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Parfois, le sport amène aussi des larmes

Parents et relations familiales image article
Avoir des enfants sportifs, c’est en général une belle aventure.
 
Oui, c’est essoufflant, ça détruit les weekends et ça donne des palpitations inutiles. Mais en général, ce qui en ressort est positif. Et en prime, on apprend à connaître des gens charmants (et presque normaux, comme nous).
 
Parfois, le sport emmène aussi des larmes. Pas seulement sur le terrain, mais aussi en dehors de la surface de jeu. On m’a raconté l’histoire d’une petite famille de hockeyeurs qui vit cela, en ce début de saison.
 
Les deux plus vieux, Ian*, 8 ans, et sa petite sœur Angie*, 7 ans, sont ensemble dans la catégorie novice, cette année. Ils auraient théoriquement pu jouer ensemble dans la même équipe. Un rêve pour les parents (ne serait-ce qu’au niveau logistique). Et en plus, comme le papa est entraîneur, il aurait même pu coacher ses deux enfants en même temps.
 
Mais voilà, les divers talents étant répartis aléatoirement dans la vie, on ne sait jamais qui héritera de quoi. Vous voyez, ma mère est une artiste peintre et je suis incapable de dessiner un bonhomme allumette. Entre frères et sœurs aussi, les aptitudes ne sont pas toujours égales.
 
Si Angie est une joueuse de hockey naturelle, Ian est avant tout un artiste. Il pensait même abandonner le hockey cette saison. Ses parents l’ont convaincu de simplement donner le meilleur de lui-même sans se comparer à qui que ce soit. L’important, c’est d’être fier de ce qu’on accomplit soi-même. Le genre de truc qu’on comprend une fois adulte mais qui est plus difficile à concevoir quand on a 8 ans.
 
Vous devinez la suite : Quand le classement des joueurs est sorti, les espoirs se sont envolés : La petite Angie fera le novice B, mais Ian devra rester en novice C pour une 2e année de suite.
 
Des déceptions lors des sélections, il y en a dans tous les sports, à tous les âges, dans toutes les ligues. On sait que ça peut arriver. On sait que ça VA arriver. Tous les parents le vivent un jour ou l’autre.
 
Mais dans ce cas-ci, la déception prenait une dimension familiale. Évidemment Ian a été démoli par la nouvelle, lui qui avait tout donné pour améliorer son niveau de jeu en espérant pouvoir jouer avec sa sœur. Comment rester insensible quand un enfant lance: « Tu vois maman, même quand je fais des efforts, quand je donne mon 100%, ça ne donne rien! »
 
Angie, un véritable cœur sur deux patins, était aussi inconsolable de voir son grand frère avec autant de peine. Le bonheur de réussir à faire le « B » à sa première année était assombri par la déchirure familiale. La petite se sentait presque coupable d’être passée devant son grand frère.
 
Pas facile pour les parents de réussir à trouver les bons mots, à expliquer que tout le monde a des forces et des faiblesses dans la vie et que nos aptitudes sont rarement au même endroit. Qu’il ne faut pas comparer nos talents mais plutôt l’humain qu’on est.
 
À travers les larmes et l’opération reconstruction d’estime de soi, il fallait en plus régler un autre dilemme : Pour le papa, quelle équipe aller entraîner? Celle de Ian ou d’Angie? Qui décevoir, cette fois?
 
Comme la maman me le disait avec philosophie, il n’y a rien de tragique dans tout ça. Personne n’est blessé gravement et il y aura du hockey pour tout le monde. Mais c’est le genre de petit drame ordinaire qui nous rappelle qu’en inscrivant nos enfants dans un sport, on accepte tout ce qui vient avec.
 
On accepte de perdre, d’être déçus, d’être jugés, de faire des erreurs. On accepte d’avoir mal, même indirectement. Et on accepte surtout le fait que notre rôle de parents va au-delà du taxi et du lavage d’équipement.
 
Nous sommes des guides et c’est à nous de transformer les écueils en leçons de vie. Pour essuyer les larmes, relever la tête et regarder en avant. Le sport est une compétition, oui, mais avec soi-même.
 
Malgré le début de saison douloureux, Ian, Angie et la famille, j’espère que tout le monde retrouvera très vite le plaisir de jouer. Je vous souhaite une super saison.
 
*Les prénoms ont été changés.