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À chacun son rôle...

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À chacun son rôle, à chacun son territoire!

Si on déplore parfois le fait que le discours social soit teinté d'un certain ségrégationnisme à l'égard des aînés, Mme Ferland, quant à elle, perçoit les choses autrement: «La majorité des grands-parents que j'ai rencontrés pour écrire ce livre étaient tout à fait appréciés et intégrés dans leur famille. Ceux qui risquent d'être écartés sont ceux qui veulent tout gérer et qui dictent à leurs enfants comment éduquer les petits.

Autrement dit, ils veulent usurper la place des parents en devenant eux-mêmes des éducateurs: en pareil cas, les parents seront portés à mettre à l'écart leurs aînés. Et peut-être avec raison!»Voilà qui soulève la délicate question de la délimitation du territoire. Pour élaborer sur le sujet, nous avons fait appel à une super grand-maman, Mme Francine Delhaes, qui a pris grand soin de ses deux petits-enfants.

«Mon petit-fils, Charles-Étienne, est né en 1989 alors que je n'avais que 45 ans, dit-elle. J'ai vécu avec lui une relation qui se situe à "une coche" sous celle de mère-enfant. Disons que j'ai eu une relation d'amour extrême — le mot est à la mode! — avec Charles-Étienne. Ses parents étaient alors aux études, et j'ai pu lui accorder beaucoup de temps. Ce n'était pas un fardeau pour moi, mais une joie, un vrai bonheur!»

Bonheur contagieux ou... contaminant? A-t-elle eu l'impression d'envahir le territoire des parents? «Euuuh... c'est possible mais, en même temps, les parents avaient grandement besoin de moi. Oui, j'ai peut-être été envahissante... Je me pose encore la question.

Avec ma petite-fille, Maïté, deux ans, j'ai porté une plus grande attention à cela parce que j'étais sa gardienne attitrée. Peut-être étais-je plus mature, plus consciente de l'importance de ne pas empiéter sur le terrain de ma fille. À la naissance de la petite, j'avais offert à ma fille de rester avec elle une semaine. Puis, deux... Et elle me demandait toujours: "Pourquoi ne restes-tu pas encore un peu?" Et ça s'est prolongé ainsi durant un mois.

Ma fille m'a donc fait sentir que j'étais la bienvenue chez elle, et mon gendre aussi. Bien sûr, je n'ai pas tenté de prendre la place de la maman parce que je reconnais l'importance du lien affectif mère-enfant, alors j'ai aidé ma fille dans les tâches ménagères. Mais je me suis quand même payé la traite aussi!»

Grands-parents, suivez donc l'exemple de grand-maman Francine: attendez donc que ce soit vos enfants qui vous demandent de rester plus longtemps. Gardez-vous une petite gêne!

Grands-parents en déni

À l'inverse, certains grands-parents décident délibérément d'avoir le moins de contacts possible avec leurs petits-enfants. «Ils invoquent alors le fait qu'ils sont trop jeunes pour assumer ce rôle, estiment qu'ils ont d'autres priorités et vont préférer voyager, par exemple, que voir leurs petits-enfants.»

De façon générale, si la relation est bonne entre les grands-parents et les parents, ces derniers n'évinceront pas les premiers de la vie de leurs petits-enfants, au contraire. Ce que corrobore d'ailleurs Mme Delhaes: «Mes enfants avaient réellement besoin de moi. Ma fille m'a même demandé d'assister à son accouchement, et ç'a été pour moi un moment de grand bonheur.

Je me rappelle lui avoir dit, le lendemain de la naissance de Maïté: "Tu ne sais pas ce que tu m'as permis de vivre!" J'ai pu donner le premier bain à ma petite-fille, un moment que j'attendais depuis longtemps! Dès la naissance de Maïté, l'amour que j'ai pour elle a commence à germer. Tout cela est enregistré dans ma tête; c'est un souvenir indélébile.»

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