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Ma fille n’aime que le rose!

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Du pyjama à la robe, en passant par les chaussures et les jouets, votre fille ne veut que du rose. Mais pourquoi diable adore-t-elle cette couleur?

Isabelle n’y comprend rien. Bien que cette couleur ne fasse pas partie de sa palette — elle y est même allergique! —, sa fille de quatre ans ADORE le rose. Ce cas n’est pas unique. Il semble que la plupart des fillettes se plongent dans l’univers rose vers l’âge de quatre ou 
cinq ans, voire plus tôt. Mais d’où vient ce 
goût pour cette couleur? Est-ce conditionné ou réellement naturel?

Une question d’éducation?

La Dre Catherine Cloutier, psychologue pour 
la famille, croit qu’il s’agit d’une question d’éducation. «Dans notre culture, c’est presque un réflexe conditionné d’habiller les petites filles en rose et de décorer leur chambre de cette couleur», souligne-t-elle. Eh oui, l’image de la petite princesse toute vêtue de rose est bel et bien ancrée dans nos mœurs!

D’ailleurs, dès qu’une femme enceinte apprend qu’elle attend une fille, le rose s’impose automatiquement dans son esprit, ou du moins dans celui de son entourage. Stéphanie, une jeune mère qui déteste cette couleur, avoue avoir souvent pesté en recevant comme cadeau de naissance un vêtement ou un accessoire rose. «Il existe pourtant d’autres couleurs très jolies!» s’exclame-t-elle.

Bref, qu’on le veuille ou non, dans la société, le rose est toujours LA couleur associée aux petites filles. «Il y a encore beaucoup d’attentes», précise la psychologue. On s’attend à ce qu’une petite fille soit habillée de telle façon, et un garçon, de telle autre façon. «Il y a aussi la peur de ce que vont dire ou faire les autres», ajoute la spécialiste. Qu’arrivera-t-il si on met un t-shirt rose à son garçon?

 Et l’influence du marketing, dans tout ça?

Selon la Dre Cloutier, le marketing joue également un rôle dans la passion des fillettes pour le rose. On n’a qu’à se promener dans la section des vêtements pour filles des magasins ou dans celle des poupées des Toys“R”US pour comprendre que cette couleur est omniprésente. L’industrie du marketing l’a bien compris et exploite le filon au maximum. Vêtements, chapeaux, chaussures, literie, jouets, sacs à 
dos, crayons, consoles de jeux vidéo... le rose 
est partout! Il y a même des globes terrestres
 de cette couleur pour les filles! Julie, qui a
 une enfant de cinq ans, avoue avoir toutes les difficultés du monde à trouver des vêtements
de fille sans rose. «Je suis obligée d’acheter des vêtements de cette couleur, parce qu’il n’y a guère de choix», dit-elle.

Et si c’était en partie biologique?

Selon une étude réalisée à l’Université de Newcastle, en Angleterre, l’attirance pour
 les couleurs différerait selon le sexe et pourrait s’expliquer par les gènes. L’équipe de chercheurs dirigée par la professeure de neurosciences visuelles Anya Hurlbert a découvert que les femmes préfèrent le rose, et les hommes, le bleu, et ce, indépendamment du groupe ethnique auquel ils appartiennent.

Cette différence s’expliquerait par le fait qu’autrefois les femmes étaient chargées de trouver dans la nature les fruits mûrs
 pour nourrir leurs petits. C’est ainsi qu’elles auraient montré, au fil des siècles, une préférence pour les teintes rougeâtres.

Notre environnement (notamment l’influence de l’éducation et du marketing) ne ferait donc qu’accentuer leur préférence «naturelle» pour le rose. Bien que d’autres recherches soient nécessaires pour entériner cette théorie, c’est tout de même la première étude qui établit une base scientifique dans le fait que les filles sont nées avec un penchant pour le rose.

Faut-il bannir le rose?

La Dre Cloutier ne voit rien de mal au fait
que les petites filles aiment cette couleur.
«Il n’y a pas de problème tant que l’enfant ne présente pas trop de rigidité par rapport à cette préférence, indique-t-elle. Cette attirance va d’ailleurs probablement passer après un certain temps.» Il est vrai que bien souvent 
à l’adolescence, voire à la préadolescence,
 les filles se tournent vers des couleurs plus neutres, car elles ne veulent plus avoir l’air de jeunes enfants. Exit, donc, le rose.

Par ailleurs, d’après la Dre Cloutier, l’habitude d’habiller les fillettes en rose est en train de changer. «Il y
a de plus en plus de parents qui choisissent d’autres couleurs. La différence entre les sexes est moins contrastée qu’avant, tant sur le plan des vêtements que sur celui des jouets.» Bref, selon la psychologue, il n’y a pas de mal à laisser les fillettes être des fillettes.