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La communication entre parents quand on vit une garde partagée

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Bonjour,
 
J'ai mes enfants quelques fois dans l'année car je suis à longue distance de la mère avec qui je suis séparé. J'ai des jumeaux : un gars et une fille. Le garçon, j'ai aucune misère avec lui, même s'il a un TDAH.
 
Pour la petite, par exemple, c'est autre chose. Elle a aussi un TDAH. Quand sa mère appelle, c'est là que tout se déclenche. Quand elle n’appelle pas, la relation va très bien. J'essaie de faire réaliser ceci à la mère et elle me dit que je joue toujours à la victime et qu'il y a aucune discussion à avoir avec moi.
 
Après qu'elle appelle les enfants, la petite fait semblant de dormir et fait tout en son pouvoir pour ne pas dormir. Sans compter le nombre de fois qu'elle pleure sans raison pour attirer l'attention. J'ai l'impression de ne pas avoir une fille de 9 ans mais une fillette qui régresse, malheureusement.
 
Pour l'hygiène, c'est un vrai combat, il faut lui répéter sans cesse comment bien se laver. On est passé du bain à la douche pour être sûr qu'elle se lave bien et qu’elle ne fasse pas ses besoins dans le bain.
 
Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour y arriver un jour? J'essaie de faire comprendre à la mère de diminuer ses appels pour me donner une chance quand j'ai les enfants. 
 
Merci beaucoup d'avance et bonne journée
 
Réponse:
 
Bonjour à vous cher papa de jumeaux,
 
Pas facile comme situation. Il y a effectivement beaucoup de défis à relever en garde partagée et on a malheureusement peu de pouvoir sur les autres. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire pour améliorer la situation. Afin de vous permettre d’avoir une réponse très complète et adaptée à vos besoins, j’ai pensé faire appel à Kim Cairnduff, coach familial, psychoéducatrice ET médiatrice familiale.
 
Voici donc sa réponse :
 
La communication peut être source d’un conflit, mais également source d’une solution.
 
Je constate que la communication entre la mère de vos enfants et vous-même est difficile. Vous relatez qu’elle dit « qu’il n’y a aucune discussion à avoir ». Et pourtant si vous n’arrivez pas à vous parler, cette tâche sera entreprise par vos enfants ce qui est loin d’être agréable pour eux. Ils le feront tout naturellement sans que vous leur demandiez.
 
Bien entendu la communication peut faire naitre des conflits, mais elle est également propice à l’émergence de solutions lorsqu’elle est faite adéquatement. C’est normal que ce soit un peu plus difficile au début de la séparation. Lors de la période de la crise, une série d’émotions se déclenchent, c’est la déconstruction de la relation affective qui débute, un moment de désorganisation qui peut provoquer des réactions impulsives et désordonnées. Je ne m’attarderai pas sur les étapes du deuil, mais dites-vous que si cette période persiste entourez-vous de vos amis ou d’un professionnel qui pourront vous aider.
 
Il est primordial que les parents arrivent à communiquer s’ils veulent partager le temps de présence des enfants avec chaque parent. Les études démontrent que ce n’est pas la séparation qui affecte les enfants, mais bien la façon dont les parents se séparent. Les conflits perpétuels et la tension chronique compromettent davantage le développement des enfants qui installent chez eux l’insécurité, la peur, la détresse et la confusion.
 
Bien entendu, les enfants réagiront différemment selon leur âge, leur personnalité, leur tempérament, leur exposition à d’autres sources de stress, ainsi que la présence ou l’absence de soutien autour d’eux.
 
Dans votre situation, vous dites que votre fille a des comportements de régression. Ce qui peut aider les enfants pendant cette période de transition est de leur dire que vous les aimez et que vous allez toujours les aimer, et ce malgré le fait que vous et leur mère ne vous aimez plus. Faites-leur comprendre qu’ils ne sont pas responsables de la séparation. Encouragez-les à vous parler ouvertement de leurs sentiments et préoccupations et écouter les attentivement sans les interrompre.
 
Ceci peut être difficile, mais il est important de les laisser exprimer leurs peurs, leurs joies, et leurs inquiétudes. Si vos enfants se sentent gênés de se confier à vous, aidez-les à trouver quelqu’un en qui ils ont confiance, comme un membre de la famille, ou un de vos amis, et consulter un professionnel au besoin.
 
Il est dans votre intérêt de communiquer directement avec leur mère pour votre propre bien-être et celui de vos enfants.
 
Mais comment arriver à discuter de façon efficace avec leur mère direz-vous! Voici quelques trucs pour effectuer un appel téléphonique.
 
1.             Quelles sont mes intentions?
Avant de téléphoner, assurez-vous que vos intentions sont bonnes et que votre appel est centré sur le bien-être de vos enfants et non pour lui faire des reproches. « Je veux le bien-être de ma fille » dites-vous. Concentrez-vous là-dessus.  Pensez à choisir un bon moment. Lorsque madame répond, demandez-lui si c’est un bon moment pour elle. Si la réponse est négative, demandez-lui quand vous pourrez la rappeler. Demeurez poli. Assurez-vous d’être seul et non en présence des enfants. Détendez-vous; prenez de grandes respirations.
 
2.             Quelle est ma demande?
Préparer votre demande d’avance. Soyez clair et concis, pas de longs discours. Rapporter des faits et non des jugements. Parler au « je ». Utiliser le nom des enfants. « J’ai pu observer que suite à tes appels « nom de votre fille », change ses comportements. Je préfèrerais que tu ne la téléphone pas pendant qu’elle est avec moi.  Qu’en dis-tu? » Démontrez que vous êtes intéressés à son opinion quant au bien-être des enfants.
 
3.             Écouter la réponse
Il est très important d’écouter ce qu’elle a à dire plutôt que de préparer votre réponse pendant qu’elle parle. Ne vous laissez pas prendre par ses reproches. Renier la défensive ou la contre-attaque. Exemple, si elle dit « arrête de faire ta victime, tu ne sais pas t’y prendre avec elle. » ou « tu veux me refuser l’accès à mes enfants! » Avouez votre contribution au problème passé. « Il est vrai que je me suis beaucoup replié sur moi-même lors de notre séparation. » par exemple. Recentrez-vous sur votre demande et vos intentions de bien-être de vos enfants. « J’aimerais qu’on parle des enfants. J’ai observé que cela va beaucoup mieux lorsque mon séjour avec « noms des enfants » n’est pas interrompu par tes appels. J’apprécierais vraiment que tu attendes leur retour pour leur parler. »
 
Si l’expression verbale est trop difficile à envisager, vous pouvez toujours débuter par l’écriture. Un bon conseil est de ne jamais envoyer le premier jet. Il est bon de se relire et enlever tout ce qui n’est pas pertinent ni constructif.
 
Vous pourriez également avoir recours à la médiation familiale ou au coaching parental. L’aide d’une personne neutre peut vous aider à régler vos différends.
 
Je vous souhaite bonne suite et bonne communication.
 
Kim Cairnduff
 
Membre du Réseau Nanny secours
 
 
 
J’espère que ces quelques conseils vous aideront à améliorer la communication avec la mère de vos enfants, pour le bien-être de ceux-ci. Voici quelques textes et références de livres supplémentaires qui pourraient vous intéresser :
 
 
Bonne lecture!
Hélène Fagnan, coach familial
Fondatrice de Nanny secours
www.nannysecours.com