PUBLICITÉ

Parfois, ils apprennent mieux sans nous

Parents et relations familiales image article
Pas croyable combien on peut en montrer des choses à nos enfants, dans une vie. Notre drôle de métier de parent nous emmène à leur apprendre chaque jour plein de connaissances essentielles (ainsi qu’un lot de bêtises facultatives).
 
Qu’on le veuille ou non, on devient un modèle,  pour le meilleur et pour le pire. Ce qui est fâchant, c’est que les enfants prennent un malin plaisir à retenir de nous les trucs qu’on souhaiterait qu’ils oublient. Et ils refusent obstinément d’absorber les choses utiles comme l’ordre, la discipline personnelle et l’intérêt de tirer la chasse d’eau.
 
Malgré tout, nous les parents, sommes les premiers professeurs de vie de nos enfants. Une chance qu’on est là! On veille sur tout, avec raison.
 
Mais un jour, sur la grande route du savoir, peut-être que… nous ne sommes plus si utiles que ça. Peut-être que pour certains domaines, il vaut mieux se tasser et passer le relai à d’autres personnes.
 
C’est ce qu’on fait quand ils partent à l’école, après tout. Mais je parle du quotidien. Dans les sports, dans les activités et même dans la charmante période des devoirs.
 
On trouve parfois notre mission parentale ingrate. Quand ils vieillissent, nos enfants aussi deviennent moins patients avec nous. On dirait que notre simple présence devient soudain un handicap qui les empêche de réfléchir. En d’autres mots, c’est toujours pire avec ses parents dans les parages.
 
Alors quand c’est pointu, il vaut mieux déléguer. Laisser ça dans les mains de quelqu’un qui possède cet indispensable détachement émotif. Un coach, un prof, un bon guide, un responsable ou un expert en la matière. (Dans notre idéal naïf, on rêve à quelqu’un de crédible qui ferait passer NOS messages aux enfants… « Dis-lui toi, parce que moi il ne m’écoute pas! »)
 
Je sais, c’est parfois difficile pour des parents de devoir s’écarter du chemin. On aimerait tant tout leur apprendre nous-mêmes. Mais des fois, on l’a ou on l’a pas.
 
D’ailleurs, je serais curieux de savoir : Si vous êtes aussi profs ou entraîneur sportif de votre propre enfant, est-ce que votre relation avec lui a été plus difficile qu’avec les autres? Avez-vous tendance à être plus sévère avec lui qu’avec les autres? Soyez honnêtes…
 
Apprendre quelque chose de nouveau, c’est pas facile. Le faire avec quelqu’un de trop proche, c’est pire. Non mais imaginez une seconde avoir votre conjoint(e) comme stagiaire au travail et devoir lui apprendre votre boulot. Horreur! Avant la pause café, tout le monde boude, c’est garanti.
 
Pour comprendre l’angoisse que vivent nos enfants, on n’a qu’à se placer nous-mêmes en situation d’apprentissage. N’importe quoi de complexe : apprendre à jouer du piano, essayer un sport complètement nouveau, apprendre une nouvelle langue, etc.
 
Se mettre au défi soi-même, ça remet les choses en perspectives. Sinon, imaginez votre belle-mère venir réviser votre manière de faire une vraie bonne sauce à spaghetti de la bonne manière. Bonjour la patience.
 
Nos enfants sont les êtres les plus précieux qui existent. On veut leur bien, on veut leur épanouissement, on veut le meilleur. Et parfois, le meilleur veut aussi dire de savoir s’effacer pour leur bien. Pas facile, mais essentiel.
 
Et le pire, c’est que ce n’est que le début. Apprendre à les laisser voler, ce sera de loin NOTRE plus difficile apprentissage.