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La modestie, ça s’apprend!

Croissance bébé et enfant 4-5 ANS image article
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On leur dit constamment qu’ils sont beaux, qu’ils sont bons et qu’ils sont fins. Mais à trop vouloir qu’ils aient une bonne estime d’eux-mêmes, sommes-nous en train d’en faire de petits vantards? Le temps est peut-être venu de les initier à la notion de modestie... 

Visiblement, ce concept est loin d’être simple à inculquer aux enfants. En fait, cela doit se faire en toute subtilité. «Je suggère aux parents d’enseigner la modestie de façon indirecte, c’est-à-dire par les réactions aux gestes d’un enfant; par exemple, on le félicitera adéquatement, ni trop, ni trop peu, explique la psychologue Marie-Claude Hébert.

S’il a juste rangé son verre, il est préférable d’éviter de s’exclamer comme s’il venait de transformer l’univers. Il s’agit simplement de le remercier et de lui laisser savoir que son petit geste est apprécié.»

Constatant que les parents se posent souvent des questions concernant l’ego de leur progéniture, Marie- Claude Hébert se fait rassurante. Les enfants d’âge préscolaire ont besoin des félicitations de leurs parents. Ce sont ces derniers qui leur renvoient une image favorable d’eux-mêmes.

Mme Hébert précise d’ailleurs que, en général, il est normal d’entendre un tout-petit se targuer d’être bon. Et l’adulte peut abonder en ce sens sans problème.

Le piège de la survalorisation

Là où ça se corse, c’est quand l’enfant entre à l’école et croit qu’il est meilleur que tout le monde, par exemple. Diane Boily, fondatrice de l’organisme Estime de soi, indique que la survalorisation des jeunes d’aujourd’hui peut être néfaste.
Il y a une différence entre valoriser son enfant et le survaloriser, fait-elle remarquer.

La survalorisation est un piège, parce qu’elle renvoie à l’enfant une image selon laquelle il est parfait. On n’a rien à gagner à éduquer un enfant de sorte qu’il se croie plus fort ou plus intelligent que les autres, parce qu’un enfant qui se sent plus fort ou plus intelligent sera rejeté par les autres. Ce n’est pas agréable de côtoyer un garçon qui affirme qu’il est toujours le meilleur. Ce n’est pas agréable non plus de jouer avec lui, parce qu’il décide des règles et les change à sa façon.

Mme Boily
croit que, pour éviter
 cela, les propos des parents
doivent refléter les forces, mais aussi les faiblesses de leur enfant dès son plus jeune âge. On reconnaîtra, par exemple, qu’il est bon au soccer, mais on ne se gênera pas pour souligner qu’il doit travailler sa patience.
Voilà qui aidera l’enfant à se forger une image plus juste de lui-même à mesure qu’il grandit.

Mme Boily, qui est la conceptrice de deux trousses éducatives sur l’estime de soi, invite les parents à apprendre à leurs enfants à s’évaluer. «Quand un petit présente un dessin à son parent, spontanément, celui-ci est porté à dire: «Wow! tu as vraiment fait un beau dessin!»

Cependant,
la meilleure façon de l’amener à s’évaluer est de lui demander de raconter son dessin. Est-il content
du chien qu’il a dessiné? Qu’est-ce qu’il voudrait améliorer?» explique Diane Boily. Cette dernière affirme que l’estime de soi apparaît vers l’âge de huit ans, lorsque l’enfant compare ses forces et ses faiblesses avec celles de ses camarades de classe. Il peut trouver que telle amie est bonne en dessin, alors que lui l’est moins. Par contre, il pourra par exemple se savoir plus doué au basket-ball...

S’il dénigre les autres

Qu’un jeune soit fier de ses réalisations est tout à fait souhaitable. Mais, de l’avis de la fondatrice de l’organisme Estime de soi, les parents doivent intervenir s’il dénigre les autres. Un brin de jasette s’imposera alors. Marie-Claude Hébert recommande de privilégier la discussion plutôt que la critique. Au lieu de seulement dire à son enfant que ce n’est pas gentil de traiter un ami ainsi, il vaut mieux l’aider à comprendre les implications de son comportement.

Enseigner ses forces

Mme Boily conseille pour sa part d’en profiter pour suggérer à l’enfant de donner un coup de main aux autres lorsqu’il réussit bien. «Le jeune peut devenir un leader et aider ses pairs à acquérir les mêmes compétences que lui, à condition qu’il soit ouvert à l’idée d’apprendre des autres, lui aussi», précise-t-elle.

Le manque d’écoute caractérise bien souvent les gens qui ont une trop forte estime d’eux-mêmes. C’est pour cette raison que, selon Mme Boily, il est plus facile de redonner de l’estime de soi à ceux qui n’en ont pas assez que d’en faire perdre à ceux qui en ont trop. Il est donc recommandé de travailler en amont pour que l’enfant acquière une perception équilibrée de lui-même, qui tienne compte à la fois de ses forces et de ses faiblesses.