PUBLICITÉ

Au revoir Grand-Papa!

Parents et relations familiales image article
 
Mon beau-père est décédé la semaine dernière des suites d’une courte lutte contre le cancer… Courte, parce qu'à Noël il était en pleine forme et chatouillait ses petites-filles en leur donnant des bisous dans le cou comme il aimait tant le faire! C’est la première fois que mes enfants vivent d’aussi près la perte d’un être cher.
 
Difficile d’expliquer la mort à de jeunes enfants qui ont toute la vie devant eux…
 
Pendant son court séjour à l’hôpital, mon conjoint s’est rendu à de nombreuses reprises au chevet de son père. Comme la famille est à Québec, les déplacements étaient plus limités pour nous. 
 
Nous avons fait le choix, mon mari et moi, de ne pas amener les enfants le voir à l’hôpital. 
 
Nous étions déchirés entre l’envie de permettre à un grand-papa de voir ses petits enfants pour une dernière fois et la crainte de marquer ceux-ci à la vue d’un homme qu’ils ne reconnaîtraient peu ou pas à cause de son état qui s’est détérioré à la vitesse de l’éclair.
 
Mes enfants ont donc gardé de leur grand-père le souvenir d’un homme en pleine forme et heureux. 
 
Bien sûr, nous n’avons rien caché aux enfants. Ils savaient que leur grand-père était très malade. Ils savaient qu’il était à l’hôpital. Ils ont vu leur père verser des larmes de tristesse à l’idée de perdre son papa...
 
Pendant ce mois, ils ont posé les questions qui les intriguaient par rapport à cette situation. 
 
C’est mon plus vieux âgé de 10 ans qui avait le plus de questions:
 
Va-t-il être enterré ou incinéré?
Est-ce qu’on va aller aux funérailles?
Quand exactement va-t-il mourir?
Est-ce qu’on va être là quand ça va arriver?
 
On m’a déjà dit que les enfants veulent connaître la vérité, mais qu’ils ne sont pas toujours prêts à entendre toute la vérité. Dans des situations plus délicates comme celle-ci, je m’assure de répondre aux questions, mais par petit dosage.
 
Après, je vérifie si ma réponse satisfait mon enfant ou s’il a besoin de précision. Cette technique me permet de donner juste assez d’informations selon le stade de développement où il est rendu.
 
À l’annonce de son décès, chaque enfant a eu sa propre façon de réagir.
 
Celui de 10 ans avait déjà, à travers ses questions, commencé à assimiler la nouvelle. Le choc fut moins grand. 
 
Pour mon garçon de 7 ans, ce fut plus brutal par contre. Il a eu beaucoup de peine et il a réagi plus violemment à certains événements dans sa journée. C’était sa façon à lui de faire sortir sa tristesse. C’est pendant une discussion entre son père et lui avant le dodo que nous en avons appris plus sur sa vision de la mort.
 
Son père lui demande s’il est triste et comment il se sent par rapport au départ de grand-papa. Mon garçon de répondre: « Je vais le revoir. » Surpris, mon conjoint lui dit: « Non, tu ne le reverras pas, grand-papa est parti au ciel. » Et mon garçon de lui dire: «  Oui, je sais, mais il va naître dans quelqu’un d’autre! » OK! J’adore...
 
Comme il m’est arrivé souvent au cours de la dernière année de côtoyer la mort, mes enfants m’ont vue et entendue avoir de la peine et parler du sujet. Je leur ai expliqué qu’il ne fallait pas voir la mort comme une fin en soi. Que c’est peut-être le début de quelque chose qu’on ne connaît pas … J’aime croire à cette idée. J’aime avoir la foi qu’il y a quelque chose d’infiniment plus grand que nous! 
 
Mon plus vieux, lui, croit que quand il y a une mort, il y a automatiquement une naissance. Il m’a même demandé si Maurice Richard était mort aux alentours des dates où il est né…bien quoi! On ne sait jamais!!!
 
Pour ma fille de 3 ans, autre son de cloche. Quand on lui a demandé si elle avait de la peine que grand-papa soit parti au ciel voici ce qui la préoccupait le plus: « Mais est-ce que grand-maman est encore là elle? Parce que j’aime grand-maman!!! » De savoir que sa grand-mère était là la rassurait. Je pense que pour elle, son grand-père va continuer à vivre à travers sa grand-mère adorée!
 
Mes pensées sont avec ma belle-mère qui se retrouve devant un grand vide. Un vide qu’elle va devoir apprivoiser après avoir passé 57 ans à côté de cet homme qu’elle a aimé et qu’elle aime encore. Après avoir partagé sa vie avec une personne, le plus difficile doit être de voir l’autre partir avant soi...
 
Je vous laisse sur une citation de Victor Hugo: "Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis!"
 
R.I.P. M. Guay…votre seule et unique belle-fille!