L’infertilité conduit parfois à la rupture. Selon madame Labelle, «un couple sain et authentique va survivre à ça. Mais un couple qui est déjà fragile sera plus affecté par l’infertilité.» Pour traverser la tempête, le couple gagnera à communiquer en profondeur, à rire ensemble de la situation et à consulter un sexologue. «Les gens sont à l’aise de voir un psychologue, mais le bureau d’un sexologue leur fait peur. C’est encore tabou», se désole Geneviève Labelle.
 
On aurait tort de croire que seule l’intimité du couple est touchée. «C’est une réelle crise développementale: la personne a peur de ne pas se réaliser dans sa plénitude», explique Danièle Tremblay. L’infertilité engendre aussi un impact à l’échelle familiale et sociale. «Les femmes aiment échanger sur le sujet. Être infertile, c’est donc être marginalisé. Sans compter que pendant qu’un couple souffre d’infertilité, plusieurs amis auront des enfants. Le malaise s’installe et ça affecte douloureusement l’identité sociale», précise l’experte. C’est pour cette raison que l’Association des couples infertiles du Québec (ACIQ) offre un service de marrainage. «L’isolement s’installe, malgré un entourage compatissant. L’infertilité n’est souvent comprise que par les gens qui l’ont vécue», explique madame Kieffer Balizet. 
 
L’infertilité est un problème de société qui nous concerne tous. «Avoir honte d’être infertile, ça devrait être dépassé, mais c’est encore réel», constate avec chagrin la présidente de l’ACIQ. «En revanche, il faut être réaliste, suggère Geneviève Labelle. Faire un bébé
à 40 ans risque de prendre plus de temps qu’à 22 ans. C’est une simple question biologique et c’est tout à fait normal.»
 
3 outils utiles
 
Heureusement, il y a de l’espoir! Avant de faire le deuil de votre projet de famille, voici des pistes de solutions à envisager. 
 
1. Les tests d’ovulation
 
Vendu en pharmacie et disponible sur internet, le test d’ovulation s’utilise comme un test de grossesse. Une ligne apparaît à l’approche de la période ovulatoire et permet de déterminer le meilleur moment pour avoir un rapport sexuel dans le but de procréer. Facile d’utilisation et peu coûteux.
 

Nouvelle option approuvée par Santé Canada, le système Stork est un dispositif d’insémination par cape cervicale. Une technique qui, selon plusieurs études scientifiques, augmente de 10 à 20 % les chances de concevoir. Une gaine de collecte de sperme s’utilise comme un condom et un applicateur sert ensuite à placer une cape cervicale contenant le sperme près du col de l’utérus, favorisant ainsi la rencontre entre spermatozoïdes et ovule. Efficace, ce système s’utilise dans le confort de votre foyer. Il ne comporte ni hormone ni médicament et coûte une centaine de dollars. 
 
3. La procréation assistée
 
Un couple peut subir des examens exhaustifs pour déterminer la cause précise de son infertilité et trouver le traitement le plus approprié pour contourner le problème: fécondation in vitro, insémination intra-utérine, ponction ovocytaire, etc. Ce suivi est effectué en clinique spécialisée. Il s’agit de l’option la plus coûteuse, la plus effractive, mais la seule qui cible les causes de l’infertilité. Ces soins sont dispensés dans quelques hôpitaux québécois et cliniques privées. cliniqueovo.com  
 

Pour plus d’info

- Association des couples infertiles du Québec

- Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité

- Association des sexologues du Québec

 

Ce texte a été publié dans le numéro d'avril-mai 2015 du magazine Yoopa.