PUBLICITÉ

Oui, j’ai beaucoup de patience

Psychologie image article
Récemment, quelqu’un de mon entourage m’a dit qu’il me faudrait plus de patience.  Ce n’était pas de la mauvaise intention, c’était sa perception de moi, ou du moi des derniers temps, je ne sais pas. 
 
Sur le coup, ça m’a blessée. J’ai ressenti un sentiment d’injustice. Un peu de colère aussi.
 
Entendons-nous; je ne prétendrai jamais être un modèle de patience. Je ne projette pas cette image.  J’exprime mes émotions spontanément, les jolies comme les plus dérangeantes. Je peux parler fort, sans être nécessairement fâchée. Et je n’ai aucunement le but d’être béatifiée.
 
Les propos de cette personne m’ont aidée. Ils m’ont poussée à réléchir sur la question. Et après analyse, je peux affirmer maintenant que malgré les apparences, je suis une personne patiente.
 
Hier, en songeant à cette histoire d’impatience, j’ai revu un peu du film de ma vie (mais non, je ne suis pas mourrante, à ma connaissance!)

Je me suis revue en salle d’accouchement (5 fois). Le pitossin dans le soluté, les longues journées. Ceci après 37 à 41 semaines de grossesse, un nombre incalculable de rendez-vous et d’examens, du repos forcé et plein de bobos.
 
Et les nuits blanches!  Et les milliers de chansons, les mouvements de chaise berçante, les couches, les draps changés, les dégâts… Sans oublier les réunions scolaires, les salles d’attentes de dizaines de spécialistes et de généralistes…
 
Je me revois à 24 ans, trainant ma grosse charette en plastique avec deux enfants hurlant et tentant parfois de s’enfuir… à 6:00 du matin. En direction de la garderie, que mes enfants ne voulaient pas fréquenter suite à ma séparation. Un jour, un homme du voisinage m’avait croisée au dépanneur et m’avait saluée avec un « Bonjour, la maman patiente! ». J’avais été la première étonnée. Moi? Patiente? Il m’avait assuré que oui. Et avec le recul, c’était vrai.  Mais on m’avait tellement dit que j’avais un sale caractère que j’avais accepté l’étiquette…
 
Il m’a aussi fallu de la patience, pour mettre plein d’aspects de ma vie en attente, pour m’occuper de ceci, de cela et puis encore de ceci avant d’avoir un peu de temps et d’espace pour moi. À ce niveau honnêtement, il m’en faut encore. Ce n’est pas une plainte, c’est un choix de vie. C’est un fait.
 
Parlant de patience, je vous écrit de mon lit, avec un petit gars qui me grimpe dessus. Un petit gars qui a très, très mal dormi cette nuit et donc, nous aussi. Pendant que l’ado me texte à répétition et que ma 8 ans veut que j’admire ses bricolages. Pas de quoi me donner le trophée de la patience, évidemment! Mais pas de quoi me dire que je suis une impatiente.
 
Je vis aussi avec une famille qui possède quelques diagnostics: autisme, TDA, dyspraxie… adolescence, terrible two… 
 
Et on vient d’adopter deux beagles… une race adorable mais têtue…
 
 
J’ose l’affirmer ici haut et fort: je suis très patiente! Ce n’est pas parce que j’expose mes limites, que je refuse de me tranformer tout le temps en maman perroquet, que je suis très expressive et parfois mal engueulée, qu’on peut me coller l’étiquette de l’impatience.
 
Je suis patiente bon! Je suis seulement une utopiste qui espère trouver un système organisationnel efficace et équitable dans sa tribu et… une réaliste qui n’aime pas le niaisage…
 
 
Bref, je suis une mère. Et bien que je sache que plusieurs mamans se croient ou sont vues comme impatientes, moi je vous dis que ce n’est pas le cas. Mesdames, vous êtes des anges de patience, prenez-en conscience!!!
 
 
OK, parfois il y a le SPM... Mais cette période confère une immunité diplomatique ;)