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Les enfants ne sont pas des objets promotionnels

Parents et relations familiales image article
Dans la vie, il y a trois choses qui peuvent rendre quelqu’un subitement agressif en trois secondes: L’alcool, l’argent et… les enfants.
 
Je ne parle pas de pogner les nerfs après ses enfants (ce qui effectivement peut arriver assez vite quand ils pèsent sur le bon piton), mais plutôt de l’agressivité à l’égard des autres, quand il s’agit de nos enfants.
 
Vous savez, cet instinct de protection qui nous fait sortir les griffes dès que n’importe quoi d’indésirable s’approche d’eux. Ce ne sont pas toujours des dangers. Simplement des irritants.
 
Plusieurs conflits parents de là. Les gens qui se battent à l’aréna. Les chicanes avec les profs. Les prises de bec avec les voisins concernant le bruit. Même les horribles discussions qui dérapent sur le web, à propos de n’importe quoi, de l’allaitement au financement des écoles privées, en passant par le co-dodo ou les jeux vidéos. Dès qu’il est question des enfants, le sujet devient sensible. Comme si le fait de lire une opinion différente de nos propres choix devenait une insulte personnelle. Ou un danger pour nos enfants.
 
L’instinct de protection, c’est bien. C’est naturel, même. Mais il y a certains parents qui confondent peut-être leur enfant avec une carte d’affaire ou un objet promotionnel. Un enfant-trophée, quoi.
 
Ils ne veulent montrer que le meilleur côté des choses. Ils n'acceptent pas de voir leur enfant échouer en quoi que ce soit. Ils n'aiment pas que leurs choix de vie ne soient pas entérinés par tout l'Univers. Une vision différente devient pour eux une critique personnelle. Vous devinez qu'avec eux, les crises éclatent vite. 
 
Et c'est aussi vrai lors des débats virulents avec ceux qui n'ont pas d'enfants, comme c'est arrivé il y a quelques jours. Nous, parents, n'avons tout de même pas le monopole du bon sens.
 
Calmons-nous un peu avec nos extraordinaires enfants et nos extraordinaires choix de vie. Et laissons aussi les autres essayer de se bricoler un bonheur à leur manière, d’après leur propre trajectoire. 
 
Il est vrai que nos enfants sont un peu en représentation lorsqu’ils font du sport ou qu’ils vont à l’école. Ils représentent notre clan. Voilà sans doute pourquoi on insiste pour qu’ils restent polis (et qu’ils gardent leur linge propre). Bref, qu’ils ne fassent pas trop rejaillir la honte sur notre famille.
 
Ça a toujours été ainsi. Mais depuis l’avènement des réseaux sociaux, c’est encore plus frappant. Les enfants deviennent des porte-paroles (ou porte-étendards) de notre bonheur social. En apparence, du moins. Ce qui ressemble à des souvenirs anodins devient pour certains un piège à acclamations. 
 
On sait très bien que derrière une belle photo souriante, il y a des heures de réalité parentale moins photogénique.
 
Ce qui compte vraiment, ce sont ces moments-là. Les pires comme les meilleurs. Et au bout du compte, ce que pensent les autres de notre vie familiale, de notre parcours ou de nos méthodes disciplinaire, on s’en balance un peu, non?
 
Vivons, célébrons et pour le reste, calmons-nous le pompon.