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Éternelle mineure

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En 1563, la cérémonie religieuse du mariage devant un prêtre et des témoins devient obligatoire dans le monde chrétien. La femme passe ainsi sous l'autorité de son mari, qui endosse la responsabilité de l'honneur de la famille.  Son épouse lui doit alors obéissance et soumission.

En Nouvelle-France, à l’intérieur de la famille, les principes d’autorité, de respect et d’obéissance sont la norme sociale. Si un membre de la famille oublie de se soumettre à ces principes, le chef de famille a le droit d’appliquer une correction corporelle modérée et d’accomplir le rôle de «dresseur» des mineurs. Le mari jouit du même privilège à l’égard de sa femme puisqu’elle est, juridiquement, égale à un enfant mineur.

On voit d’un bon œil un mari qui corrige sa femme, mais sans excès[2], et on considère que le châtiment corporel doit être justifié par un comportement anormal de la femme, mais certaines limites doivent être respectées.

On doit s’abstenir de corriger son épouse avec un instrument tranchant, comme un couteau, un sabre, une hache, ainsi qu'avec un bâton, une perche ou un tronc d’arbre. On ne doit pas assener de coups sur un organe sensible et considéré vital. On recommande donc de ne pas frapper fort sur la tête, les seins ou le ventre.

Le Code Napoléon renforce l'autorité maritale et excuse le meurtre de l'épouse par l'époux en cas d'adultère. L'adultère du mari n'est sanctionné que s'il est commis sous le toit familial et de façon répétée, tandis que celui de l'épouse prise en flagrant délit est passible d'une réclusion en maison de correction. Le mari qui venge son honneur par un homicide bénéficie d'une certaine tolérance.

Aux alentours du 17e siècle, on croit qu’un «mari ne peut être coupable d'un viol commis sur sa femme légitime, puisqu’elle n’est pas considérée comme un être à part entière susceptible d'être violé – elle n’existe plus en dehors de son mari».

Dans les procès civils de demande de séparation, pour obtenir gain de cause, l’épouse pouvait invoquer les mauvais traitements, l’alcoolisme et l’irresponsabilité familiale de son époux. Si elle pouvait démontrer au juge que son mari la battait avec des bâtons, avec les pieds ou même avec ses poings pendant longtemps, ou encore qu’il laissait ses enfants tout nus, elle pouvait avoir gain de cause.

Le Code civil français de 1816 supprime le droit au divorce et ne le rétablit qu’en 1884, exclusivement pour faute (adultère, sévices, etc.).

 

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[2]Correction de la femme