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Pourquoi devrions-nous être heureux tout le temps?

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On ne peut pas être contre le bonheur. Le bonheur, c’est ce à quoi tout le monde aspire, même ceux qui disent le contraire.
 
Je suis une fille qui croit que l’on crée son bonheur et qu’il faut savoir voir le positif dans tout ou presque. Parfois, je me tape sur les nerfs à trop vouloir positiver. C’est tout dire.
 
En même temps parfois, je « nous » regarde comme société et je me demande pourquoi on s’acharne à vouloir trouver le bonheur réel ou articiel et à fuir tout ce qui serait susceptible de l’ébranler un tant soit peu.
 
Comme parents, on commence tôt à inculquer ça à nos enfants… Bébé pleure, on cherche comment tarir ses larmes en moins de deux. (Je ne dis pas ici de ne pas répondre aux besoins d’un bébé. Je dis que ses cris nous rendent mal à l’aise, comme si anormaux).
 
Il grandit et quand il pleure ou râle, on lui offre à boire, à manger, on cherche à lui changer les idées avec un cadeau, une émission de télé, une blague…
 
Il grandit encore et on panique si l'ado qu’il est met un poème tristounet sur son mur Facebook. Il s’isole dans sa chambre un après-midi et on magasine un psy…
 
Et nous, dès que ça file moins, on fait tout pour que Junior ne nous voie pas pleurer, pour ne pas exprimer de colère ou de peur devant lui. Combien de fois on dit « Maman est juste fatiguée », « Papa a des allergies »?
 
On essuie nos larmes et on publie une photo parfaite sur notre mur. Ou on se met à penser à tout ce monde qui en arrache bien plus que nous. On cherche une comédie à la télé sur demande, on grignote un morceau de chocolat, on sort respirer parce que tout le monde dit que ça rend de bonne humeur.
Parfois, on ose se « plaindre » à des proches ou sur un quelconque forum (j’avoue les forums ne sont plus à la mode, mais toujours dire Facebook ça me lasse!). Et bien souvent, on se fait dire qu’il y a bien pire sur Terre, qu’il faut se secouer.  Qui veut écouter un geignard après tout? 
 
Alors on remballe nos petits malheurs, nos grosses peurs et tout et tout. On se botte le derrière et on fait quelques jours/semaines/années de plus, en s’accrochant un sourire.
 
Quand notre jeune s’épanche sur ses malheurs, on fait souvent pareil. On sort la liste de ses chances, on lui dit que ça passera, on l’amène magasiner…
 
Mais pourquoi avons-nous si peur du « côté sombre »? Pourquoi n’acceptons-nous pas que pour que la lumière existe, il faille de la noirceur?
 
Pourquoi nous sentons-nous coupables d’avoir des moments plus noirs? Pleurer, rager, trembler, c’est ce que la nature fait parfois pour revenir nettoyée, nourrie, épurée, productive…
 
On vit dans une époque géniale où une foule de moyens de communiquer, de s’informer, de s’entraider sont à notre portée.  Mais c’est aussi une époque où tout le monde semble tellement heureux, lumineux avec son filtre Instagram qu’on se sent mal de ne pas voir de licornes et d’arcs-en-ciel tous les jours.

Une époque où bien des parents et bien des enfants pensent qu’ils sont seuls à vivre ou ressentir certaines choses… 
 
Depuis que j’écris ici, une des phrases qu’on m’a dite le plus souvent, je crois, a été « Je me pensais seul(e) à être/penser comme ça ».
 
Alors aujourd’hui, si jamais quelqu’un qui passe par ici se sent malheureux, moins heureux, sur le neutre ou autres… Je voudrais juste vous dire que vous en avez le droit. Et que je ne vous donnerai pas « 5 trucs pour respirer le bonheur » aujourd’hui! 
 
Pleurez un bon coup. Ou criez. Ou dites quelques gros mots.
 
Vous avez le droit de ne pas vous photoshoper aujourd’hui ;)
 
C’est humain. Et je crois que c’est salutaire.
 
 
Et oui, les enfants survivront de savoir que vous n’êtes pas au top.
 
Ils apprendront qu’ils ont le droit de ne pas vivre dans une comédie musicale en permanence!