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Le mythe du «bon» bébé

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J’ai un «bon» bébé. Vous l’avez sûrement déjà entendue, celle-là! Mais si, par malchance, votre bébé ne fait pas ses nuits ou a des coliques, est-il pour autant un «mauvais» bébé?

Je suis à la pharmacie avec mon fils de huit mois, Alexis. Pour la centième fois depuis sa naissance, une femme s’arrête pour le regarder et lancer un commentaire: «Ce qu’il a de beaux grands yeux! On dirait des billes! Oh! quel sourire, il va faire fondre des cœurs! Sa beauté doit vous faire oublier vos courtes nuits?» Je lui réponds du tac au tac, un peu distraitement: «Ce n’est pas nécessaire, il dort pendant plusieurs heures depuis l’âge de trois mois!»

Elle s’incline alors en s’éloignant: «Oh! vous avez un «bon» bébé! Tout le monde n’a pas cette chance!» Encore une fois depuis sa naissance, on venait de qualifier Alexis de «bon» bébé. Je me demande une fois de plus: «Qu’est-ce qu’un bon bébé? Y a-t-il vraiment de mauvais bébés? Y a-t-il vraiment des enfants difficiles à aimer?»

Cette dernière question me semble méprisable et complètement absurde. Pourtant, elle existe bien, puisque mon fils est classé dans la catégorie des «bons» bébés depuis mon accouchement. Il est «bon», car il mange aisément et de bonnes quantités, il dort beaucoup et sans interruption, il a été facile à allaiter et il a une très bonne santé. Comment, alors, qualifier les autres enfants?

À bien y penser, les gens font vraisemblablement allusion au fait que certaines difficultés rencontrées par les nouveaux parents sont plus laborieusement surmontables que d’autres… Enfin, j’espère que c’est ça! Mais encore... Je me remémore les premiers mois de vie de ma fille, qui m’a fait découvrir pour la première fois le plaisir de mettre au monde et d’élever un enfant.

Pourtant, son arrivée parmi nous n’a pas été de tout repos. Nous avons connu plusieurs difficultés liées à son alimentation. D’abord, l’allaitement n’allait pas bien, et ma fille a perdu beaucoup de poids après sa naissance. Les infirmières de l’hôpital me mettaient de la pression pour que je l’allaite encore et encore, alors que j’avais les seins en lambeaux.

Je me remémore également les jours et les nuits passés à la nourrir avec un doigt, une seringue ou un gobelet, les courbes de croissance trop basses, les commentaires incessants de tous sur son faible poids, les régurgitations agrémentées de sang, la découverte que le reflux gastrique était la cause de ses souffrances, la médication pendant plusieurs mois, son refus de manger des céréales, les subterfuges employés pour la faire absorber des aliments…Ça n’a jamais été simple.

Pourtant, quand je la regarde ou que je pense à elle, je n’ai qu’une seule pensée: elle est l’un des plus beaux cadeaux que la vie m’ait offerts. Est-ce que quelqu’un dirait que j’ai eu un «mauvais» bébé?

Y a-t-il un parent qui en a un? Que serait-il? Un bébé handicapé? J’entends déjà les gens s’indigner! J’ai décidé de mener une petite recherche sur ce «bon» bébé dont il est si souvent question. Je n’ai rien trouvé à la bibliothèque. Mes recherches dans Internet n’ont pas été plus fructueuses. Ce «mauvais» bébé, il n’existe pas... Non pas que mes enfants ne soient pas de «bons» bébés… Je conclus plutôt que tous les petits le sont: tous, à leur façon, ne peuvent figurer que dans la catégorie «bons».

Nous parlons sans doute de «bon» bébé simplement par opposition à un petit qui peut être plus difficile sous certains aspects. Par exemple, si un enfant dort bien, on dira que c’est un «bon» enfant. S’il dort mal, on ne le qualifiera pas de «mauvais» bébé, mais on ne louangera pas cet aspect: on recherchera plutôt une autre qualité qui fera de lui un «bon» bébé.

La perfection n’existe pas: les enfants viennent au monde avec une authenticité propre à chacun d’eux. Les catégories «bon» et «mauvais» ne peuvent pas exister.

C’est seulement lorsqu’ils commencent à se construire une identité propre que nous pouvons parler de «bon» et de «mauvais». Ils deviennent ce que nous leur montrons en intervenant dans leur vie, nous, les parents, les grands-parents, la fratrie, les professeurs, les amis…

Le rôle de ces participants au développement des enfants est sans aucun doute de leur prouver qu’ils peuvent être de bons enfants, de bonnes personnes et de parfaits citoyens!

 

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