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Bébé pleure, crie, hurle et sourit: il vous parle!

Croissance bébé et enfant 0-24 MOIS image article

Si nous avons vu dans l’article Communiquer avec son fœtus: oui ça se peut! que la communication mère-enfant se fait déjà in utero, nous verrons ici comment elle se poursuit une fois bébé né. M. Stephan Valentin, docteur en psychologie spécialiste de la petite enfance, a rédigé tout un bouquin sur le sujet: Quand mon bébé me parle (1).

Trois heures du mat’, vous somnolez enfin depuis la dernière tétée de bébé. Cet instant de calme est tout simplement délectable. Et là, inévitablement, Junior vous réclame, pétant à grands cris votre bulle de silence.

Ne soyez pas si excédée: votre enfant, cet ange merveilleux que vous avez couvé durant 39 longues semaines, tente d’établir le contact avec vous…

Peut-être trouvez-vous qu’il ne s’y prend pas de la bonne façon, mais c’est la seule qu’il connaisse pour vous garder près de vous et s’assurer que ses besoins sont comblés: faim, soif, amour, chaleur, sécurité.

Vous êtes à un cheveu de sortir du lit quand votre conjoint –cet homme extraordinaire qui, lui, fait ses nuits – vous glisse: «Laisse-le donc pleurer, il va finir par se rendormir tout seul. Sinon, tu vas finir par le gâter.»  Ce papa, aussi intelligent soit-il, ignore sûrement qu’un jeune bébé a davantage de chances de devenir autonome dès l’âge de 1 an, s’il a eu une maman – un parent – qui a répondu dans un délai raisonnable à ses pleurs, c’est-à-dire entre 5 et 20 minutes.

Cette affirmation ne vient pas de moi, mais de la théorie de l’attachement d’une dénommée Mary Ainsworth. Dans les années 70, cette docteure a démontré qu’un enfant de un an qu’on a laissé pleuré a moins de chances d’être autonome que celui à qui on a répondu rapidement.

Cette relation d’attachement est primordiale dans le développement du petit parce qu’elle lui procure un sentiment d’assurance, de protection, de consolation et de bien-être. En l’absence d’une réponse rapide, le bébé peut ressentir un stress en associant sa solitude à la perte de sa mère.

Les bons conseils des autres…

Comme toutes les mères, on vous a donné une foule de conseils et vous avez lu une tonne d’infos sur l’art de prendre soin d’un poupon. Vous y avez appris de nombreux trucs et leur contraire, en vous accrochant désespérément à ce dernier article qui dévoilait tous les secrets pour que bébé cesse de hurler et fasse ses nuits.

Mais tous vos efforts se sont lamentablement soldés par un échec. Pourquoi? Parce que bébé a besoin d’être dans vos bras, besoin de sentir votre peau, les battements de votre cœur, d’entendre votre voix.

Depuis que le monde est monde, les mamans portent contre elles leur bébé : du temps de la cueillette, les walkies-talkies Fisher Price et les poussettes 4WD n’avaient pas bonne presse, et les femmes préféraient garder poupon sur leur dos, tout emmitouflé dans une écharpe.

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle, quand l’Église s’est improvisée puéricultrice, qu’on s’est mise dans la tête que la place de bébé était dans un berceau. En fait, on voulait éviter la promiscuité bébé-maman dans un même lit pour réduire les risques d’étouffements et de morts accidentelles. Outre cette noble raison, l’Église désirait également empêcher tout contact charnel…

Il faudra attendre le XXe siècle pour réintégrer dans les mœurs la notion de promiscuité mère-bébé. Bébé vous hurle après? «Le meilleur berceau est celui qu’on ne peut bercer» déclare, en 1965, le Dr Bouffard, pédiatre.

 

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(1) Quand mon bébé me parle, comprendre ses messages et y répondre, Stephan Valentin, Jouvence éditions.