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La peur qui empêche de parler aux autres

Parents et relations familiales 6-7 ANS image article

Un jour, à la récréation, le petit Ayosha Bork s'est retrouvé avec une grosse bosse sur le front. Il n'a pas voulu dire à son professeur
ce qui s'était passé. Quand sa mère est venue le chercher à l'école, il est resté silencieux jusqu'à ce qu'ils grimpent dans la camionnette familiale.

En première année, il parlait couramment l'allemand, le chinois et l'anglais à la maison, mais il était totalement muet à l'école. À la moitié de l'année scolaire, il a reçu un diagnostic de mutisme
sélectif, la crainte d'être vu ou entendu en public.

Cela n'a rien à voir avec un acte de défi ou un entêtement volontaire. C'est plus que d'être simplement gêné. Les enfants atteints de mutisme sélectif n'affichent pas de retard du développement langagier - ils peuvent être des moulins à
paroles chez eux.

Une anxiété paralysante

Chaque enfant est affecté différemment. Certains vont communiquer d'une autre façon, par gestes ou expressions faciales. Certains chuchotent. Ou encore, ils ne parlent qu'à une couple d'amis. D'autres ne prononcent pas un mot. En général, ils voudraient réellement s'exprimer mais ils n'en sont pas capables.

C'est de l'anxiété. Une phobie tellement envahissante que la peur les rend muets. «C'est comme lorsqu'on voit une auto s'approcher et que l'on reste pétrifié sur place par la peur», explique Mme Bork. En compagnie de Debra Harwood, professeure adjointe à la Faculté d'éducation de l’Université Brock en Ontario, elle a tenu  le 30 mars dernier un atelier sur le mutisme sélectif. Elles proposent toutes deux des stratégies pour maximiser le succès social des enfants.

Depuis qu'elle a reçu le diagnostic de son fils, Mme Bork se passionne pour l'éducation à propos de ce qui est encore une maladie incomprise, bien qu'il y ait plus d'enfants atteints de mutisme sélectif que d'autisme. Elle a rédigé une thèse de
doctorat sur les stratégies à mettre en place pour aider les enfants dans leur classe d'école, thèse qu'elle a présentée à travers le monde. Mme Bork, candidate au doctorat à l'Université Brock,
travaille actuellement au développement du logiciel iSpeak qui vise à aider les enfants à l'école.

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