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Le crayon qui ne s’efface pas

Parents et relations familiales image article
Les enfants mettent de la couleur dans notre vie. Ils la barbouillent chaque jour de mille éclats de rires, de mille bêtises, de mille imprévus.
 
Et avec leur effervescence naturelle, quand ils mettent de la couleur dans une vie, ils en mettent! Ils dépassent les lignes, ils envahissent les marges, ils mettent des nuances là où ils ne devraient pas…
 
Mais tout ça, ils le font avec un joli crayon effaçable. Ou une craie. Rien de tout ce qu’ils nous font subir ne reste barbouillé très longtemps. La preuve, même nos pires moments de parents finissent par devenir drôles, quand on laisse le temps agir.
 
Concrètement, même s’ils ont le malheur de crayonner au feutre sur les murs, une couche de peinture et hop! c’est réglé. Il y a toujours une solution.
 
Rien de ce que les enfants nous font ne cause de dommage permanent.
 
Le problème, c’est de l’autre côté. Nous, les adultes, on peut laisser des traces indélébiles sur la vie d’un enfant. On a l’impression que notre écriture est inoffensive, mais des marques de Sharpie sur le cœur d’un enfant, ça ne s’efface à peu près jamais. 
 
Il suffit d’ouvrir l’œil pour constater à quel point les humains peuvent être marqués longtemps par les blessures de l’enfance.
 
Parfois, c’est clair, net et précis. On devine facilement qu’un enfant « ne l’a pas eu facile ». Personne ne tombe de sa chaise en voyant le lien entre les centres jeunesse et la rue, quelques années plus tard. D’autres fois, la cicatrice reste cachée longtemps, avant de devenir trop douloureuse.
 
Mais toujours, il y a cette importance capitale des premières années de vie. Comme si l’enfance devenait une immense loupe qui grossissait mille fois les petites piqures. Aucun effaceur magique ne vient à bout de ça.
 
Réaliser ça, c’est angoisser encore plus à propos de la vie qu’on offre à nos enfants. Sommes-nous en train d’écrire trop foncé dans  leur vie? De causer des cicatrices? De rater notre coup?
 
On ne sait pas. J’imagine qu’un jour, on le découvrira.
 
Ce n’est pas vraiment pour nous qu’on s’inquiète. On ne craint pas trop qu’un jour ils nous en veuillent terriblement. Non, parce que les enfants ont l’étrange fonction d’aimer inconditionnellement leurs parents – même les pires. Et que s’ils choisissent la rébellion, c’est qu’ils montrent une certaine force.
 
Non, on craint juste d’avoir dessiné un peu trop sur leur feuille de route, d’avoir trop influencé leur destin. Par nos actions ou nos inactions.
 
Mais bon, à trop se poser de questions, on en oublie de profiter des belles couleurs qui nous entourent.
 
Alors oui, les enfants, barbouillez notre vie de vos mille couleurs. Même si parfois vos gribouillis défont l’harmonie de notre décor, ce sont ces mêmes couleurs qui vont un jour éclairer nos souvenirs.