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Et soudain, un préado

Parents et relations familiales image article
Quand on est parents, nos enfants sont toujours petits. Peu importe le temps qui passe, ils seront toujours nos ti-loups, nos trésors, nos petits chatons.
 
Mais il faut bien se rendre à l’évidence : ils vieillissent. Et chaque fois qu’ils atteignent une nouvelle étape de croissance, ça frappe encore plus.
 
Mon plus vieux commence à tâter ce palier nommé préadolescence. En fait, il n’est pas encore dedans complètement. Il est comme en stage. Un fois de temps en temps, il a soudainement des spasmes de préado qui me font entrevoir l’avenir à moyen terme.
 
On s’entend, c’est un garçon extrêmement doux et sensible, depuis toujours. Il a un bon fond, comme dirait l’autre. Et je suis sûr que ça va rester. Mais déjà, une fois de temps en temps, il se produit quelques étincelles nouvelles.
 
Des répliques acerbes après une consigne. Des yeux en l’air. Des soupirs. Des remarques impulsives. Et d’autres indices physico-verbaux.
 
C’est presque rien. Et c’est encore intermittent. On dirait que sa préadolescence a été engagée comme employée surnuméraire. Mais je sens que le temps plein approche.
 
Bientôt, peut-être que chacune de mes phrases sera argumentée, débattue et rejetée. Peut-être que chaque consigne mènera à un affrontement. Peut-être que les sautes d’humeur seront les moments calmes, l’exception qui confirme la règle?
 
J’exagère, mais pourtant, j’anticipe la suite.
 
Confidence : Je ne sais pas si je vais être un bon parent d’ado. Je ne sais pas si je vais pouvoir garder mon calme quand la vraie tempête va survenir. Quand les sarcasmes, les affrontements verbaux, les chicanes d’égos, les conflits nucléaires vont inévitablement arriver.
 
Ma grande crainte, c’est de ne pas être doué pour gérer l’adolescence. Oui, parce que quoi qu’on en dise, même si en général on se débrouille tous du mieux qu’on peut, chaque parent a ses forces et ses faiblesses. Et peut-être qu’il y a des pères et des mères qui sont plus doués pour certaines étapes de l’enfance.
 
C’est juste une hypothèse, là. Mais est-il possible qu’on ait chacun une spécialisation parentale temporaire? Des gens qui sont plus habiles avec les bébés, par exemple. Ou qui cliquent vraiment bien avec les petits d’âge préscolaire. D’autres qui ont les bons mots pour motiver des enfants plus vieux. Et finalement, des Saints qui ont la patience de négocier avec des ados.
 
Ça arrive avec les profs, par exemple. Quand on a le choix, pourquoi choisir d’enseigner en 1ère année plutôt qu’en 6e (ou l’inverse)? C’est une question de compatibilité. J’ai déjà croisé une monitrice de camp de vacances qui me confiait aimer par-dessus tout travailler avec des enfants de 3 ans. Pas 2, pas 4, mais 3 ans. « Ils sont plus docile que les deux ans, mais ont un imaginaire encore tout neuf ».
 
Peut-être aussi qu’il y a des parents extraordinaires qui n’ont aucune faiblesse et qui peuvent être parfaits à tout moment. J’ai bien peur de ne pas en faire partie. Ah, le doute.
 
Mais bon, il me reste encore un peu de temps avant cette période effroyable. Entretemps, je m’assurerai de garder sous la main ces excellents conseils de ma collègue Nadine Descheneaux :
 
Ça devrait grandement aider.