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«Un rien me fait pleurer : suis-je normale?»

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«Avoir les émotions à fleur de peau est une sensation étrange pour bien des mamans. Celles-ci se demandent pourquoi elles réagissent autant intensément et pourquoi des petits riens les bouleversent autant. Bref, elles ne se comprennent plus. Tour d’horizon de ce bing bang d’émotions.
 
« Qu’est-ce qui se passe? Je ne me reconnais plus! »
Parfois, en devenant maman, on se retrouve à vivre de nouvelles émotions qui nous laissent un peu soucieuses. Si habituellement, on était en plein contrôle, nous voilà émotive, toujours la larme à l’œil. Pire : pour des peccadilles, on explose. On sent qu’un volcan d’émotions gronde en permanence en nous. Et le tout explose… en larmes.
 
« Chez la nouvelle maman, il y a différents aspects qui peuvent expliquer sa grande sensibilité. D’abord, il y a le cocktail d’hormones encore présent en elle qui peut jouer sur son humeur.
 
Aussi, on ne doit pas oublier qu’environ trois jours après l’accouchement, souvent en concordance avec la montée de lait et le retour à la maison, le baby blues peut expliquer pourquoi elle peut pleurer pour un truc qui ne l’aurait même pas dérangé avant », explique Véronique Boisvert, sexologue, directrice du Centre de services personnalisés pour parents En t’attendant et auteur de Bien vivre sa période postnatale.  
 
À cette dose d’hormones influentes s’ajoute le manque de sommeil. « La fatigue a un impact sur nos émotions. Personne n’est habitué à avoir un sommeil perturbé. Même si notre bébé ne se réveille qu’une seule fois dans une nuit, il reste qu’il y a une coupure et que notre sommeil n’est pas aussi réparateur », note Véronique Gauvin, accompagnante à la naissance et coach familial et personnel chez Pour la vie coaching.
 
On ne doit pas oublier, non plus, que la maternité appelle une certaine perte de contrôle. Même qu’à chaque étape de notre vie de maman, il y aura des moments où on doute plus que d’autres. On peine à se reconnaître et notre vie a un peu moins de stabilité qu’avant. Ce flou peut nous rendre un peu plus émotive.
 
« Oui, mais les autres… »
« Les attentes fragilisent les mamans! Autant celles que la maman se met elle-même que celles provenant des autres. La pression sociale est très forte. Dès qu’une maman sent qu’elle n’arrive pas à combler les standards, elle se dévalorise », souligne Véronique Boisvert.
 
Cette atteinte dans son estime de soi vient briser sa confiance et réveille des blessures. « Pour s’en défaire, il faut essayer de se demander pourquoi l’opinion des autres ou une remarque nous atteint autant? Qu’est-ce que ça dit sur nous?
 
Ensuite, on essaie de mieux recadrer le tout dans notre réalité en se rappelant nos valeurs personnelles, notre personnalité et notre façon d’être maman », propose Mme Boisvert.
 
Les remarques que les autres font sur notre façon d’être mère entrainent des doutes « Est-ce que c’est de ma faute? » ou  « Qu’est-ce que je ne fais pas correctement? ». Le tout nous rend donc nerveuses, fragiles et sensibles.
 
Finalement, la maternité romancée — celle qu’on voit dans les magazines, les émissions télévisées et les films – nous induit en erreur. « Quand on voit les mamans à la télé avec leur brushing et que nous, on est en mou avec une toque sur la tête, on a l’impression que rien ne marche pour nous. La maternité idéalisée est loin de notre réalité.
 
Mais on oublie de dire aux mamans qu’allaiter, s’occuper d’un bébé, ne pas dormir, eh bien c’est dur! La même chose arrive quand on regarde tout ce qui passe sur Facebook. Là aussi, tout est idéalisé », constate Véronique Gauvin.  Pour moins être atteinte, et moins pleurer, il faut garder une distance entre nous et la pression sociale qui retombe sur les épaules des mamans.
 
Bien vivre ma période postnatale. Par Véronique Boisvert, Les éditeurs réunis, 2010. ISBN : 9782895850380. 21,95$