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L'art de démasquer les mensonges

Parents et relations familiales image article
Ah, les enfants ont des petites âmes si pures quand ils viennent au monde. Des petits anges qui ne savent pas mentir. Mais un jour, ça change.
 
Peut-être êtes-vous convaincu que VOTRE enfant ne ment jamais. Vous y croyez dur comme fer. Et vous savez quoi? Vous avez raison. Il est possible qu’il ne mente jamais. Pour l’instant.
 
Un jour, l’école arrive et les mensonges aussi. À cause de la pression sociale, de l’expérience, des remords, du calcul des avantages ou tout simplement de la peur de déplaire. Mais peu importe, pour leur bien (c’est triste mais c’est vrai), les enfants apprennent un jour à détourner un peu la vérité. Ou la camoufler, la tordre, l’interpréter, c’est selon. On passe tous par là.
 
Mais voilà, nous sommes des parents et des parents, ça doit savoir la vérité. C’est comme ça.
 
Alors que faire, rendu là? Règle #1 : Ne pas trop se fier à ses perceptions. Parce qu’on a toujours tendance à vouloir croire notre enfant. Surtout s’il y a un conflit avec un autre enfant. On fait semblant d’être neutre, mais notre enfant, c’est notre enfant. Sauf que parfois, on se trompe.
 
On peut user de plein de stratégies pour arriver à cerner la vérité.
 
Le joueur de poker en moi surveille attentivement les signes de bluff. Oui, observer le choix des mots, le non-verbal, les yeux fuyants, l’impatience. Au poker, ça marche (des fois). Mais les enfants ont un avantage; ils sont parfois d’excellents bluffers simplement parce qu’ils se croient. Ils arrivent à inventer des trucs et les croire. C’est fort, ça.
 
On peut aussi y aller d’une enquête serrée. Vous savez, le vrai interrogatoire de police. Le bon truc des questions en rafale peut fonctionner. Ou mieux, les pièges intentionnels. Déformer son affirmation précédente par exprès pour voir s’il va réagir.
 
« Donc à la récré, tu perdais au soccer, tu étais fâché et tu aurais bousculé Untel pour… »
« Non! C’est pas ça du tout!!! »
 
C’est tordu, hein? Les avocats le font tellement souvent.
 
Une autre méthode pour réussir à cerner la vérité, c’est de trouver un panier percé. Un stool, quoi. Une sœur ou un frère peut être utile, même si ce n’est pas vraiment crédible. Ils aiment tellement ça quand l’autre se fait chicaner qu’ils pourraient eux aussi raconter n’importe quoi.
 
Dans l’interrogatoire, il est important de poser beaucoup de question. De lancer toutes les hypothèses et d’évacuer toutes les possibilités. Parce que ça réduit les risques de mensonge blanc. Ben oui, parce que les enfants ont parfois une mémoire sélective. Ils disent une tranche de vérité mais oublient le reste d’histoire.
 
Parfois, vous ne trouvez rien, malgré tout. Votre instinct vous hurle qu’il y a un mensonge dans l’air, votre 6e sens est en feu, votre radar crépite… mais pas moyen de lui tirer les vers du nez! Il faut alors tenter le grand coup.
 
L’accusation floue. Lancer une information inventée, question de faire réagir l’autre et voir sa réaction.
 
« Et si je te disais que la directrice m’a appelée tantôt et m’a tout raconté?... »
 
Pour revenir au poker, ce serait l’équivalent de bluffer soi-même pour dévoiler le bluff de l’adversaire. Une relance audacieuse.
 
Et au bout du compte, il arrive parfois qu’on découvre avec stupeur qu’ils… disaient la vérité depuis le début. On a honte d’avoir douté.  On se dit qu’ils ne méritaient pas notre suspicion. Que nous sommes des parents ingrats et que dorénavant, on aura confiance en eux.
 
Et voilà exactement le but visé. À partir de là, une fois notre confiance gagnée, ils pourront nous mentir allègrement pendant des années. Mission accomplie, les enfants.