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Curiosité: défaut ou qualité?

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La curiosité est essentielle au développement intellectuel de l’enfant. Mais les petits semblent constamment avoir mille questions en tête. Et certaines sont parfois indiscrètes. Doit-on répondre 
à toutes ces interrogations?

Chez l’adulte, la curiosité est souvent considérée comme un vilain défaut parce qu’elle est associée à l’indiscrétion. Mais 
chez l’enfants, elle démontre une envie d’apprendre qu’il faut encourager.

Sa curiosité témoigne donc de son intelligence. À l’opposé, un manque de curiosité peut dénoter une timidité excessive. «Les enfants naissent "vierges" sur le plan intellectuel, nous informe la travailleuse sociale et thérapeute familiale Claire Leduc. Ils se questionnent donc beaucoup pour comprendre ce qui se passe autour d’eux.»

Lorsqu’on ne répond pas à leurs questions, on risque d’étouffer leur imagination, leur désir d’apprendre. Mais quand notre enfant semble avoir constamment 13 questions à la douzaine, comment peut-on lui faire comprendre que trop c’est comme pas assez?

Quand la curiosité se fait indiscrète

On l’a dit: la curiosité est essentielle à tout être humain pour satisfaire sa soif de connaissances et ainsi nourrir sa culture générale. Par contre, il y a certaines frontières que la curiosité ne devrait pas traverser qui font que cette dernière devient ce qu’on appelle de l’indiscrétion.

Quand les questions de notre enfant semblent motivées par un besoin d’inquisition ou d’espionnage, il faut lui faire comprendre que la curiosité a ses limites. Et bon nombre d’enfants tenteront de franchir ces limites dès l’âge
de six ans. On doit donc leur apprendre à s'abstenir de poser certaines questions intimes, qui ne contribueront par ailleurs aucunement à leur cheminement personnel.

Ainsi, si notre jeune de sept ans nous demande combien de fois par semaine on fait l’amour — un cas vécu par une copine! —, il entre dans une zone d’intimité qui ne le regarde pas.

On doit alors lui dire très gentiment que cette question
ne le concerne pas et qu’il s’agit de la vie privée de papa et maman. Les enfants doivent faire la différence entre les questions d’ordre général et celles qui ont trait à la vie privée des gens. Il en va d’un certain savoir-vivre instauré par les lois tacites établies par notre société.

Quand ça dépasse les bornes

Dans leur besoin d’assouvir leur soif de connaissances, nos enfants dépassent parfois les bornes quand leur curiosité se manifeste de façon compulsive. «Certains enfants posent une foule de questions pour attirer l’attention des adultes. Or, si notre jeune nous questionne beaucoup dans une journée, il faut se demander quelles sont ses motivations. Est-ce un besoin particulier d’affection ou d’appréciation qu’il manifeste ainsi? Est-ce qu’il y a eu des bouleversements dans sa vie, l’arrivée d’un bébé, par exemple?

Par ailleurs, vers l’âge de trois ans, c’est le début de la socialisation, ce qui peut rendre certains enfants un peu anxieux. Les petits ont beaucoup d’habiletés sociales à apprendre, et leur nervosité peut se traduire par un babillage incessant. Ils ont aussi besoin, à cet âge, qu’on les valorise souvent.

Durant cette période, certains enfants vont rechercher de la reconnaissance dans leur entourage, et leur besoin d’attention va se traduire par un mitraillage de questions.» Ce qui peut user la patience de plusieurs... Que fait-on alors quand on n’en peut plus?

Établir ses limites

On veut bien répondre à la énième question 
que nous pose notre enfant depuis une heure, mais voilà, on est à bout. On rêve de quiétude, de silence. Et, à la place, on se paie une bonne dose de culpabilité quand on réalise qu’on souhaite que notre petit se taise.

« Se sentir envahi par nos enfants, c’est épuisant. C’est donc important d’établir ses limites. Une fois qu’on a pris soin de notre petit, qu’on a joué avec lui, on a le droit de fixer nos frontières pour nous retrouver», nous dit Claire Leduc. Mais que fera-t-on de la culpabilité qui nous envahira rapidement? Car ne doit-on pas encourager justement la curiosité et l’intérêt de notre enfant? Et trouver des réponses pertinentes comme un adulte responsable?

«Premièrement, on ne peut pas tout savoir, et c’est important de le dire à nos enfants. S’il nous pose une question à laquelle on n’a pas de réponse, il faut être capable de l’admettre et de dire: “Maman ne le sait pas.”

Deuxièmement, quand on sent qu’on n’en peut plus, on établit nos limites et on informe notre enfant qu’on souhaite une période de silence.
 Par exemple: “Papa veut préparer le souper en silence; veux-tu lire un livre pendant ce temps?” S’il est assez vieux, on peut aussi lui proposer d’aller jouer dehors. Il vaut mieux fixer ses limites avant de se sentir envahi, sinon on risque de devenir impatient avec nos enfants, ce qui n’est pas souhaitable. L’enfant qui se fait crier après se sent davantage rejeté que si on lui exprime son besoin de tranquillité», affirme Mme Leduc.